[Un émigré en France] La règle d’or : restons unis !, par Paul de Beaulias

Mes tournées parisienne et nordique m’ont permis de rencontrer un certain nombre de dignitaires royalistes, surtout légitimistes, mais pas seulement. Souvent de la génération de mes grands-parents, beaucoup vieillissent et cherchent à transmettre la flamme du combat. Ils racontent leur jeunesse, l’Algérie Française, le concile et d’autres combats encore. Tout cela est riche d’enseignements pour la relève.

J’aimerais ici souligner l’un des enseignements qui revenaient de façon constante, et qui me semble être le plus important au long terme : ce qui tue la restauration, ce qui tue et a tué les mouvements royalistes, c’est la division, le tout à l’ego et les querelles de chapelles. Souvent, ces anciens avaient été des acteurs de leurs histoires, et ils en portaient encore le regret sur leur visage.

Le diable — « division », étymologiquement — sème la zizanie et les dissensions entre des personnes qui, pourtant, sont proches en tout. Quand je me suis rendu compte, par exemple, que les animateurs principaux de l’orléanisme et du légitimiste sont en fait bons amis et d’accord à 99 % sur la ligne idéologique à adopter, on se demande pourquoi ces vieilles querelles viennent encore polluer certains débats ou discussions…

Il faut bien entendu rester droit dans ses bottes, mais cela n’empêche ni de discuter avec tout le monde, ni d’exercer la charité fraternelle entre chrétiens et le pardon entre royalistes, même si c’est douloureux. Nous pouvons et nous devons, en effet, être à la fois intransigeants et charitables, surtout quand les idées et les principes sont proches.

J’ai découvert, pour les trois générations (au moins) de légitimistes qui nous ont précédé, que le mouvement a, à chaque fois, été plombé par des guerres de chefs : les gens les plus actifs et les plus prometteurs de ces générations, au lieu de coopérer dans la fidélité au roi et sous son autorité, ont, à un moment donné, préféré la dispute et leur amour propre. C’est un agissement d’autant plus pervers que cet orgueil se love derrière les plus belles causes.

Tout cela est du passé, à nous d’en tirer les enseignements. Le vingtième siècle fut le siècle par excellence du libéralisme et de la dissolution de toute autorité : la tentation de se laisser aller à la fantaisie, même chez les contre-révolutionnaires, a pu être forte ! Royalistes du vingt-et-unième siècle, ne faisons pas la même erreur : faisons passer la fidélité au roi avant toute chose, surtout quand cela nous déplaît, et faisons passer Dieu et le Roi avant nos amours propres.

La critique est facile et l’art difficile, me direz-vous. C’est vrai ! Alors, pratiquons déjà partout où nous le pouvons, dans nos familles, dans nos cercles et dans nos paroisses… Et travaillons à restaurer un esprit de saine sociabilité ! Travaillons déjà pour que, dans 10 ou 15 ans, quand nos mouvements se seront bien développés, nous soyons suffisamment doux et humbles de cœur pour ne pas nous déchirer.

Si le bon Dieu nous épargne une telle tentation, qu’Il en soit remercié, car faire notre salut n’en sera que plus facile. En tant que prud’hommes, il nous faut toutefois nous préparer au pire pour nos âmes et au meilleur pour le bien commun : c’est-à-dire à être appelés à exécuter une restauration et à la mener.

En attendant, profitons de ces temps calmes pour nous fortifier et grandir en vertu. Alors, recréons une saine et bonne sociabilité entre légitimistes et au-delà, pour recruter de bonnes âmes, en sachant que nous partons de loin, dans un monde ultra-libéral : il faut réapprendre pour nous-mêmes et pour les autres à obéir, à s’humilier, à se soumettre à l’autorité légitime, à désactiver les conflits, à pardonner et à se raccommoder.

Hauts les cœurs ! Nous avons du travail !

Paul de Beaulias

Pour Dieu, pour le Roi, pour la France !


Série « Un émigré en France », par Paul de Beaulias :

  1. Engagement sur l’honneur
  2. Test antigénique et scandale sanitaire
  3. Vive la France !
  4. Altercation dans le tramway
  5. Mésaventures urbaines, entre désorganisation et totalitarisme
  6. L’animalisme, ou la religion du moment…
  7. Alerte enlèvement : le voussoiement a disparu !
  8. Soyons les pierres vivantes de nos églises !
  9. Une question d’enracinement
  10. Faisons avec ce qu’on a !
  11. Au chant du coq islamiste
  12. La règle d’or : restons unis !

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