[Un émigré en France] Une question d’enracinement, par Paul de Beaulias

En tribulations à Nice, je me suis rendu compte que les quelques légitimistes que j’ai rencontrés — la plupart de ceux qui ont des idées justes sur la situation actuelle, en tout cas — sont souvent, très souvent, des pieds-noirs. Moi même suis mi-oranais d’ascendance espagnole par ma mère. Par mon père, je suis d’une vieille famille française de petits hobereaux de campagne. Nos origines remontent à près de huit siècle !

J’ai de tradition familiale l’ancrage gascon immémorial, avec un enracinement fort et un esprit de famille certain — malgré le délitement de l’institution familiale à notre époque —, qui donne des repères, comme une assurance inestimable de savoir d’où l’on vient, que l’on est du pays, que l’essentiel est fixe… En même temps, du côté de ma mère, je suis un déraciné, arraché à l’Oranie par la vile république, l’État totalitaire et le traître au grade de général.

Ainsi, je n’ai plus rien à perdre car tout a déjà été pris. Je sais de mémoire familiale de quoi est capable ce Moloch révolutionnaire qu’est la République ! Je sais aussi combien le conformisme social est dangereux — le mépris des métropolitains pour l’engeance coloniale reste vive dans la mémoire familiale ! Que ma paria de mère ait été prise comme épouse par mon père dévoile bien, d’ailleurs, l’esprit de hobereau de campagne de ce dernier. En effet, les hobereaux, d’essence à la fois aristocratique et terrienne, savaient utiliser la charrue et aimaient profondément les paysans et les petits, dont ils se sont toujours sentis proches.

Les pieds-noirs devraient facilement se convertir au légitimisme, car ils savent dans leur chair la douleur du déracinement et les fruits de la révolution jacobine. Tout cela mature et le terrain devient propice. Eux comprennent la nécessité de la Restauration !

Paul de Beaulias

Pour Dieu, pour le Roi, pour la France !

PS : l’autre jour, un camarade me demandait si j’étais issu de la noblesse. Je lui répondais alors sans prendre de gants : « la noblesse, on s’en fout » ! La noblesse de naissance est avant tout une mémoire, associée à des habitudes anciennes, souvent inconscientes, qui peuvent aider certes, mais en vérité la seule noblesse qui compte, c’est celle du cœur et de l’esprit ! C’est celle qui formera l’élite de demain !


Série « Un émigré en France », par Paul de Beaulias :

  1. Engagement sur l’honneur
  2. Test antigénique et scandale sanitaire
  3. Vive la France !
  4. Altercation dans le tramway
  5. Mésaventures urbaines, entre désorganisation et totalitarisme
  6. L’animalisme, ou la religion du moment…
  7. Alerte enlèvement : le voussoiement a disparu !
  8. Soyons les pierres vivantes de nos églises !
  9. Une question d’enracinement

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