Les fondamentaux de la restauration (1) – Introduction

Cette nouvelle série vie à faire découvrir quelques classiques de la littérature contre-révolutionnaire, faciles d’accès et lumineux. L’idée est de se fonder avant tout sur de nombreuses citations et de succincts commentaires, pour goûter le texte lui-même.

Commençons par un auteur tout à fait oublié, dans un ouvrage encore plus oublié : Mgr Henri Delassus et L’Esprit familial dans la maison, dans la cité et dans l’État (1911).

Cet oubli est certainement injuste, si ce n’est voulu, car ce livre succinct, qui va à l’essentiel, dans le plus pure style « ecclésiastique » si on peut dire, c’est-à-dire qui dit ce qu’il faut dire en vérité, mais sans faire perdre de temps, ni à lui — n’en ayant pas du fait de son ministère —, ni à ses lecteurs.

Cet ouvrage a de plus le grand avantage d’avoir été écrit à la veille de la Première Guerre mondiale, et, par-là, de reprendre à la fois toute la littérature contre-révolutionnaire précédente dans un esprit qui garde encore vivantes la France d’antan, ses traditions, et les façons de penser traditionnel. Avec, de plus, sa confrontation aux prémices de la société moderne que nous vivons malheureusement : l’auteur apporte ainsi non seulement son constat, mais aussi et avant tout ses conseils pour se diriger vers la restauration véritable.

Cet ouvrage a encore l’avantage de se fonder sur des fondements philosophiques naturels, solides et facilement accessibles même pour le non catholique. Les notes sont nombreuses et fournies, donnant d’ailleurs de bonnes idées de lecture. Il n’hésite pas à citer des auteurs révolutionnaires et modernes quand l’exige la démonstration, démontrant ainsi le seul souci de l’établissement de la vérité.

Enfin, l’auteur, par ses fonctions — docteur en théologie et prélat de la sainte Église — dans la France de la Belle Époque, confère à l’ouvrage une autorité incontestable et éclatante. À lire absolument !

Laissons la parole à notre auteur :

« Nous arrivons à la dernière crise, à celle où l’on cesse de parler du salut des gouvernements, pour ne s’occuper que du salut suprême de la société. » Ces mots sont les premiers de l’Avant-propos que M. Blanc de Saint-Bonnet mit en tête du livre La Restauration, écrit en 1850. Un demi-siècle a passé sur cette prévision. Ce que les esprits supérieurs pouvaient lire, dès lors, dans les idées qui avaient cours, nous le lisons aujourd’hui dans les faits, dans les événements accomplis, plus encore dans ceux qui se préparent et qui sont imminents. Nous arrivons à la dernière crise, à celle où l’on sera réduit à se demander si la civilisation ne va pas être enlevée comme un brin de paille dans une tourmente, et la société anéantie[1]. »

Ajoutons que 100 ans plus tard, ses prédictions sont réalisées : la civilisation a été enlevée comme un brin de paille et la société anéantie. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Les mêmes arbres produisent les mêmes fruits. Qui peut encore contester les dégâts actuels ? Personne. Qui peut contester que ce sont des conséquences de la révolution ? Les aveugles, les ignorants, ou les obstinés dans le mal…

« Alors la jeunesse de chaque contrée où la Révolution a posé le pied, s’écrira avec les Macchabées : « Mieux vaut mourir en combattant que de voir la désolation du sanctuaire » ; et jetant aux vents tous les calculs humains, elle formera dans chaque pays une phalange d’hommes prête à défendre jusqu’à la mort les libertés conquises par la Croix, prête à se réunir sous ce symbole à leurs frères de toute race et de toute nationalité. Alors les femmes enverront leurs fils et leurs époux au combat. Alors les pères ceindront leur épée pour défendre la foi de leurs enfants et la liberté de leurs autels. »

Dieu leur donnera la victoire[2]. »

Lecteurs, entendez ces paroles ! Ces temps arrivent. Il va falloir passer le glaive au ceinturon et partir défendre l’autel et le trône. Femmes, envoyez vos hommes au combat et donnez-leur du courage, détachez-les du monde ! Hommes, soyez virils, forts et puissants ! Nous mourrons certainement mais ce ne sera ni en vain ni pour rien.

« Dans le livre intitulé La Conjuration antichrétienne, nous en avons donné, non sans doute l’assurance, mais l’espoir sérieusement fondé. Sur les ruines de la Révolution devront s’élever les constructions nouvelles. À la jeunesse il appartient de s’y préparer, puisque c’est à elle que l’œuvre incombera. La première préparation est d’étudier les conditions d’existence, de vie et de prospérité que réclame la société humaine. L’une de ces conditions est l’esprit familial qui est à restaurer dans la maison, dans la cité et dans l’État[3]. »

Le thème du livre est donné. Il cite d’ailleurs son ouvrage le plus connu, sur la franc-maçonnerie, mais nous sommes certain que le présent ouvrage est encore plus utile pour nous, restaurateurs et contre-révolutionnaires. Mais restaurateurs avant tout !

Car oui, il nous faut restaurer toutes nos sociétés : la maison, la cité, l’État. Autrement dit la famille, les corps intermédiaires et la royauté.

La suite bientôt.

Paul-Raymond du Lac

Pour Dieu, pour le Roi, pour la France


[1] Mgr Henri Delassus, L’Esprit familial dans la maison, dans la cité et dans l’État, Société Saint-Augustin, Lille, 1911, p. 7.

[2] Ibid, p. 8-9.

[3] Ibid, p. 8-9.


Dans cette série d’articles intitulée « Les fondamentaux de la restauration », Paul-Raymond du Lac analyse et remet au goût du jour quelques classiques de la littérature contre-révolutionnaire. Il débute cette série avec L’Esprit familial dans la maison, dans la cité et dans l’État, écrit par Mgr Delassus il y a désormais plus d’un siècle.

Mgr Delassus, L’Esprit familial dans la maison, dans la cité et dans l’État (1911) :

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.