Les fondamentaux de la restauration – 1

Cette nouvelle série vie à faire découvrir quelques classiques de la littérature contre-révolutionnaire, faciles d’accès et lumineux.

L’idée est de se fonder avant tout sur de nombreuses citations et de succints commentaires, pour goûter le texte lui-même.

Commençons par un auteur tout à fait oublié, dans un ouvrage encore plus oublié : Mgr Henri Delassus et « L’Esprit familial dans la maison dans la cité et dans l’Etat ».

Cet oubli est certainement injuste, si ce n’est voulu, car ce livre succinct, qui va à l’essentiel, dans le plus pure style « ecclésiastique » si on peut dire, c’est-à-dire qui dit ce qu’il faut dire en vérité mais sans perdre de temps, ni à lui, n’en ayant pas du fait de son ministère, ni à ses lecteurs.

Cet ouvrage a de plus le grand avantage d’être écrit à la veille de la première guerre mondiale, et, par-là, de reprendre à la fois toute la littérature contre-révolutionnaire précédente dans un esprit qui garde encore vivante la France d’antan, ses traditions, et les façons de penser traditionnel. Avec de plus la confrontation aux prémices de la société moderne que nous vivons malheureusement : l’auteur apporte ainsi non seulement son constat mais aussi et avant tout ses conseils pour se diriger vers la restauration véritable.

Cet ouvrage a encore l’avantage de se fonder sur des fondements philosophiques naturelles solides et facilement accessibles même pour le non catholique. Les notes sont nombreuses et fournies, donnant d’ailleurs de bonnes idées de lecture. Il n’hésite pas à citer des auteurs révolutionnaires et modernes quand l’exige la démonstration, démontrant ainsi le seul souci de l’établissement de la vérité.

Enfin, l’auteur par ses fonctions d’évêque de la sainte Eglise dans la France de la Belle Epoque confère à l’ouvrage une autorité incontestable et éclatante. A lire absolument.

Laissons la parole à notre auteur.

« « Nous arrivons à la dernière crise, à celle où l’on cesse de parler du salut des gouvernements, pour ne s’occuper que du salut suprême de la société. » Ces mots sont les premiers de l’Avant-propos que M. Blanc de Saint-Bonnet mit en tête du livre LA RESTAURATION, écrit en 1850. Un demi-siècle a passé sur cette prévision. Ce que les esprits supérieurs pouvaient lire, dès lors, dans les idées qui avaient cours, nous le lisons aujourd’hui dans les faits, dans les événements accomplis, plus encore dans ceux qui se préparent et qui sont imminents. Nous arrivons à la dernière crise, à celle où l’on sera réduit à se demander si la civilisation ne va pas être enlevée comme un brin de paille dans une tourmente, et la société anéantie. »[1]

Ajoutons que 100 ans plus tard, aujourd’hui, ses prédictions sont réalisées : la civilisation a été enlevée comme un brin de paille et la société anéantie. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Les mêmes arbres produisent les mêmes fruits. Qui peut encore contester les dégâts actuels ? Personne. Qui peut contester que ce sont des conséquences de la révolution ? Les aveugles, les ignorants, ou les obstinés dans le mal.

« Alors la jeunesse de chaque contrée où la Révolution a posé le pied, s’écrira avec les Machabées : « Mieux vaut mourir en combattant que de voir la désolation du sanctuaire » ; et jetant aux vents tous les calculs humains, elle formera dans chaque pays une phalange d’hommes prête à défendre jusqu’à la mort les libertés conquises par la Croix, prête à se réunir sous ce symbole à leurs frères de toute race et de toute nationalité. Alors les femmes enverront leurs fils et leurs époux au combat. Alors les pères ceindront leur épée pour défendre la foi de leurs enfants et la liberté de leurs autels. »

Dieu leur donnera la victoire. » [2]

Lecteurs ! Entendez ces paroles ! Ces temps arrivent. Il va falloir passer le glaive au ceinturon et partir défendre l’autel et le trône. Femmes, envoyez vos hommes au combat et donnez-leur du courage, détachez-les du monde ! Hommes, soyez viril, fort et puissants ! Nous mourrons certainement mais ce ne sera ni en vain ni pour rien.

« Dans le livre intitulé : La Conjuration antichrétienne, nous en avons donné, non sans doute l’assurance, mais l’espoir sérieusement fondé. Sur les ruines de la Révolution devront s’élever les constructions nouvelles. A la jeunesse il appartient de s’y préparer, puisque c’est à elle que l’oeuvre incombera. La première préparation est d’étudier les conditions d’existence, de vie et de prospérité que réclame la société humaine. L’une de ces conditions est l’esprit familial qui est à restaurer dans la maison, dans la cité et dans l’Etat. ».[3]

Le thème du livre est donné. Il cite d’ailleurs son ouvrage le plus connu, sur la franc-maçonnerie, mais certainement que le présent ouvrage est encore plus utile pour nous restaurateur et contre-révolutionnaire. Mais restaurateurs avant tout.

Car oui, il nous faut restaurer toutes nos sociétés : la maison, la cité, l’Etat. Autrement dit la famille, les corps intermédiaires et la royauté.

La suite bientôt.

Paul-Raymond du Lac

Pour Dieu, pour le Roi, pour la France

[1] Mgr Henri Delassus, L’Esprit familial dans la maison dans la cité et dans l’Etat, Société Saint-Augustin, Lille, 1911, p.7

[2] Ibid, p.8-9

[3] Ibid, p.8-9

Une pensée sur “Les fondamentaux de la restauration – 1

  • 18 janvier 2020 à 11:30
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    Bonjour,
    Mgr Henri Delassus n’était absolument pas évêque : il faudrait corriger… Il était toutefois docteur en théologie, protonotaire apostolique, prélat de la maison du Pape et chanoine honoraire du diocèse de Cambrai.

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