Pendant ce temps au Japon… (3/3) : un inintérêt pour le totalitarisme

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Contrairement à la France républicaine et malgré les tendances révolutionnaires inscrites dans son système, le Japon moderne ne semble pas avoir de velléités totalitaires. Comment expliquer cela ?

Disons que les dirigeants japonais — pourris, comme souvent, par une pratique du pouvoir qui n’a que faire du service censé aller avec — ne sont pas des idéologues. On trouve évidemment parmi eux des francs-maçons — et sans doute plus qu’on ne le croit, comme le laissent supposer certains indices —, mais même ceux-là ne sont pas dans l’idéologie : ils sont surtout des opportunistes, semblables au duc d’Orléans (1747-1793), officiellement chef de la maçonnerie française mais, en fait, une simple marionnette qui ne comprenait rien aux tenants et aux aboutissants de la Révolution, et qui voulait surtout le pouvoir de son cousin.

Les gouvernants nippons ne savent pas de qui ils sont les outils et ils possèdent déjà les avantages du « pouvoir »… Ils n’ont donc aucun intérêt à pousser des pions totalitaires… En outre, la base électorale du gouvernement, depuis des décennies, est constituée par les petites gens et les petits commerçants. Il ne peut donc pas se permettre de les tuer… cela serait suicidaire ! On a beau être franc-maçon, si l’on a une bonne place, on ne la joue pas au poker menteur, même pour la cause révolutionnaire !

Par ailleurs, le reste d’Église catholique s’autodétruit. Elle ne menace donc en rien le naturalisme triomphant dans un pays déjà païen — et si le respect de la loi naturelle en gêne certains, ceux-ci n’ont qu’à jouer la carte du temps en laissant faire les idées corrosives… 

Ajoutons une raison d’histoire païenne : ici, la loi — qui n’a jamais été chrétienne — est par définition le « fait du prince » : « Pharaon a parlé ! ». L’incarnation du Prince, ici au Japon, se floute malgré la présence de l’Empereur — qui, malgré son rôle surtout symbolique, ralentit tout de même un peu la chute du pays dans les immondices contre-nature de la Modernité —, néanmoins, la loi reste le fait du Prince. La conséquence est simple : on n’a pas le choix d’obéir. Ce sont des habitudes qui viennent du tréfonds des âges païens. Ici, il ne s’agit donc pas de justice, comme en Europe : la seule « justice » qui compte est l’ordre, la paisibilité, l’absence de remous…
Au Japon, les lois ne sont pas considérées comme justes ou devant l’être… En fait, personne ne se pose cette question. Dans le domaine public, on fait avec les lois, car elles sont inévitables. En revanche, tout le monde cesse d’obéir à la loi dès qu’il est chez lui ou qu
‘il est sûr que son acte ne fera aucune vague malgré son illégalité.

Dans les pays apostats et révolutionnaires, la loi — qui n’est plus chrétienne — entend garder son absolu, hérité du catholicisme, mais en excluant toute référence à la loi naturelle et à la loi divine ! Elle se targue même de se mêler du for intérieur et pas seulement de ses formes extérieures. On est en plein dans les fameuses « idées chrétiennes devenues folles » de Chesterton !
Le fond chrétien nous porte à vouloir des lois justes, ce qui n’est plus vraiment possible dans un monde déchristianisé, voire antichrétien… Pourtant, la résistance, du côté de la Terreur, est vue comme une atteinte insupportable à ce qu’il y a de plus sacré.

Tout est retourné et vicié : le cercle vicieux est enclenché et il conduit à l’État terroriste, que nous ne connaissons que trop bien depuis 230 ans et dont l’épisode tragique qui se déroule sous nos yeux n’est qu’une réminiscence supplémentaire.

Paul de Beaulias

Pour Dieu, pour le Roi, pour la France !


Pendant ce temps au Japon… :

  1. Des libertés depuis longtemps perdues en France
  2. Le gouvernement par les médias et les faux experts
  3. Un inintérêt pour le totalitarisme

Une réflexion sur “Pendant ce temps au Japon… (3/3) : un inintérêt pour le totalitarisme

  • 15 décembre 2020 à 12:48
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    Remarquable article, qui nous donne un éclairage différent. Le seul reproche que je ferais est l’oubli que c’est l’Eglise qui, depuis des siècles, en tout cas depuis le XVI° siècle, a imposé le mélange du politique et du moral.

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