Le fait du prince… sans le prince !

La République dite « française » ? C’est le fait du prince sans le prince…

Expliquons-nous : on parle d’État de droit et de démocratie, mais ces mots sont fallacieux et abstraits et ils ne désignent aucune réalité tangible. Ces mots vides de sens servent pourtant de justification au totalitarisme qui se met en place sous nos yeux ! Tout ceci démontre a contrario la justesse des principes contre-révolutionnaires.

I – La concentration du pouvoir, une pratique universelle

Dans la doctrine traditionnelle, l’autorité est en haut et il faut lui obéir[1]. Depuis quelques temps, nous revenons donc plus près de la nature humaine, qui nécessite une autorité qui la guide.

En effet, toutes les pensées politiques traditionnelles font de la volonté du prince la loi. Chez les chrétiens, le Prince par excellence étant Dieu, Sa volonté est la Loi par excellence. C’est de cette l’idée que sont issues les notions de loi naturelle, de loi divine et de « constitutionnalisme ». C’est également de cette idée que vient le principe thomiste : « une loi injuste n’est pas une loi » — car elle va contre la volonté de Dieu.

Quand le prince est chrétien, il est le lieutenant du Roi des cieux et aligne ses actes sur la volonté divine, d’où les lois fondamentales du royaume de France et le constitutionnalisme coutumier d’Ancien Régime, si justes et si équitables.

Un peuple païen, a contrario, fait du prince humain non pas un serviteur privilégié de Dieu, mais un dieu à part entière. Dans une nation païenne, c’est donc la volonté d’un simple être humain qui est la loi suprême. Du moins, ce pouvoir peut faire du bien — ou, en tout cas, pas trop de mal —, puisqu’il est incarné et héréditaire. Le prince ayant tout intérêt à bien gérer son royaume, il fait le plus souvent preuve de tempérance.

L’autorité est donc bonne, naturelle et nécessaire. Néanmoins, elle doit être respectueuse des libertés d’en-bas, qui sont des privilèges que les peuples doivent préserver, y compris contre l’avis du prince le cas échéant. Une forte autorité en haut n’empêche pas d’importantes libertés en bas. Ces deux choses sont conciliables et furent d’ailleurs conciliés en France pendant plus d’un millénaire. Le prince en était le garant et, s’il faillait à sa mission, les différentes communautés et institutions (aristocratie, Église, Conseil, etc.) étaient là pour pallier le manque.

II – Inégalité et hérédité, les conditions d’un pouvoir juste

La concentration du pouvoir entre les mains d’un prince est une bonne chose. D’abord, celle-ci implique une inégalité politique, or — vous n’êtes pas prêts de lire cela dans les médias dominants — l’inégalité politique est une bonne chose. Elle permet en effet la suppression de la jalousie et de l’envie (qui n’existe qu’entre égaux) et la protection des faibles par les forts (là où l’égalitarisme tente de faire croire qu’il n’y a pas de forts, retirant à ces derniers la responsabilité de protéger les faibles), mais aussi le développement de l’amour entre les Hommes et leurs dirigeants. En effet, il est facile pour un valet d’aimer son maître et pour un maître d’aimer son valet. Les deux se côtoient au quotidien, mais leur rôle totalement différent et inégal les préserve de l’envie et du calcul, tout en leur permettant, à tous les deux, de porter leur croix dans leur état propre.

L’hérédité est l’autre grande particularité de la monarchie. Elle est un régulateur exceptionnel car, en plus des avantages d’éducation et de transmission inestimables, qu’elle permet — le prince apprend par exemple son futur « métier » dès son plus jeune âge, auprès de son père et prédécesseur —, elle installe une vision à long terme. L’hérédité, par ailleurs, crée une grande famille politique au sein de laquelle les gens se connaissent. Finie, l’illusion démocratique ! Finie, cette croyance en un homme providentiel qui, sortant de nulle part, va régler tous les problèmes du pays et du monde ! Connaître les membres de notre famille politique, c’est connaître leurs défauts et pouvoir y palier. On ne se débarrasse pas d’un proche dès la première déconvenue ! Personne n’est parfait, contrairement à ce que tentent de nous faire croire la démocratie et les différents candidats des élections qui se succèdent.

La démocratie est d’ailleurs dangereuse car elle rend bien plus facile la tyrannie d’un côté et la révolution sanglante de l’autre : on tue plus facilement celui qu’on ne connaît pas que l’homme de son propre sang…

III – L’autoritarisme républicain, un pouvoir détourné de sa vocation naturelle

En république, la nature du pouvoir ne change pas et se fonde encore et toujours sur le fait du prince. Il suffit de voir comment, une fois par mois environ — c’est-à-dire à chaque fois que leur « président » les convoque —, les Français se réunissent devant leur télé pour connaître le menu :  à quelle sauce vont-ils être mangés ? Néanmoins, au contraire des sociétés traditionnelles gouvernées par un prince, la république est un régime révolutionnaire — qui se fonde donc sur des principes apostats, eux-mêmes fondés sur la négation de vérités pures, les Vérités chrétiennes. Ici, le fait du prince — légitime et bon en soi — devient un pouvoir corrompu, insupportable et difficile à vivre. Le prince qui nous gouverne n’est plus incarné. Le pouvoir n’est plus le fait que de marionnettes changeantes, d’autant plus tyranniques qu’elles sont sans âme.

La république, c’est donc le fait du prince… sans le prince… sans visage. Des milliers de caporaux et de petits chefs deviennent des « princes » par intérim en tant que représentants officiels de la « volonté générale » ou de la « volonté du peuple », arnaque intersidérale, négation de la réalité, illusion d’enfant ! Avec ça, on multiplie les tyrans à l’infini…

Conclusion

L’autorité et sa concentration entre les mains du seul prince, en elles-mêmes, sont donc légitimes. Malheureusement, aujourd’hui, le pouvoir est entre les mains d’une république apostate, qui, chaque jour, prend des décisions niant toujours plus profondément le réel et la loi naturel. Ses lois se contredisent même entre elles ! En clair : les lois n’ont plus de sens… Plus personne ne sait ce qui est bon ou mal ; ce qui est légal ou pas : c’est le flou général ! Désormais, seuls les gouvernants peuvent dire ce qu’il faut faire, selon leur humeur et leur bon vouloir. Le pouvoir n’ayant plus de valeurs ou de référence objectives, tout dépend désormais de son obsession du jour…

Alors comprenons ce qui se passe et ne critiquons que ce qui est vraiment critiquable, c’est-à-dire les principes révolutionnaires. Dans le même temps, profitons-en pour redécouvrir les principes naturels, qui, malgré la crise, se révèlent : la nécessité de l’autorité, le fait du prince, la docilité naturelle, la nécessité de l’inégalité et la présence de forts qui doivent protéger les faibles…

Notre situation est privilégiée ! Nous pouvons constater, simplement en regardant par la fenêtre, les vérités immémoriales ! La génération précédente, elle, pouvait être freinée par l’illusion d’un apparent calme extérieur, et ce malgré des principes révolutionnaires.

Grâce soit faite à Dieu de nous avoir mis là, ici et maintenant !

Paul-Raymond du Lac

Pour Dieu, pour le Roi, pour la France !


[1] Et si le prince légitime était mauvais ou méchant, me direz-vous ? Il faudrait alors travailler à le convertir pour qu’il devienne meilleur, et offrir nos souffrances en sacrifice. Résister n’est pas se rebeller, c’est se faire semblable à l’enfant qui dit « Papa, tu exagères ». Se rebeller, au contraire, c’est se transformer en fils indigne, c’est se faire infanticide !

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