Quand l’IA viendra forcer l’homme à redevenir humain
L’IA ne cesse de défrayer la chronique et rentre un peu plus tous les jours dans nos vies quotidiennes.
Ce n’est pas une anecdote : déjà dans mon entreprise l’IA remplace les métiers mécaniques et inutiles, grossis de façon démesurée l’administration technocratique contemporaine, encore aggravée par les technologies de l’information.
L’IA fait peur, avec les scandales Anthropic et autres.
L’IA mal utilisée peut servir à faire beaucoup de mal, comme l’arme nucléaire en son temps et sur un autre registre. L’IA surtout, si elle doit être utilisée pour les enfants, sera une catastrophe détruisant l’éducation, faisant des générations de fainéants et d’idiots qui ne savent plus faire d’effort et qui n’ont plus de jugements.
Mais inversement, l’IA va permettre aux vrais humains de tirer leur épingle du jeu. Car pour ceux qui savent réfléchir, l’IA permet d’accomplir des tâches mécaniques et serviles de façon très efficaces. S’il faut l’IA sera même une cause instrumentale, dans une société déjà explosée, la dissociété, pour recréer et restaurer certains principes et certaines communautés. Ceci, en permettant de faire des choses impossibles avant dans une société explosée, mais redevenus possibles avec l’IA qui peut s’apparenter à une armée d’esclaves exécutants. Il suffit d’avoir une vision, de savoir l’utiliser (tant qu’on peut le faire, combien de temps cela durera-t-il ?), d’en connaître les limites, mais pour toutes ces tâches « serviles », que c’est efficace !
L’IA va, par force, remettre au centre les métiers artisanaux, manuels et liés à la partie esthétique de l’homme. Cela l’IA ne peut le faire, et un artisan qui maîtrise son art a cette intelligence du singulier et de l’unique qui vient contredire frontalement la vérité simplement statistique et vraisemblable de l’IA.
L’IA devrait aussi remettre en honneur les vrais intellectuels. Que ce soient journalistes, universitaires ou auteurs, il ne suffira plus, pour être reconnu par ses pairs, de produire un travail mécanique, bien sourcé mais idiot et ennuyeux, sans intelligence de la nature des choses ni de la réalité. Non, il faudra revenir à l’intelligence humaine qui consiste à comprendre l’essence des choses et à aller au fond des mécaniques. Encore plus à l’intelligence éclairée par la Foi et rehaussée par la grâce, qui lui permet de rester humble, et de laisser la place à l’inspiration dans les domaines où la réalité spirituelle ou eschatologique dépasse littéralement l’entendement humain.
Certes, il y aura du dégât : tous ces journalistes et universitaires bien-pensants qui ne sont bons que dans la « technique », et encore, se feront vite battre par l’IA bien menée. L’IA en effet tout à fait dirigée comme un esclave, contraint par le prompt qui ne lui laisse presque aucune marge, mais rempli d’idées substantielles aide à la création en s’épargnant les tâches mécaniques, et dégage du temps pour revenir aux tâches profondes de contemplation, de macération et d’apprentissage.
C’est presque le retour de l’Antiquité : Aristote, Cicéron, et la plupart des auteurs antiques ou du Moyen-âge n’ont jamais écrit un mot par eux-mêmes, ils avaient des esclaves, des disciples, des domestiques, des copistes pour coucher leurs idées sur papier. Ils n’en restent pas moins les auteurs, et cette médiation peut d’ailleurs améliorer le résultat, car les copistes ou scripteurs pouvaient améliorer la présentation, fignoler les transitions, etc.
L’IA en ce sens forcera aussi à réfléchir sur la notion d’auteur : celui qui écrit n’est pas forcément l’auteur, l’auteur est celui qui donne les idées et initie l’œuvre, qui peut aussi être légal, architectural ou autre.
Les dégâts seront grands, mais n’oublions jamais que Dieu l’a prévu et le veut : n’est-ce pas une chance pour revenir plus simplement à plus d’humanité, puisque l’homme ne pourra plus se contenter d’être ni une machine ni un animal pour continuer à bien vivre à l’âge de l’IA ?
S’il y a inquiétude, c’est peut-être que si l’homme ne pourra plus se contenter d’être une machine, l’IA utilisée à mauvais escient – car ce n’est qu’un instrument de plus, et ce qui compte c’est son usage et ceux qui sont derrières – peut vouloir réduire les hommes à des animaux paresseux et ne sachant plus réfléchir…
Protégeons nos enfants, et apprenons à réfléchir : car au contraire, si on maîtrise ses sujets, et que l’on peut donc juger ce que sort l’IA, alors elle devient un outil puissant, dans ses limites bien comprises.
Pour Dieu, pour le Roi, pour la France
Antoine Michel
