Préparent-ils la guerre ?
Je me retrouvais il y a peu à une conférence du ministre conseiller, chargé de
l’économie de l’ambassade des Etats-Unis au Japon. Cette conférence se tenait à
l’université de Tokyo, dans le hall sponsorisé par ENEOS, le « Total » japonais.
La conférence était en principe « off-record » comme ils disent : non publique. Le
hall était plein à craquer, peut-être 200 personnes. La teneur des discussions,
quoique intéressante, n’est pas non plus du secret défense, donc je vous donne un
peu d’information inédite.
Ce qui est le plus marquant après avoir entendu la conférence, sur la stratégie pour
une sécurité économique des Etats-Unis et de ses alliés, est que, derrière des
discours économiques et factuels, le présupposé semble le conflit à plus ou moins
long terme des Etats-Unis (et ses alliés de la zone, pour ne pas dire ses colonies)
avec la Chine. Les Etats-Unis se rendent compte qu’ils sont plus que dépendants pour
certains secteurs, comme la construction navale de navires commerciaux, les terres
rares ou les semi-conducteurs. La Chine, dans ces trois domaines est soit
hégémonique, soit monopolistique (pour certaines terres rares), soit capable de
rompre facilement la production de semi-conducteur qui est très concentré à Taïwan.
L’administration Trump a ainsi voté des lois et plans à gros budgets pour reconstruire
ces industries perdues – par exemple les Etats-Unis produisaient plus de 50% de la
flotte commerciale en 1945, contre aujourd’hui moins de 0.1%…
Ils ne peuvent évidemment pas reconstruire une industrie qu’ils n’ont plus, alors ils
cherchent à utiliser les capacités industrielles de la Corée, du Japon pour suppléer à
leur manque, soi-disant dans des partenariats « gagnant-gagnant » dirigés par le
secteur privé…
Les Japonais s’inquiètent, eux, des ruptures en approvisionnement énergétiques,
avec une critique voilée dans certaines questions sur le fait que Trump en Iran ne se
préoccupe visiblement pas beaucoup des impacts sur l’approvisionnement japonais
en hydrocarbures qui viennent essentiellement du Moyen-Orient…. En la matière, les
Etats-Unis sont maintenant auto-suffisants, donc ils se fichent bien de leurs alliés…
Le conseiller-ministre « rassure » les japonais en affirmant que les Etats-Unis seront
heureux de vendre leur pétrole ! Trop gentil – leur pétrole étant bien plus cher
évidemment, et quelle charité de bien vouloir vendre à ses amis !
Cette alliance malsaine de la politique et du commerce est d’ailleurs en un sens
remarquable : les Etats-Unis de Trump semblent croire qu’ils peuvent user de leurs
pays alliés comme des provinces de leur empire, et des entreprises privées comme
des instruments à volonté, presque comme des entreprises publiques…
La contradiction est patente et ne peut aboutir qu’à deux résultats. Soit ces
politiques seront un échec (et ce serait le meilleur des résultats), soit ils forceront,
d’une façon ou d’une autre, alliés et entreprises de « coopérer » et consentir à leur
perte d’indépendance… Ces deux possibilités peuvent tout aussi bien se produire de
façon séquentielle… Affaire à suivre.
Le plus inquiétant dans tout cela, c’est la sorte de désinvolture dans la
menée des relations internationales : on prend en pratique les mesures
économiques nécessaires pour permettre de déclencher un conflit avec la Chine, qui
veut aussi certainement en découdre…si elle pouvait gagner. Idem pour les États-
Unis : sa dépendance dans des secteurs stratégiques rend impossible de
déclencher une guerre avec la Chine… Et « en même temps », les Etats-Unis vont
visiter la Chine pour chercher de nouveaux accords commerciaux…. C’est vouloir le
beurre et l’argent du beurre, ni plus ni moins. Même les cow-boys avaient plus
d’honneur que cela…
Tout cela manifeste à quel point le monde va mal, et que, malheureusement, à vue
humaine, on voit mal comment éviter un grand conflit mondial plus ou moins
prochain : chaque pays en effet ne réfléchit plus en fonction de la justice, du bien
commun ou de la paix, mais bien simplement comme rapport de force : tout le
monde se taperait bien dessus si les forces étaient suffisantes pour détruire
l’adversaire sans risquer de perdre…
Cet état d’esprit est forcément inquiétant, et rappelle d’autres temps qui n’ont pas bien
fini. D’autant plus que cela semble normal à tout le monde. Personne
ne veut réfléchir aux solutions de fond, personne ne pense véritablement à
construire une véritable paix – on ne l’utilise que comme élément de langage
nécessaire pour enfumer la population et légitimer ce qui ne l’est pas, ce n’est pas
nouveau malheureusement…
La tendance des Etats-Unis, dans une logique tout à fait mondialiste, de considérer
qu’il n’y a plus de souveraineté nationale, mais simplement des provinces d’un grand
empire où l’on va faire non pas des guerres mais des opérations de police
compliquent encore le schéma, et rend le désordre international plus important.
Ses alliés qui n’ont que le choix de plier contre le diktat américain -car trop
dépendant sur tous les plans – deviennent de plus en plus esclaves et colonies. La
lâcheté politique est partout, et son règne, avec la crainte et la peur pour les petits et
les faibles, devient l’impunité et la hargne du pouvoir pour les puissants et les
grands…
Tout ce petit pot bien paganisé, avec des technologies performantes, ne peut donner
que de terribles désastres… A force de se moquer de Dieu, Il nous laissera à notre
propre auto-destruction, et ce sera bien fait !
Nous continuons de combattre le bon combat de la Foi, et pour le Christ et pour le
Roi, en sachant ce qui vient peu à peu, pour nous apprendre à nous détacher de
tout cela d’ailleurs, mais aussi se préparer et préparer ceux qui nous sont confiés.
Car si tout cela arrive, ce serait, quelque part, une grâce aussi, surtout si l’on peut
mourir pour la Foi, au moins pour réveiller par réaction tout ce petit monde, et
appeler à la conversion et à la restauration.
Nous ne souhaitons pas ce mal, c’est entendu. Nous disons simplement que s’il
arrive, et à vue humaine, cela est de plus en plus probable, nous n’avons pas à nous
en plaindre. Nous savons que, du mal, Dieu sait faire sortir de plus grands biens, si encore
nous acceptons d’être de bons instruments.
Pour Dieu, pour le Roi, pour la France
Paul de Beaulias
