La comtesse de Chambord a-t-elle réellement désigné les Orléans comme les successeurs d’Henri V ?

Il faut le dire, on s’amuse bien en lisant les articles publiés sur certaines pages orléanistes. Comme chacun sait, les orléanistes sont des menteurs qui n’hésitent pas, depuis plus de 300 ans, à tordre dans tous les sens les Lois fondamentales du Royaume, à manipuler les sources et à faire parler les morts. Le plus amusant restant qu’à force d’être biberonnés au mensonge, ils finissent par se croire eux-mêmes. Voilà l’origine commune de tous leurs articles, toujours plus sensationnels et trompeurs.

Le dernier en date nous apprend que le « 11 Septembre 1883 : Madame la comtesse de Chambord reconnaît officiellement les Orléans « dans leurs droits incontestables ». L’article tient à peine plus de 20 lignes, dont seulement 3 lignes et 3 mots consacrés effectivement à cette fabuleuse découverte. À cela, s’ajoute une capture d’écran d’un encart du journal Le Figaro du 11 septembre 1883.

Passons sur les six premiers points qui sont d’ailleurs complètement faux pour certains et, pour d’autres, des amplifications avantageuses pour les Orléans. On ne trouve par ailleurs rien de nouveau dans l’article suscité… rien d’autre que la doxa orléaniste habituelle sur ces questions… (Notons que ces plaisantins d’orléanistes n’ont pas lu notre article sur les raisons qui ont pu pousser François II des Deux-Siciles à ne pas vouloir reconnaître en Jean de Bourbon, comte de Montizon, le roi Jean III de France).

Passons, allons au fait et citons intégralement le passage que ces messieurs les orléanistes n’ont produit qu’en image capturée d’un écran. Voici le texte :

« On me prie, au nom de Madame la comtesse de Chambord, de déclarer qu’en insistant pour demander que les plus proches parents aient la préséance aux funérailles, elle n’a fait que suivre le désir exprimé verbalement par son auguste époux, mais qu’il n’entrait nullement dans sa pensée de froisser les princes d’Orléans ou de mettre un instant en doute leurs droits incontestables. »

Le texte est signé par Walter Vogt.

Avant d’analyser le texte, rappelons que, par principe, et comme l’affirmait lui-même le Comte de Chambord — de jure Henri V, Roi Titulaire de France :

« Ce n’est pas au Roi de France à désigner son successeur, c’est à la loi du royaume ».

Ainsi, toutes les extrapolations orléanistes sur le fait qu’Henri V aurait désigné les Orléans comme successeurs dans un fameux entretien à un journaliste en 1873, au-delà du fait qu’elles sont de vils mensonges fabriqués par la manipulation des sources, ne donneraient aucune force à la prétention des Orléans. Ainsi, si même l’opinion d’Henri V appuyait l’idée de la succession de ces derniers, cette opinion serait sans valeur en regard des Lois fondamentales du Royaume de France. S’il en est ainsi de l’opinion du roi, surtout quand ce roi est Henri V, on imagine bien que l’opinion d’une reine veuve a encore moins de valeur. Il est malheureux de le dire ainsi, mais un vrai légitimiste, comme Henri V, doit être un fanatique des principes ; il se moque totalement de ce que tel prince ou telle princesse pouvaient penser de la succession puisqu’elle leur échappait totalement.

Cependant, rappelons que l’opinion de ces princes est connue par de nombreux témoignages de leurs proches et qu’ils pensaient bien aux descendants de Philippe d’Anjou comme successeurs de la branche aînée. Seul deux propos rapportés par les orléanistes — évasifs, peu clairs et, surtout, issus de sources manipulées ou de phrases enjolivées par l’autopersuasion — iraient dans le sens du dit comte de Paris. Nous avons donc un roi Henri V qui ne s’est jamais exprimé publiquement sur son successeur, qui est toujours resté dans le strict cadre des principes de la monarchie française lorsqu’il parlait de sa succession et qui, en privé, selon des sources nombreuses et variées, s’est toujours exprimé en faveur de la branche dite d’Anjou.

Ceci étant dit, et l’incompétence absolue de la reine douairière Marie-Thérèse, veuve d’Henri V, pour désigner un successeur ou en reconnaître un étant établie, revenons au texte du Figaro qu’essayent de nous vendre les orléanistes.

On y apprend qu’on aurait prié M. Walter Vogt, au nom de la Comtesse de Chambord, de déclarer que cette princesse ne mettait pas en doute les « droits incontestables » des Orléans. Voilà une source bien fragile pour oser nous annoncer que la Comtesse de Chambord soutenait les droits des Orléans à la couronne de France ! Nous sommes ici en présence d’une source de troisième main : « Je dit qu’on m’a dit que Madame la Comtesse de Chambord a dit… » (et comme c’est Le Figaro qui le rapporte, c’est même une source de quatrième main !). C’est donc l’histoire de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours. Qui fait dire cela à la Comtesse et le transmet à M. Vogt ? Nous n’en savons rien ! Qui est M. Vogt ? Nos orléanistes ne nous en disent rien. Toute leur introduction parlant de ce que fit ou non l’Empereur François-Joseph — introduction parfaitement inutile sur le fond, mais bien utile pour donner de l’allure à une fake-news — pourrait laisser croire que ce M. Vogt est un dignitaire au service de l’Empire austro-hongrois. En réalité, il n’en est rien. M. Walter Vogt n’était qu’un journaliste, il était le correspondant du Figaro à Vienne, mais QUI était en vérité ce M. Vogt ? QUI ? Eh bien, son vrai nom était M. Wittman, voyez-vous[1]. M. Wittman était un des principaux collaborateurs du journal viennois Neueu Frei Presse, de tendance libérale et constitutionnelle allemande dont le correspondant parisien était un certain Theodor Herzl, plus connu comme l’un des fondateurs du sionisme[2].

Était-il au moins un journaliste fiable et une source sûre ? À en croire un texte d’un patriote hongrois publié dans La Justice, journal dont le directeur s’appelait Georges Clemenceau (le Tigre en personne) et le rédacteur en chef Camille Pelletan, la réponse est non[3] :

« Le Figaro publiait le 22 juillet [1891], un article de son correspondant viennois, M. Walter Vogt… L’excuse du correspondant figariste est sans doute qu’en sa qualité de chroniqueur mondain, et rien que mondain, il ne sait pas le premier mot des choses dont il parle. Il n’en est pas moins nécessaire de faire justice de ses dires. »

On parle ensuite des « fantaisies de M. Vogt », de « sa rage aveugle de dénigrer », des « monstruosités » qu’il dit. Certes, l’auteur hongrois comme le journal de Clémenceau sont de gauche, mais on ne manquera pas de noter qu’il est fortement sous-entendu que Vogt cherche à rendre sympathique aux lecteurs du Figaro une réforme administrative hongroise qui, finalement, arrangerait bien les affaire de la Triplice, c’est-à-dire les affaires de l’Allemagne, qui occupait alors l’Alsace et la Lorraine. Nous ne sommes pas étonnés qu’un plumitif viennois roulant pour l’Allemagne soutienne les orléanistes. Les Allemands soutenaient la république ou les Orléans pour affaiblir la France. C’était le cas de Bismarck[4], par exemple. On ne connait que trop bien, en outre, les liens très amicaux entretenus par Philippe d’Orléans avec le Kaiser[5]… Bien des choses s’expliquent donc maintenant.  

Que dire du Figaro ? Ce journal n’était plus depuis longtemps un journal légitimiste. Ce n’était plus qu’un journal conservateur qui, dans ses éditions qui suivirent immédiatement le décès d’Henri V, chantait déjà la louange du petit-fils de l’Usurpateur. Dès le 28 août 1883, dans un article en une intitulé « L’Union Monarchique » et précédant justement un article de M. Vogt, Philippe de Grandlieu faisait sa soumission au comte de Paris en traitant les légitimistes purs et non ralliés de « sectaires hargneux et malfaisants » et en appuyant son projet d’union monarchique sur une citation du très orléaniste et très républicain Adolphe Thiers[6].

Je pense avoir fait un sort à la source de nos orléanistes. Une source mauvaise, indirecte, publiée par un journaliste douteux (c’est presque un pléonasme !) dans une feuille déjà au service des Orléans.

Maintenant examinons ce qui est dit. En réalité, pas grand-chose… On sait que certains collaborateurs du Comte de Chambord se rallièrent aux Orléans et que l’attitude de la Comtesse, qui n’a jamais abandonné les idées de son époux, leur déplaisait et qu’elle rendait leur ralliement plus délicat. Ont-il voulut faire du zèle ? C’est possible. Mais d’un autre côté, ne pas vouloir « froisser les princes d’Orléans ou mettre un instant en doute leurs droits incontestables », ce n’est pas grand-chose. Des droits incontestables à la couronne de Juillet, ils en ont si cela les amuse, mais dans l’esprit de la Reine douairière, c’était tout aussi bien une référence à leurs droits d’ultra-cadets. En somme, quelques mots d’apaisement, mais absolument pas une reconnaissance.

Ces mots sont-ils ceux de la Comtesse de Chambord, le doute est permis. En effet, dans Les entretiens des princes à Frohsdorf, Joseph du Bourg rapporte les termes d’une déclaration de Blacas, Monti, Raincourt, Chevigné, Damas, etc… où l’on peut lire : « Nous reconnaissons les droits incontestables de M. le comte de Paris à la succession de M. le comte de Chambord. »[7] Si l’on ajoute à cela que le seul écrit de la princesse dans ces moments douloureux dit : « Connaissant les intentions de mon mari, je déclare que je veux que son enterrement soit un acte de famille, et pas un acte politique ; et que la place de chacun soit réglée par le degré de parenté. »[8], on s’aperçoit assez rapidement que la citation publiée par Walter Vogt ressemble beaucoup à un mauvais attelage entre ces deux déclarations. Comme Vogt semble tenir ses informations de quelqu’un qui pourrait bien être M. de Dreux-Brézé ou M. de Blacas (ou de l’un de ceux qui sont cités comme coauteurs de la déclaration à Louis-Philippe d’Orléans, comte de Paris, mais c’est un point qui reste à confirmer), un tel mélange ne serait pas très étonnant.

Par ailleurs, les preuves ne manquent pas pour rappeler que la comtesse de Chambord n’a jamais rien reconnu d’autre aux d’Orléans que leur lointaine place dans l’ordre de succession. En effet, elle a légué Frohsdorf au futur Charles XI et de nombreux biens au futur Roi titulaire de France, Jacques Ier, fils de Charles XI et petit-fils de celui qui était devenu Jean III à la mort d’Henri V[9]. On sait aussi qu’elle a financé l’impression[10] de l’ouvrage de Théodore Deryssel, nom de plume du bâtonnier Gustave Théry, un des juristes les plus importants de l’époque, qui soutenait les droits de la branche d’Anjou à succéder à Henri V[11].

Voilà des faits bien établis et non tirés des écrits d’un journaliste douteux dans un journal orléaniste ! On pourrait toutefois, et c’est assez cocasse, se servir de ce même journal pour contredire nos orléanistes peu scrupuleux… En effet, la une du Figaro du 4 septembre 1883, rapporte une dépêche de Pierre Giffard qui dit exactement le contraire au sujet des sentiments de la Comtesse de Chambord sur les princes de la branche d’Orléans :

« Il n’y a plus aujourd’hui de mystère à faire. Une inimitié sourde séparait les princes d’Orléans de ce qu’on appelait dans l’entourage des princes la petite Église de Frohsdorf, c’est-à-dire la comtesse, les princesses ses nièces, et MM. De Blacas, de Damas, de Raincourt, d’Andigné et de Chevigné, en un mot presque tous ceux qu’on pourrait appeler les conseillers intimes du prince mort. Cette inimitié, connue des deux familles, était restée jusqu’à présent voilée, grâce aux efforts de M. le comte de Chambord surtout ; aujourd’hui, elle vient d’éclater au grand jour, à propos de cette question de préséance. Il est bon qu’on sache qu’autour de la comtesse de Chambord on préfère cette situation à la précédente, dont les sous-entendus mettaient chacun mal à l’aise. Les amis de la comtesse disaient hier à ceux des royalistes qui parlaient de s’en retourner : « Vous voulez repartir ?  Allez-vous-en. Votre résolution nous montre pourquoi vous étiez venus : pour faire de la politique. Or, ici, sur la terre autrichienne, Madame la comtesse ne veut pas qu’il soit fait de politique. » Un de ces conseillers intimes dont je parlais plus haut me disait hier soir textuellement : « Ainsi s’éclaircit, monsieur, le roman de l’héritage politique du comte de Chambord. Nous savons, nous, à quoi nous en tenir, et si on pousse Mme la comtesse de Chambord à bout, elle parlera, elle produira des documents, s’il le faut, qui surprendront bien des gens. « Je cite ces paroles sans les commenter. Tenez les pour authentiques, c’est tout ce que je puis vous dire »[12].

Mais il y a plus, les orléanistes ont souvent tenté de mettre la Comtesse de Chambord de leur côté en publiant des faux, comme cette fausse lettre de la comtesse Olga Puppi, proche de la Comtesse de Chambord, publiée dans Le Gaulois en 1886[13], dans laquelle un partisan orléaniste malveillant fait dire à cette princesse qu’elle reconnaissait le comte de Paris pour son roi. Cependant, plus souvent encore, les orléanistes ont tenté de la disqualifier par les pires médisances, décrivant cette princesse comme le boulet d’Henri V, une vieille acariâtre, sans joie, triste comme un jour sans pain, détestant la France et les Français, vieille, laide, difforme, stupide, entêtée, n’entendant rien en politique, intellectuellement effacée pour ne pas dire niaise, bien trop catholique, aux ordres de conseillers en soutane et de calotins de tous poils, complotant dans l’ombre et le silence pour détourner au profit des princes de la branche d’Anjou l’héritage qui, pour eux, ne devrait être que celui du comte de Paris[14]. Parmi les calomniateurs les plus acharnés, on trouve Henri de Pène, orléaniste notoire, auteur d’un Henri de France consacré au Comte de Chambord, dans lequel il ose supposer qu’elle a brûlé, détruit ou caché un testament politique d’Henri V[15]. Le duc de Castries écrit, lui :

« L’élément trouble qu’avait été, depuis près de quarante années, la comtesse de Chambord, allait se dévoiler dans toute sa vérité et éclairer certaines consciences, tout en posant de nouveaux problèmes dynastiques […]. Le ferment que, en dépit de la fusion, elle jeta volontairement dans les cervelles d’extrême droite, leva aussitôt, car les réconciliations dynastiques n’existent guère quand on arrive à l’échelon individuel des partisans. »[16]

Je passe sur les trop nombreux articles, les trop nombreux groupes et pages de réseaux sociaux ou sites internet alimentés régulièrement par des orléanistes actuels et notoires, parfois proches de ceux dont ces lignes ont entrepris de détruire l’article fallacieux, qui ne cessent d’insulter la mémoire d’Henri V et de son épouse, coupables de ne pas s’être couchés pour faire triompher l’orléanisme et d’avoir refusé la compromission avec la Révolution dont l’orléanisme est la plus indigne et la plus dégoûtante des conséquences politiques.

Ainsi, voilà que ces gens qui depuis près de 140 ans insultent la Comtesse de Chambord sur des centaines de pages et des milliers de lignes, viennent de tenter en moins de trois lignes et demi, de se la mettre dans la poche en s’appuyant sur un article douteux, écrit il y a 138 ans par un plumitif qui l’est encore plus et dont tout porte à croire que les propos rapportés ne sont pas ceux de cette princesse. Les orléanistes n’ont honte de rien, c’est à cela qu’on les reconnaît. La bêtise d’une telle démarche est hallucinante mais compréhensible. Hallucinante puisqu’on ne peut que se demander par quel miracle ces pauvres gens imaginaient que nous allions laisser passer un tel mensonge. Compréhensible car, appliquant les leçons de la propagande politique issue du modernisme révolutionnaire et utilisant la caisse de résonance des réseaux sociaux et d’internet, ils espèrent sans doute qu’un mensonge partagé des centaines de fois et sur lequel le premier venu mal informé pourrait tomber, servira leur cause déshonorée. Tout l’orléanisme est résumé là-dedans. Tout ce que je vous explique régulièrement au sujet de leur habileté à tromper en trafiquant les sources et en arrangeant  les faits et le droit à leur sauce rance et grotesque est concentré dans ce malheureux exemple.

L’auteur de l’article orléaniste n’a vraisemblablement aucune des qualités qui font, non pas l’historien de médias et de pacotille, mais le chercheur en histoire, celui qui source ses affirmation et les confronte à d’autres pour ne pas se laisser aveugler et induire en erreur par une source trompeuse. Rappelons pour finir, que 10 jours avant la mort d’Henri d’Orléans le 21 janvier 2019, un intriguant orléaniste écrivait sur les réseaux sociaux : « on a peut être le Chef de Maison (sic) le plus débile et inculte qui soit… », certes, M. d’Orléans n’était pas très malin, mais au vu de ce qu’on peut lire aujourd’hui, les pseudo-historiens orléanistes le valent bien. Quand on pense que certains se voyaient, il y a peu encore, chancelier de Jean-Carl d’Orléans, on ne peut que constater que la cause de l’orléanisme s’écroule et prend l’eau de toute part…

Louis de Lauban


[1] Raoul Chélard, L’Autriche contemporaine, Paris, 1894, p. 230.

[2] Ibid., p. 229.

[3] La Justice, éd. du 03/08/1891, accessible en ligne par ce lien : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k773464r/f2.item

[4] Opinion de Bismarck sur la République, l’Empire et les Bourbons en France, 1872, accessible en ligne par ce lien : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5456557q/f4.texteImage

[5] Nous avons en notre possession des copies des clichés pris lors de la très amicale visite du Kaiser au Duc d’Orléans dans son palais de Palerme en 1907. Quand on ose dire « tout ce qui est national est nôtre » mais qu’on reçoit en grande pompe le Kaiser dans un palais sicilien, sans plus songer à Metz et Strasbourg, à cette Alsace-Lorraine alors occupée et courbée sous le joug allemand, on est un traitre. Il est normal qu’un usurpateur, traitre à son Roi et à la volonté de Dieu, ait été en prime un traire à la Patrie.

[6] L’union monarchique, article du Figaro du 28/08/1883, accessible par ce lien : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2786742

[7] Joseph, Les entretiens des princes à Frohsdorf 1873 et 1883. (La vérité et la légende), Paris, Perrin & Cie 1910, p. 302-304.

[8] Joseph, Les entretiens des princes à Frohsdorf 1873 et 1883. (La vérité et la légende), Paris, Perrin & Cie 1910, pp. 269-270.

[9] Jacques Bernot, Les Princes cachés ou histoire des prétendants légitimistes (1883-1989), éd. de Lanore, coll. « Histoire », Paris, 2015, p. 127.

[10] Le Journal de Paris, éd. Du 4 décembre 1887 (journal légitimiste).

[11] Théodore Deryssel, (Gustave Théry), Mémoire sur les Droits de la Maison d’Anjou à la Couronne de France, rééd., Paris, le Léopard d’or, 1983.

[12] On pourra consulter la première page du Figaro du 4 septembre 1884 sur le site de la Bibliothèque Nationale de France, Gallica, à cette adresse : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2786818

[13] Le Gaulois du 1er Avril 1886 attribue à la comtesse Olga Puppi une lettre où on peut lire : « Quant à ce qu’on dit certains journaux, à savoir que Madame détestait la famille d’Orléans, je peux le nier formellement. Celui que Monsieur le comte de Chambord a reconnu pour son successeur, Madame le reconnaît pour son Roi, et elle n’a jamais parlé de lui sans la plus grande estime et la plus grande vénération. » Mme Olga Puppi a apporté un démenti à ce texte dès le 3 avril suivant comme on peut le lire dans Dominique Lambert de La Douasnerie, Le drapeau blanc en exil : Lieux de mémoire (1833-1883) : d’après de nombreux documents et témoignages inédits, 1998, pp. 82-83.

[14] Daniel de Montplaisir, Le Comte de Chambord, Perrin, Paris, 20, p. 617.

[15] Henri de Pène, Henri de France, Oudin, 1884, p. 440.

[16] René de La Croix duc de Castries, Le Grand Refus du comte de Chambord, Hachette, 1970, pp. 329-331.

2 réflexions sur “La comtesse de Chambord a-t-elle réellement désigné les Orléans comme les successeurs d’Henri V ?

  • 28 septembre 2021 à 13h12
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    Si les Lois fondamentales du Royaume désignaient bien les princes espagnols comme seuls héritiers légitimes, auraient-ils été reconnus comme tels par les français en 1883 ? Il aurait été probable, et même certain, qu’un mouvement « pro-français »
    se rallie au prince orléaniste, soutenu par bon nombre parmi la bourgeoisie d’affaires et de tous ceux qui avaient un rôle économique dans la France d’alors…

    Le prince espagnol aurait rassemblé autour de sa personne bon nombre parmi la noblesse, mais certainement fort peu au delà, la branche carliste étant plutôt traditionaliste, et cela inquiétait beaucoup dans les classes populaires qui redoutaient et ne souhaitaient pas le rétablissement d’une monarchie traditionnelle.

    Les Orléans, et la France avec eux, ont beaucoup perdu lors de la mort malheureuse et accidentelle du Prince Royal Ferdinand-Philippe en 1842, ce prince était véritablement populaire et unanimement respecté, il a beaucoup manqué lors des évènements de février 1848…

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    • 28 septembre 2021 à 14h48
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      Ferdinand-Philippe était peut-être populaire, mais seule sa mort accidentelle en pleine jeunesse explique qu’on puisse encore dire du bien de lui. Pour tout royaliste sérieux, c’est un des pires rejetons de la race des Orléans. La simple lecture de ses mémoires est éclairante à ce sujet. Que les Orléans aient été soutenus par la bourgeoisie, rien d’étonnant à cela. Les classes populaires en revanche n’étaient pas si troublées par une monarchie traditionnelle.

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