De Chateaubriand à Cattaui : Bourbons oubliés, Bourbons retrouvés

Chateaubriand_Georges Cattaui

De Chateaubriand à Cattaui : Bourbons oubliés, Bourbons retrouvés

Par Daniel de Montplaisir

Que peuvent avoir de commun ces deux noms de personnes, que jamais l’Histoire n’associa ? D’un côté, l’un de nos plus grands écrivains, chantre du romantisme et de la Restauration, de l’autre un obscur Égyptien devenu français, diplomate et épris de littérature. Pourtant, l’un et l’autre auront joué, le premier en 1814, le deuxième en 1944, le même rôle réveilleur des Bourbons.

Nous allons d’abord rappeler les faits, puis examiner leurs ressemblances et leurs différences, enfin nous demander quelles leçons on pourrait en tirer pour l’avenir.

Tout d’abord les faits. Dans ses Mémoires d’outre Tombe, Chateaubriand, on ne peut plus content de lui, présente ainsi la façon dont la publication, en avril 1814, de sa brochure, De Buonaparte et des Bourbons, rappela à la France l’existence d’un roi légitime et d’une famille royale :

« Ce fut dans ces jours critiques que je lançai ma brochure « De Bonaparte et des Bourbons » pour faire pencher la balance : on sait quel fut son effet. Je me jetai à corps perdu dans la mêlée pour servir de bouclier à la liberté renaissante contre la tyrannie encore debout et dont le désespoir triplait les forces. Je parlai au nom de la légitimité, afin d’ajouter à ma parole l’autorité des affaires positives. J’appris à la France ce que c’était que l’ancienne famille royale ; je dis combien il existait de membres de cette famille, quels étaient leurs noms et leur caractère : c’était comme si j’avais fait le dénombrement des enfants de l’empereur de la Chine, tant la République et l’Empire avaient envahi le présent et relégué les Bourbons dans le passé. Louis XVIII déclara, je l’ai déjà plusieurs fois mentionné, que ma brochure lui avait plus profité qu’une armée de cent mille hommes ; il aurait pu ajouter qu’elle avait été pour lui un certificat de vie. »

Derrière l’emphase du propos, coutumière à l’Enchanteur, on peut se demander dans quelle mesure les Bourbons étaient si oubliés que cela en 1814. Le 12 mars précédent, le soulèvement de la ville de Bordeaux en faveur du retour du roi montrait au contraire que, pour bien des gens, la chute de Napoléon entraînait, presque automatiquement, le rétablissement de la dynastie légitime. Depuis son exil, Louis XVIII n’avait pas manqué, et à plusieurs reprises, de se rappeler au souvenir de la France, relayé en cela par une nombreuse noblesse terrienne et quelques sociétés secrètes, dont la plus importante était Les Chevaliers de la Foi.

Il est vrai, en revanche, qu’à Paris, dans le personnel politique, et parmi les Alliés, d’autres formules avaient cours pour remplacer Napoléon. On évoquait une régence de Marie-Louise pour le compte du roi de Rome, solution privilégiée par Vienne. On parlait de Bernadotte, qui venait de faire ses preuves comme prince régent de Suède (il en deviendra roi en 1818 sous le nom de Charles XIV). Le retour à la république, mais aristocratique et strictement contrôlée par les puissances victorieuses, n’était pas avantage exclu. Enfin, une restauration de la monarchie mais avec un changement de dynastie en faveur du duc d’Orléans, le futur Louis-Philippe, séduisait une bonne partie de la grande bourgeoisie et de l’ancien personnel impérial.

Très vite, toutes ces pistes s’effacèrent derrière l’évidence de la légitimité. La France avait, pendant près de vingt-cinq ans, expérimenté tant de régimes de circonstances qu’il paraissait maintenant aux yeux de l’Europe que la stabilisation de ce pays aux désastreuses foucades ne pouvaient résulter que d’un retour à l’ordre traditionnel, quitte à en dépoussiérer un peu les institutions. Si l’on ne craignait pas les anachronismes, on pourrait ici transposer et transformer la formule d’Adolphe Thiers en 1874 : « La monarchie est le régime qui nous divise le moins ». A cela il faut bien sût ajouter le rôle de Talleyrand, les intrigues du Sénat impérial et les conceptions du tsar Alexandre Ier, principal vainqueur de Napoléon et que conseillaient des émigrés comme le duc de Richelieu et Charles-André Pozzo di Borgo, le rival corse de Napoléon lui aussi entré au service du tsar.

Du surcroît, on a du mal à croire à l’oubli des Bourbons de 1814, surtout lorsque l’affirment des historiens assurant qu’en 1829, la France avait conservé intact son mauvais souvenir des Polignac !

L’apport de Chateaubriand n’est pas négligeable pour autant. Sa brochure rencontra immédiatement un immense succès, vendue à près de 30 000 exemplaires en deux mois, un record pour l’époque — et, semble-t-il, prolongé par un important bouche à oreille. Mais on ne peut savoir si ce succès est principalement dû à la première partie, soit les trois quarts de la brochure, qui constitue un talentueux mais violent réquisitoire contre Napoléon, après dix ans de censure, ou à la deuxième partie, beaucoup plus mince, décrivant la famille de Bourbons. Toujours est-il qu’elle offrait à celle-ci le prestige du plus grand écrivain français de l’époque, encore auréolé de la popularité de son Génie du Christianisme, publié en1802, puis de ses Martyrs, parus en 1808, enfin de son Itinéraire de Paris à Jérusalem, en 1811. Elle couronnait par avance son retour par l’onction de l’intellectuel, toujours importante en France.

Cent trente ans plus tard, les choses se passent dans un train marqué CFF-SBB, circulant à travers les Alpes suisses. Nous sommes en août 1944. La scène ressemble à celle d’un début de film américain des années quarante, avec une femme élégante et un monsieur très courtois assis par hasard dans le même compartiment. Emmanuelle de Dampierre accompagne ses deux fils, Alphonse et Gonzalve, à Villars-sur-Ollon, un village alpin où ils vont passer une semaine de vacances au grand air. L’homme, d’une cinquantaine d’années, s’appelle Georges Cattaui. Juif d’origine égyptienne, il est né à Paris en 1896. Adolescent, il s’est passionné pour le « génie du christianisme » et s’est converti à la religion catholique romaine. Naturalisé français, il est entré dans la carrière diplomatique, occupant plusieurs postes d’attaché d’ambassade. Mais sa passion est la littérature, à laquelle il ne pourra cependant se consacrer que sur le tard, publiant en 1953 une biographie de Proust qui fera date, préfacée par Daniel-Rops.

La conversation s’engage agréablement. Cattaui sait à qui il s’adresse et expose à Emmanuelle la réalité dynastique dans la maison de Bourbon : son époux en est le chef depuis 1941, consécutivement à la mort du fils aîné d’Alphonse XIII en 1938 puis de la disparition de ce dernier. Ce qui fait de Jacques-Henri l’aîné des Capétiens et le légitime héritier du trône de France selon la loi salique. Les tourmentes espagnoles avaient un peu caché tout cela mais le fond demeure.

Le prince Alphonse, huit ans, a retenu quelques bribes de cette discussion et la découverte du rang de son père s’est alors fixée dans sa mémoire. Les arguments de Cattaui sont ceux que répétaient les Blancs d’Espagne depuis plus de soixante ans.

« Je le crus difficilement, a rapporté Emmanuelle. Jusqu’à maintenant, je n’avais jamais pensé à cela. Et personne autour de moi ne m’en avait parlé. »

On a tout de même un peu de mal à la croire quand on sait, notamment, combien Alphonse XIII était attaché aux liens dynastiques de la branche aînée des Bourbons…

Persuasif, Cattaui obtient une entrevue avec le duc de Ségovie et le conjure de proclamer ses droits français. Jacques-Henri prend le temps de la réflexion. Il s’y décide finalement dix-huit mois plus tard ! La mésentente avec Emmanuelle n’a pas hâté son « sursaut français ». En février 1946, avec l’aide d’un juriste résidant à Rome, et ami de Georges Cattaui, Dominique Clauzel, il envoie une lettre circulaire, d’une tonalité très ferme, aux différentes familles royales d’Europe. Il y proclame, en sa qualité de « chef de la branche aînée de la famille de Bourbon », son droit au trône de France, pour lui-même et pour ses fils, ainsi que celui porter, à ce titre, les pleines armes de France, « d’azur à trois fleurs de lys ». Il y rappelle la nullité de toutes renonciations à ces droits. Enfin, il y affirme sa volonté d’empêcher que d’autres prétendants lui soient substitués.

On perçoit tout de suite l’immense différence avec la situation de 1814. Certes, dans les deux cas, la France sort d’une longue guerre qui a relis en cause son système institutionnel. Dans les deux cas, sa défaite s’est transformée en victoire. En 1814, les Alliés aimaient à répéter qu’ils faisaient la guerre à Napoléon, mais non à la France, d’où la fameuse chanson Bérenger :

Nos amis les ennemis,

Il faut les aimer aussi !

En 1944, la France vaincue par l’Allemagne a réussi à se faire inscrire dans la liste finale des vainqueurs, principalement grâce à l’action du général de Gaulle qui, du coup, a récupéré pour lui-même une légitimité égarée, d’autant que le comte de Paris vient de rater une occasion historique qui ne se représentera pas de sitôt.

Mais Jacques-Henri ne possède rien de ce qui a porté Louis XVIII sur le trône, avec ou sans le secours de Chateaubriand, ni de ce qui rend de Gaulle incontournable. Depuis l’exil, le premier n’a cessé de rappeler son droit et de dénoncer l’usurpation. De Londres, le second n’a cessé de faire revivre l’idée d’une France libre. Où était alors Jacque-Henri ?

Toutefois réveillé par Cattaui, Jacque-Henri rédige, toujours avec la plume de Clauzel, une deuxième déclaration adressée, celle-ci, « aux chefs des branches cadettes de la Maison de France » afin de préciser que sa renonciation au trône d’Espagne « n’affecte en rien l’intégrité de (ses) droits et prérogatives attachés à (sa) qualité de Chef de la Maison de Bourbon », qu’en conséquence, il prend le titre de duc d’Anjou « porté par (son) ancêtre direct Philippe de France. » Rien ne manque à cette déclaration qui, toutes choses égales par ailleurs, pose les mêmes jalons que, en 1804, la protestation de Louis XVIIII, dite de Kalmar, et que l’appel du 18 juin 1940. Dans les trois cas l’écho fut faible mais, dans les deux premiers, ces proclamations dessinèrent un avenir improbable qui se réalisa plus tard. La démarche de Jacques-Henri n’était pas très différente mais l’avenir attend toujours…

En juin 1947, le duc d’Anjou écrit à son frère Juan afin de bien clarifier sa situation. Sa renonciation à la couronne d’Espagne, qu’il confirme, n’implique pas renonciation à son droit d’aînesse dynastique car celle-ci ne dépend pas de la décision des hommes. Puis il attribue à son fils Alphonse les titres de duc de Bourbon et de Bourgogne ; à Gonzalve, celui de duc de Normandie.

Restait à le faire savoir à la France. Comment procéder ? Des Blancs d’Espagne, qui avaient si laborieusement maintenu la flamme de la légitimité depuis 1883, il ne restait rien ni personne, ou presque. Les pionniers — Du Bourg, D’Andginé, Laurentie — étaient morts. Leurs remplaçants s’étaient peu à peu évanouis avec la prédominance orléaniste, la guerre, le silence des princes. Seul, Paul Watrin continuait d’éditer sa revue La science historique, inconnue du duc d’Anjou. Celui-ci se souvint alors qu’il avait un cousin français, le duc Jacques de Bauffremont, et qu’il l’avait rencontré au cours d’une chasse à Fontainebleau, quand Alphonse XIII y résidait en exil. Le grand-père de Jacques, Eugène, avait en effet épousé la nièce de François d’Assise, petit-fils de Charles IV d’Espagne et époux de la reine Isabelle II.

Jacques de Bauffremont, chargé de faire connaître la prise de position du prince et, dans la foulée, désigné par lui comme son représentant en France, sollicita le concours d’autres personnalités afin de constituer un « conseil du roi ». Ces nouveaux Blancs d’Espagne n’en reprirent pas le nom. On les appela plus simplement « légitimistes ». De nouveau, comme en 1883, ils allaient porter à quelques-uns le témoignage de la légitimité et connaitraient une histoire assez comparable à celle de leurs devanciers : alternances d’espoirs et de déceptions au gré des implications ou des retraits du prince, ; richesse des travaux doctrinaux et des recherches historiques mais aussi jalousies et divisions internes, enfin impossibilité de passer une certaine rampe afin que l’on sache en France, restauration monarchique ou non, que l’héritier du trône est un Bourbon d’Anjou et non un Orléans.

Les périodes qui suivent les grandes guerres sont généralement peu propices aux hommes d’exception, même si elles leur doivent tout, aux grandes remises en cause institutionnelles, aux épopées dynastiques. C’était une France vaincue et affamée qui avait accueilli Louis XVIII, avant tout désireuse de se débarrasser de Napoléon. Mais celle de 1918, qui se croyait victorieuse, et celle de 1945, qui se persuadait d’avoir participé à la victoire, ne voulait plus, sitôt la paix revenue, ni d’un Clemenceau, ni d’un de Gaulle, personnages encombrants, faits pour l’adversité et la tragédie. La population française aspirait au retour des jours ordinaires et, par-dessus tout, à l’amélioration, d’ailleurs pleinement justifiée, de sa condition matérielle. L’Angleterre, repoussant Churchill, provoquait ainsi le mot féroce d’André Malraux :

« Pourquoi a-t-on choisi Félix Gouin pour président du Conseil ? Parce qu’il est le Français qui ressemble le plus à Clément Attlee. »

Et la république s’empressait de rétablir le régime des partis, adoptant le 27 octobre 1946 une Constitution qui, non seulement ne tirait aucune leçon des faiblesses de la précédente, mais en accentuait encore les défauts.

Que Jacques-Henri serait-il allé faire dans cette galère ? Et qu’aurait-il apporté de plus à la France qu’un de Gaulle qui, le 14 avril 1947, créa le Rassemblement du Peuple français (RPF) afin de détourner la France d’un retour aux errements de la IIIe république et de la doter d’institutions fortes et stables. C’est de cette époque, et non de juin 1940, que date une certaine assimilation du gaullisme au légitimisme

« Chaque fois, a ainsi écrit Jean Charbonnel, l’affirmation d’une légitimité nationale a eu d’abord pour objectif d’assurer la défense de la France face aux tentatives hégémoniques qui se sont succédées : celles de la maison d’Autriche, de l’Espagne, de l’Angleterre, d’une part ; celles des dictatures fasciste et communiste d’autre part, sans oublier, pour de Gaulle, la nécessité de se protéger des empiètements d’alliés souvent envahissants. »

Ce qui fut, en 1815, le rôle, hélas souvent oublié, du duc de Richelieu.

Le même auteur rappelle que :

« La légitimité monarchique s’était forgée au cours des siècles en se fondant sur le droit divin puis, de plus en plus, sur une tradition historique fortifiée progressivement, en dépit de bien des péripéties, par l’hérédité et la primogéniture dans la dynastie capétienne ; la légitimité gaullienne, elle, fut une aventure républicaine où le Général ne reconnut ni prédécesseur ni successeur ».

Il n’empêche que la position prise par Jacques-Henri, premier Bourbon du XXe siècle à avoir solennellement rappelé le droit royal de France, avait réveillé la légitimité et que ses soutiens entendaient saisir toutes les occasions de se manifester. On renoua avec « le royalisme des cimetières ». Le 21 janvier 1947, Jacques-Henri présida, à Saint-Augustin, la première messe en souvenir de Louis XVI de l’après-guerre. Effectuant à cette occasion son premier séjour à Paris, il impressionna ses partisans. De haute stature — il mesurait un mètre quatre-vingt-douze —, il « portait beau », selon une formule encore en usage et, surprise pour un sourd-muet, il s’exprimait sans aucune difficulté. Pour Jacques Esclafer de La Rode, « membre du conseil du roi », il émanait de lui un charme puissant, une autorité naturelle, faite de bienveillance et de hauteur de vue. En un mot, « il était le roi et ceux qui l’approchaient n’en doutaient pas une seconde. »

En avril 1948, Jacques-Henri publia encore une déclaration pour « conjurer les Français de faire cesser leurs querelles partisanes et de s’unir afin de faire face aux périls qui menaçaient la France et le monde ». En effet, malgré le lancement de la 2 CV Citroën et la fondation de la compagnie Air-France, l’atmosphère y était devenue toxique, avec l’instabilité ministérielle incessante, un nouveau plan d’austérité financière, la dévaluation du franc de 44 %, une inflation approchant les 60 %, le maintien des tickets de rationnement (ils ne seraient définitivement supprimés qu’en 1949) enfin la très dure grève des mineurs organisée par la CGT et réprimée par l’armée. L’appel de Jacques-Henri passa inaperçu…

Pendant ce temps, Cattaui se consacrait à Proust, puis à Mansart, puis à de Gaulle dont il fut, on l’oublie souvent, le premier biographe (Charles de Gaulle, l’homme et son destin, Fayard, 1960). Un de Gaulle confiant alors à Alain Peyrefitte combien il regrettait que le comte de Chambord n’ait pas réussi à montrer sur le trône… À la différence de Chateaubriand, Cattaui n’exerça aucun droit de suite auprès de Jacques-Henri et de son fils Alphonse. Si le « divin vicomte » avait intégré sa démarche dans un parcours destiné à servir ses ambitions personnelles — comparables à celle de Lamartine, qu’il inspira peut-être, écrivant en 1820 son Ode pour la naissance du duc de Bordeaux — l’acte de Cattaui était parfaitement gratuit, dépourvu de tout calcul individuel. Certes, l’écriture d’une brochure exige davantage de temps et de travail qu’une aimable discussion avec une belle dame dans un compartiment de chemin de fer. Mais les deux hommes de lettres et d’érudition, chacun à sa manière et chacun dans son contexte, servirent la même cause : l’évidence de la Vérité, qu’il est toujours bon, au moins devant l’honneur et devant l’Histoire, de révéler.

Cattaui continua de se passionner pour Proust, puis pour Léon Bloy, Péguy et Claudel, auquel il consacrera un cycle de conférences remarquées. Il mourut en 1974 à Gland, dans le canton de Vaux où il s’était retiré, ayant laissé à d’autres, dont le baron Pinoteau, le soin d’essayer de réveiller encore les Bourbons aînés. Chateaubriand était mort en 1848, avec juste le temps de voir tomber cette honnie monarchie de Juillet, qui lui fit, sur son lit de mort, échapper un dernier souffle : « c’est bien fait ! ». Cattaui, lui, est mort apparemment sans amertume à l’égard d’aucun régime : un homme authentiquement libre et indépendant, ne connaissant en somme que l’amour de l’art, surtout dans sa version historique.

Sans doute, devant l’écroulement prévisible de notre république, qui s’acharne aujourd’hui à ruiner notre pays, d’autres Chateaubriand, d’autres Cattaui, d’autres Pinoteau ne manqueront pas d’indiquer à nos princes que leur droit est d’abord un devoir. L’un d’eux puisse-t-il un jour être entendu ! « Vive le roi quand même ! »

Daniel de Montplaisir
Historien
Conseiller de l’Assemblée nationale


Publication originale : Daniel de Montplaisir, « De Chateaubriand à Cattaui : Bourbons oubliés, Bourbons retrouvés », dans Collectif, Actes de la XXe session du Centre d’Études Historiques (11 au 14 juillet 2013) : Les Bourbons et le XXe siècle, CEH, Neuves-Maisons, 2014, p. 99-108.

Consulter les autres articles de l’ouvrage :

Préface, par Monseigneur le Duc d’Anjou (p. 5-6).

Avant-propos, par Jean-Christian Pinot (p. 7-8).

« Naples et Rome, obstacles à l’unité politique de l’Italie », par Yves-Marie Bercé (p. 13-26).

« Le roi Juan Carlos et les Bourbons d’Espagne », par Jordi Cana (p. 27-35).

« Deux décennies de commémorations capétiennes : 1987, 1989, 1993, 2004, etc. », par Jacques Charles-Gaffiot (p. 37-49).

« L’abrogation de la loi d’exil dans les débats parlementaires en 1950 », par Laurent Chéron (p. 51-67)

« De Chateaubriand à Cattaui : Bourbons oubliés, Bourbons retrouvés », par Daniel de Montplaisir (p. 99-108).

Consulter les articles de la session précédente :

Articles de la XVIIIe session (7 au 10 juillet 2011) : 1661, la prise de pouvoir par Louis XIV

Une réflexion sur “De Chateaubriand à Cattaui : Bourbons oubliés, Bourbons retrouvés

  • 24 novembre 2020 à 12:01
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    Le parallèle entre ces deux hommes n’est pas faux. Chateaubriand ne soutint jamais la monarchie que lorsqu’elle était absente ou perdante. Curieux partisan des lois fondamentales qui accepte l’abdication de Charles X et de Louis XIX. Quant à Cattaui, ce dilettante sans conviction limita sa fidélité à une conversation mondaine. Il est enseveli dans un oubli bien mérité.

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