Sermon sur la fuite des occasions de péché


Dans l’Évangile de la Messe, nous avons lu la prophétie de Notre-Seigneur Jésus-Christ concernant la destruction de Jérusalem en l’an 70. Jérusalem a été détruite par les armées Romaines, et des centaines de milliers de Juifs ont été tués : ce fut en punition de leur incrédulité en la Divinité de Notre-Seigneur Jésus et de leur crime de déicide. En même temps que Notre-Seigneur prophétisa la destruction de Jérusalem, Il prophétisa la destruction du monde à la fin des temps. Cette destruction sera la punition des très nombreux péchés commis par les hommes sur cette terre.

Ces deux destructions sont une punition du péché. Elles sont une toute petite image de la punition terrible qui frappera toute personne qui commet un péché grave et ne s’en repent pas sincèrement, c’est-à-dire l’enfer.

Pour échapper à la destruction de Jérusalem, Notre-Seigneur donna un conseil : la fuite : « Que ceux qui sont dans la Judée s’enfuient dans les montagnes » (Mt 24 ;16). Notre-Seigneur nous adresse la même recommandation : si nous voulons échapper au châtiment de l’enfer, alors nous devons fuir le péché et tout ce qui nous y entraîne. Aujourd’hui donc, je vous parlerai de la fuite des occasions de péché.

I – La notion d’« occasion de péché »

Que faut-il entendre par « occasion de péché » ? Cela signifie toute circonstance, tout objet extérieur, personne, chose, lieu qui fait naître en nous la pensée du mal et nous porte à le commettre. Par exemple, le contact avec une personne qui me porte vers l’impureté ou la détraction ; les réunions familiales qui m’entraînent à participer à des cultes non-catholiques.

Toutes les occasions de péché ne portent pas au péché avec la même vigueur. Certaines occasions nous y portent faiblement, c’est-à-dire qu’il y a pour nous un risque faible de tomber dans le péché quand nous nous trouvons en de telles occasions. Cela s’appelle une occasion éloignée de péché. Par exemple, quelqu’un qui, en participant à des fêtes, tombe parfois dans le péché d’ivresse. Pour cette personne, participer à une fête est donc une occasion éloignée de péché.

Certaines occasions de péché nous portent au péché fortement, c’est-à-dire qu’il y a un risque élevé pour nous de tomber dans le péché quand nous nous trouvons en de telles occasions. Cela s’appelle une occasion prochaine de péché. Par exemple, quelqu’un qui en surfant sur internet, finit souvent par regarder des images ou films impurs. Pour cette personne, surfer sur internet est une occasion prochaine de péché.

Il y a des occasions de péché qui sont des occasions prochaines de péché pour tout le monde. Un film érotique est une occasion prochaine de péché pour tout le monde ; un livre hérétique est une occasion prochaine de péché pour tout le monde. Mais il y a aussi des occasions de péché qui ne sont des occasions prochaines de péché que pour certaines personnes seulement, selon leur sensibilité et leur caractère. Par exemple, les jeux d’argent. Certaines personnes peuvent jouer sans tomber dans aucun excès, d’autres ne le peuvent pas.

II – La nécessité de fuir les occasions de péché

Il est nécessaire de fuir les occasions de péché, surtout celles qui nous portent au péché mortel. Le prophète Jérémie dit : « Fuyez du milieu de Babylone, et que chacun de vous sauve sa vie ! » Babylone symbolise le lieu d’iniquité (Jer 51 ;6). Le prophète Isaïe dit : « Partez, partez, sortez de là ; ne touchez rien d’impur ! Sortez du milieu d’elle. » (Is 52 ;11). Il n’y a rien de plus dramatique que le péché mortel. C’est une offense grave contre Dieu, la cause de souffrances terribles de Notre-Seigneur Jésus, et cela nous mérite d’être en enfer pour toujours. Donc il faut tout faire pour s’en préserver ; il faut fuir les occasions de péché. Ne pas le faire, c’est vouloir indirectement commettre le péché. C’est pourquoi celui qui ne veut pas s’éloigner des occasions prochaines de péché, ne peut pas être pardonné. Cette personne n’a pas de contrition sincère. Par exemple, quelqu’un qui vit en concubinage et ne veut pas y mettre fin.

Il n’y a pas d’obligation stricte de fuir les occasions éloignées de péché. Mais il est bien sûr très fortement recommandé de le faire. Ainsi, si pour quelqu’un participer à des fêtes est une occasion éloignée d’ivresse, il est recommandé à cette personne d’éviter d’aller aux fêtes. Il y a une obligation stricte de fuir les occasions prochaines de péché. Le Saint Esprit dans la Bible donne cet avertissement : « Celui qui aime le danger, y trouvera sa perte » (Eccli 3 ;24) « Qui touche à la poix, se souille » (Eccli 13 ;1). Rappelez-vous comment Eve est tombée dans le péché de désobéissance en ne s’éloignant pas tout de suite du serpent ; comment le Très saint Roi David est tombé dans le péché d’adultère en ne s’éloignant pas de Bethsabée qui prenait son bain ; comment le très sage Roi Salomon est tombé dans le péché d’idolâtrie en se mariant à des femmes païennes.

III – Comment faut-il fuir les occasions de péché

Il faut fuir les occasions de péché promptement, courageusement et constamment. Rappelez-vous les paroles de Notre-Seigneur : « Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; car il vaut mieux pour toi qu’un seul de tes membres périsse que ton corps tout entier ne soit jeté dans la géhenne. Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi : car il vaut mieux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps tout entier ne soit pas jeté dans la géhenne. » (Mt 5 ; 29-30). Une sainte religieuse Dominicaine suivit à la lettre la parole de Notre-Seigneur. Elle fut aperçue par un roi d’Espagne et celui-ci s’éprit d’elle. Il lui fit savoir que la beauté de ses yeux avait captivé son cœur. La religieuse, effrayée du danger qu’elle courait, prit alors une décision héroïque : elle s’arracha les yeux et les fit envoyer au roi en lui disant : « Voilà ces yeux qui vous ont tant plu ; mais laissez à mon Jésus le trésor de ma chasteté que je lui ai consacrée depuis longtemps… »

Conclusion

Chers Fidèles, cette religieuse fut héroïque. Qu’est-ce qui l’a poussé à agi ainsi ? Son amour pour Jésus et Marie, et la volonté ferme de ne pas les offenser. C’est un même amour qui doit nous amener à éliminer de notre vie toute circonstance, tout objet extérieur, personne, chose, lieu qui fait naître en nous la pensée du mal et nous porte à le commettre. Faisons donc un examen de conscience pour voir s’il y a dans notre vie des occasions prochaines de péché. S’il y en a, alors prenons une résolution ferme de nous en éloigner promptement, courageusement et constamment.

Un prêtre

Dernier dimanche de l’année liturgique

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