Le salut viendra-t-il des États-Unis ?, par Paul de Beaulias

Étrange question pour un royaliste français, me direz-vous.

Certes, d’autant plus que c’est un fait que l’américanisation excessive de la France accélère notre destruction. Cette conquête fut d’abord culturelle et économique, via le cinéma, la mal-bouffe, les modes vestimentaires et artistiques, mais aussi l’import de plus en plus excessif des modèles économiques américains et des modes de gestion d’entreprise à l’américaine, sans examen et sans adaptation.

Cette américanisation s’étend maintenant jusque dans les écoles, les universités, et même les grandes écoles, avec une soumission aux critères anglo-saxons, si contraire au grand esprit français, et dans la vie politique, avec les primaires et autres foutaises démocratiques importées, mais aussi dans la sur-communication et la mode politique américaine de la médiatisation excessive.

Pire, nous vivons maintenant au pouls de la vie politique américaine : il semble que les élections américaines ou chaque événement national américain est bien plus important que les élections en France, ou que les discours fumeux des ectoplasmes présents au sommet de la République.

Cela est certainement vrai d’ailleurs : il est plus important de regarder ce qui se passe à la Maison Blanche qu’à l’Élysée, succursale de Bruxelles.

Pire encore : l’américanisation est si avancée, que non content de brader tout ce que nous venons d’énumérer, la République a aussi abdiqué son indépendance diplomatique, militaire et stratégique : elle est devenu un bon toutou des États-Unis. Nous ne valons pas beaucoup mieux que le « nain politique » japonais, affidé à l’État fédéral américain depuis des décennies.

Alors pourquoi poser la question ?

J’ai eu l’occasion, vivant au Japon, de découvrir l’autre versant des États-Unis, ce versant contre-révolutionnaire, tout à fait inconnu chez nous, par de bons amis américains.

Croirez-vous que la première fois que je rencontre un américain à la marche pour la vie, il s’adresse à moi en Français en disant la seule chose qu’il sait bien dire, à savoir : « Vive le Roi ! » Ce fut pour le moins déstabilisant … mais agréable, pour le Français primairement anti-américain que j’étais.

Aimeriez-vous que l’on condamne la France en rappelant que du fait de la Révolution française, toute la planète est aujourd’hui dans une situation critique et révolutionnaire ? Cela est vrai pourtant, mais nous savons que c’est la République, et les menées révolutionnaires, qui ont provoqué cette chienlit mondialisée.

De la même façon, aux États-Unis, il existe un phénomène tout à fait intéressant et encourageant : le mouvement catholique traditionnel croît de jour en jour, et j’ai eu la bonne surprise de constater que la pensée contre-révolutionnaire française est de mieux en mieux connue par certaines élites cléricales et laïques, sans complexe, avec une francophilie tout à fait inattendue.

Ils sont minoritaires, certes, mais moins minoritaires que ce que nous sommes chez nous.

Le phénomène Trump, quoiqu’on en dise, manifeste une inflexion des courants profonds de l’histoire : et c’est certainement cela qui a fait peur aux globalistes américains, les convaincant d’accélérer le mouvement révolutionnaire avant que la société bascule dans la contre-révolution.

Un exemple : vous avez peut-être lu l’information dans les journaux français rapportant que Trump voulait abolir la Constitution. En fait, présentée de cette façon, l’information est incompréhensible : il se trouve que Trump ne fait que revenir à l’origine de la création de la fédération américaine et reprend la position conservatrice de l’époque, qui consistait dans le rejet de la rédaction d’une constitution, de nature totalitaire par sa volonté de créer un État au-dessus des états confédérés censément souverains.

Il suffit de voir combien les globalistes d’Europe ont explosé de colère en apprenant que la Cour suprême avait retourné le fameux règlement sur l’avortement…

Ils savent que si les États-Unis basculent dans la Contre-Révolution, de nombreux autres suivront.

Pour une restauration en France, prions pour que la Contre-Révolution vainque aux Etats-Unis, car les conservateurs américains, qui ont une dette éternelle envers Louis XVI et la France, ne pourront voir que d’un bon œil, et la soutenir certainement, une restauration des Bourbons sur le trône de France.

Vive l’internationale légitimiste !

Pour Dieu, pour le Roi, pour la France

Paul de Beaulias

2 réflexions sur “Le salut viendra-t-il des États-Unis ?, par Paul de Beaulias

  • 10 janvier 2023 à 14h31
    Permalien

    Franchement, n’avez-vous pas l’impression que vous jetez le bouchon un peu trop loin? Oui, il y a une Droite religieuse américaine, qui résiste à François I° Bergoglio. Cela dit, elle reste attachée au messianisme américain. et il me paraît abusif de fonder des espoirs aux problèmes politiques soulevés par luiu.

    Répondre
    • 11 janvier 2023 à 1h48
      Permalien

      Cher Monsieur, vous ne comprenez, je parle de l’extension de la pensée contre-révolutionnaire, et peut-être son renouvellement outre-Atlantique. Ces mouvements ne sont pas exprimés dans la vie politique classique, ou très peu au niveau fédéral en tout cas. Il ne s’agit pas de fonder des « espoirs » mais d’être réaliste sur 1 l’influence prépondérante des états-unis dans la sphère occidentale, 2 qu’une restauration en France sans l’accord, ou du moins le laisser-faire, des Etats-Unis est a priori impossible, dans les conditions actuelles. Et je constate, que de façon très paradoxales, des idées « très » contre-révolutionnaires sont bien plus vivantes et à la mode aux Etats-Unis.
      Je le redis, je ne parle pas de la vie politicienne des Etats-Unis, mais je me place sur le même plan qu’en France: ce sera comme si vous disiez que le légitimisme n’existe pas car toutes les droites sont révolutionnaires (bonapartistes, orléanistes et ce que vous voulez)
      Pourquoi s’empêcherait-on de réfléchir? C’est une triste réalité, mais ce qui se passe outre-Atlantique se répercute de plus en plus vite et directement en France, sans même parler des tutelles diplomatiques, économiques et souveraines.
      L’auteur

      Répondre

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.