La Gifle, par Louis de Lauban

C’est la nouvelle du jour, M. Emmanuel Macron, Président de la République française a été giflé à Tain-L’Hermitage par un jeune homme de 28 ans. L’homme aurait crié « Montjoie Saint-Denys ! À bas la Macronie ». Aussitôt les hyènes de l’extrême gauche, auxquelles se sont ajoutés les députés LFI Alexis Corbières, Éric Coquerel et Jean-Luc Mélenchon, se sont senties autorisées à crier haro sur les roycos.

Il est bien dommage que petit à petit, le profil politique de l’agresseur de M. Macron tend plutôt à démontrer qu’il s’agit d’un genre d’anarchiste, plus proche de milieux gauchistes que des véritables royalistes. Rappelons que des membres de l’ultragauche attendaient M. Macron devant le lycée hôtelier où l’agression à eu lieu, que l’agresseur et son ami étaient avec eux et se présentaient comme des Gilets Jaunes — camouflage facile pour les rouges qui veulent capter la bienveillance du public. De plus, les fréquentations interviewées, comme le physique et la dégaine du personnage, ne sentent pas franchement la fleur de lys.

L’homme s’est il inspiré de la bouillie anarcho-royaliste du Lys Noir ou des dérive de l’activisme de certains groupes d’AF ? Rien n’est moins sûr. L’agresseur, au physique fragile d’homme-soja, semble suivre tout et n’importe quoi sur ses réseaux sociaux et s’il semble s’intéresser à des pages ou à des personnalités de la fameuse « esstrème drouate » dont les médias nous rabattent les oreilles à longueur de temps, on voit bien peu de pages monarchistes et — pour ce que j’ai pu en voir — pas du tout de pages légitimistes. L’homme aime toutefois la page du Monde de Jamy : nous attendons donc avec impatience le premier député LFI qui nous expliquera qu’il s’agit là d’une page de propagande néonazie à destination des enfants… ce monde n’est plus à une absurdité près.

Si on peut douter que l’homme soit des nôtres, que penser de son geste ? À n’en pas douter, pour beaucoup de Français, y compris hors de la roycosphère, un tel acte a pu sembler mérité. Qui osera dire que ceux qui ont essuyé les tirs de balles de défense, les gaz lacrymogènes ou les excentricités d’Alexandre Benalla ne se sont pas réjouis de voir ce qui fut pour eux l’incarnation de l’ennemi se prendre une baffe ? Pour beaucoup de Français, la chose est compréhensible. Pire encore, ils l’a soutiennent. Cela montre à quel point la république a abaissé le prestige de l’État et détruit la bienséance française.

Notre premier mouvement aussi a pu être de se dire que l’auteur des faits avait du cran et a bien dit son fait à M. Macron. D’ailleurs nous ne pleurerons pas avec le concert des faux-culs de la politique républicaine qui, ennemis de M. Macron hier, s’indignent de son sort aujourd’hui — sans doute craignent-ils de finir plus mal que lui dans quelques années ! Non, pour nous, ce fait est symptomatique de l’état de dégradation morale, politique et patriotique de notre pays. Pour autant, si nous comprenons le geste et si nous savons parfaitement de quelles causes il est l’aboutissement, nous ne le soutenons pas.

Oui, ce genre de geste idiot ne peut pas être soutenu par les royalistes fidèles pour plusieurs raisons. D’abord, c’est une initiative individuelle, or nous ne sommes pas individualistes et nous n’entendons mener que des actions réfléchies et concertées, un tel comportement relève plus de l’anarchie que du royalisme. Ensuite, c’est un acte de violence inutile : violence même si ce ne fut qu’une gifle molle assénée par un petit bras et inutile parce qu’il n’a eu aucune conséquence fâcheuse pour M. Macron, si ce n’est un mouvement de déséquilibre amusant lorsqu’un des gardes du corps le retenait. Pire qu’inutile, ce genre d’acte est contre-productif.

Consacré royaliste par les médias aux ordres, le gifleur sert de prétexte à une campagne de dénigrement des royalistes, qui sont décrits comme étant d’extrême droite, ou mieux encore, des nazis ! Or nous récusons tout positionnement dans le jeu politique gauche/droite, où seuls les fils spirituels de la Révolution peuvent se retrouver. Comprenez bien, nous ne récusons pas les idées de certains de ceux qui sont classés à l’extrême droite, tout comme nous ne récusons pas toutes les analyses de Karl Marx, mais nous ne sommes pas en accord avec les solutions que les uns et les autres proposent. Mais dans le cas qui nous concerne, Daniel T. n’a clairement pas su faire le tri dans ce qui a de l’intérêt ou non dans cette mouvance. Pire encore, le cri de guerre de nos rois « Montjoye Sainct Denys ! » est présenté depuis hier par les médias cosmopolites comme la version catho-royco-esstrèmedrouate du trop fameux « Allahu Akbar ! » des terroristes islamistes, voire comme une forme royco-nazie du « Sieg Heil ! ». C’est un scandale et une honte ! Le Lys de France, qui apparaît sur le compte twitter du complice du gifleur, est limite comparé à une croix gammée, alors que des porteurs de faucille et de marteau peuvent se balader tranquillement dans nos rues. Cela montre le niveau de culture des journalistes et des élites républicaines.

Inutile et contre-productif, cet acte n’est pas légitime. Une initiative individuelle pour passer à une action violente n’est pas acceptable chez les royalistes fidèles. Nous sommes prêts à nous défendre comme nos pères en 93, mais nous récusons l’idée de commettre des violences anarchiques. Nous ne souhaitons pas exercer de violences contre les représentants de la république parce que nous ne voulons pas que tous deviennent solidaires et se présentent abusivement en martyrs — ce qu’ils n’ont pas tardé à faire dès hier. Si ces gens doivent expier leurs fautes, ce ne doit pas être par le biais d’un lynchage voulu par une poignée d’individus, mais après avoir été condamnés en bonne et due forme par la justice du Roi restauré. Même là, l’exil ou la prison seront les peines qu’ils mériteront car tuer pour des crimes politiques supposés — hors cas de guerre civile — est une attitude révolutionnaire et non légitimiste.

La violence n’est pas une option acceptable tant que nous ne sommes pas attaqués et que nous n’avons pas à nous défendre pour notre survie. Elle unifie le discours de nos adversaires contre nous. Elle nous disqualifie et leur permet de disqualifier toutes les idées alternatives par le matraquage des médias mainstream. Elle constitue une forme de grossièreté qui, loin d’être une preuve de courage, n’est que la marque d’une mauvaise éducation. Elle est dangereuse car elle pourrait justifier de la part de nos ennemis des attentats contre la personne du Roi ou contre les princes de l’Auguste Maison de France, mais aussi contre des manifestations royalistes tout à fait pacifiques. Voyez les agressions subies par des processionnaires parisiens de la part d’héritiers des terroristes communards, les médias en ont fait moins de cas que de cette gifle molle et, demain, ils justifieront ce genre d’acte par le fait que les catholiques, donc les royalistes, donc les nazis — si on adopte le système de référence hystérique de ces gens — méritent de se faire agresser parce qu’ils auraient tiré les premiers, ce qui est bien évidement faux.

Alors faut-il se laisser faire ? Faut-il ne rien faire ? Faut-il se mettre dans une position de perdants et de victimes ? Non ! Royalistes fidèles, soyez prêts à vous défendre en cas d’attaque, entraînez-vous, apprenez les techniques qui vous permettront de mettre un adversaire agressif hors d’état de nuire sans mettre sa vie en danger, maîtrisez votre colère et votre violence, apprenez à manier les outils au bout desquels ont trouvera le pouvoir, la liberté et la protection de vos foyers. Que faire ? Formez-vous d’abord, en adhérant à de vraies organisations royalistes comme le Cercle d’Action Légitimiste ou l’UCLF, car il faut connaître les principes du légitimisme avant d’intervenir bêtement et d’abîmer l’image du royalisme. Ensuite, avec nous, choisissez l’action plutôt que l’activisme. Frapper Macron, c’est s’exposer à subir une violence légitime de la part de l’État tout en se mettant en position de faiblesse car l’action violente vous condamne immédiatement et délégitime votre propos. En revanche, même à deux (comme ils étaient), des slogans, des drapeaux blancs, une cocarde blanche, des images et une intervention musclée des forces de l’ordre montreraient la faiblesse d’une république qui craint des mots et des symboles, et le ridicule d’un président qui veut prendre un bain de foule mais fait matraquer le peuple récalcitrant. Vous comprenez bien que les mêmes images sans la gifle auraient eu beaucoup plus de force et auraient été bénéfiques à la cause.

La gifle, c’est choisir d’être un perdant, d’être le méchant de l’histoire et de voir son combat discrédité. C’est la même chose lorsqu’on envahit un conseil régional ou que l’on pend une effigie. L’activisme violent à tendance révolutionnaire solidarise les républicains entre eux et n’entraîne pas l’adhésion du peuple. Pire, il ridiculise la cause quand un homme-soja frappe le prince des bobos et des boomers, ou que des guignols en perfectos pendent la poupée gonflable affublée d’un bonnet phrygien qui, habituellement, faisait l’ordinaire de leurs nuits de jouvenceaux maurrassiens alcoolisés.

L’action doit être sérieuse, elle doit être durable. Si des slogans et des symboles royalistes accompagnaient Macron et ses ministres dans chacun de leurs déplacements, alors ils seraient bien plus frappants qu’une petite claque, mais pour cela, il faut se mobiliser autrement que ne le font la plupart des monarchistes !

Louis de Lauban
Membre du Cercle d’Action Légitimiste

6 réflexions sur “La Gifle, par Louis de Lauban

  • 9 juin 2021 à 17h58
    Permalien

    D’accord avec presque toutes les positions du texte, avec une grosse nuance près, cette gifle relève plus de la gaminerie d’un grand gamin envers quelqu’un, qui est censé représenter la France mais qui a complètement déshonoré la fonction, avec des gamineries en effet, des simagrées de matamore et des lâchetés à n’en plus finir. Cette gifle n’a rien à voir avec un acte de violence et relève davantage d’un soufflet.

    Répondre
  • 10 juin 2021 à 14h21
    Permalien

    Tout cela est monté pour faire passer les royalistes pour extrémistes et violents.

    Il vont avoir une excuse pour em… béter les royalistes.

    Il faut s’attendre à des rétorsions…

    Répondre
  • 10 juin 2021 à 15h10
    Permalien

    Ils ne savent plus quoi faire ni inventer pour faire le « buzz »… de toute façon, cette pantalonnade grotesque ne va pas changer grand chose ! sauf peut-être la sécurité approchée de micron Jupiter ?

    Quand je pense que du temps de nos rois, n’importe quel de ses sujets pouvait entrer dans le palais, et espérer le voir passer devant ses yeux, même avec la foule, les gardes…

    Enfin, et c’est ma conclusion, rien de bon n’est jamais sorti de la république pour la France, et jamais rien de bon n’en sortira !

    Répondre
  • 12 juin 2021 à 0h36
    Permalien

    Un vrai royaliste est apolitique.
    Vive le roi de France Louis XX, vive la reine, vivent les enfants royaux !

    Répondre
  • 12 juin 2021 à 12h10
    Permalien

    Quand je vois la clairvoyance des commentaires, je me dis que les royalistes ne sont pas prêts de gagner la bataille.

    Répondre
  • 12 juin 2021 à 12h14
    Permalien

    Enchaînement des faits dans un contexte de “votation” (régionales).
    La gifle pour Choupinet.
    Comme par hasard on trouve Mein Kampf chez Damien, ce qui entraîne bien évidemment des manifs contre “l’extrême drouate”… Ce qui aura une incidence dans la démarche urnatoire des prochaines élections et le tour est joué, ça marche à tout les coups.
    Et le con moyen n’a rien vu, je vous dit qu’ils sont lourds les Français, impossible de les faire sortir du triangle de Karpman.
    https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/une-marche-des-libert%c3%a9s-ce-samedi-contre-les-id%c3%a9es-dextr%c3%aame-droite/ar-AAKXUIw?ocid=edgsp&li=AAaCKnE

    Répondre

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.