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Sermon sur l’esprit missionnaire

Chers amis,

Comme vous le savez, je suis missionnaire au Japon depuis plusieurs années maintenant. Au matin de cette nouvelle année civile, j’aimerais donc vous parler de cet esprit missionnaire qui me tient tant à cœur et de la sainte patronne des missions, notre très chère sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises l’année dernière).

La parabole du festin des noces

Dans l’Évangile, Notre Seigneur Jésus nous raconte l’histoire d’un roi qui envoie ses serviteurs convier tout le monde au festin des noces de son fils. Ce roi, c’est Dieu le père ; son fils, c’est Dieu le Fils, Notre Seigneur Jésus-Christ ; et le mariage de celui-ci, c’est le mystère de l’Incarnation, c’est Dieu le Fils qui épouse la nature humaine de telle sorte qu’il est en même temps vrai Dieu et vrai homme.

Le roi organisa un festin et dit aux invités : « Voici, j’ai préparé mon festin ; on a tué mes bœufs et mes bêtes engraissés, tout est prêt. » (Mt 22,4) Ce festin, c’est le mystère de la Rédemption, en lequel Notre Seigneur Jésus a été immolé sur la Croix pour expier nos péchés. Ce festin, c’est Notre Seigneur Jésus qui nous nourrit spirituellement de Son Corps et de Son Sang dans la Sainte Eucharistie et de toutes sortes de bienfaits. Ce festin, c’est la vie et le bonheur éternels que Dieu nous a préparé par Notre Seigneur Jésus.

Le roi envoya ses serviteurs avec ces mots : « Allez donc dans les carrefours, et tous ceux que vous trouverez, invitez-les aux noces. » (Mt 22,9) Dieu invite tout le monde à la vie éternelle : les gens de tout lieu, de tout temps et de toute nation. C’est ce que signifient les carrefours, mais notez que l’invitation du roi est transmise par l’intermédiaire des serviteurs. Dieu a établi cette loi de charité que le salut des uns passe par la prédication et le travail apostolique des autres. Notre seigneur a dit à ses apôtres le jour de l’Ascension : « Allez par tout le monde et prêchez l’Évangile à toute créature. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui ne croira pas sera condamné. » (Mc 16,16-15) Si les serviteurs de la parabole n’étaient pas sortis pour aller aux carrefours, pour aller à la rencontre des gens pour les inviter aux noces du roi, la salle du festin n’aurait pas été remplie. Il en va de même pour nous catholiques, serviteurs de Dieu, le Roi des Rois : si par respect humain, par paresse ou par négligence nous ne faisons pas l’effort de parler de Notre Seigneur Jésus aux gens que nous rencontrons, chaque fois que nous en avons l’occasion, des âmes iront en enfer et ce sera de notre faute ! d’où l’importance pour nous tous d’avoir un esprit missionnaire, c’est-à-dire d’avoir le souci d’amener les âmes à la connaissance et à l’amour de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Sainte Thérèse de Lisieux, patronne des missions

Je profiterai de ce sermon pour vous parler de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, qui gagna tant d’âmes à Notre Seigneur qu’elle mérita de devenir la sainte patronne des missions. Les anecdotes suivantes ont été rapportées par sa sœur Céline.

D’abord en juin 1896, Céline photographiait Thérèse pour donner son portrait à leur mère prieure. Thérèse voulait alors être prise en photo d’une manière bien précise, tenant à la main un rouleau sur lequel elle avait écrit ces paroles de sainte Thérèse d’Avila : « Je donnerais mille vies pour sauver une seule âme ». Ainsi, sainte Thérèse nous rappelle qu’il n’y a rien de plus important que de sauver notre âme et celle des autres ! Pour cela, nous devons être prêts à tous les efforts, à toutes les privations et à toutes les souffrances !

Voici une deuxième anecdote. Lors de son voyage à Rome, Thérèse n’avait encore que 14 ans. Ayant parcouru quelques pages d’annales de religieuses missionnaires, elle interrompit bientôt sa lecture et dit à sa sœur Céline : « Je ne veux pas en lire plus, j’ai déjà un désir si violent d’être missionnaire ! Que serait-ce si je vivais ma Foi par le tableau de cet apostolat ? Je veux être carmélite. » Elle s’expliqua ensuite sur le pourquoi de cette détermination : c’était pour souffrir davantage dans la monotonie d’une vie austère et, par là, sauver plus d’âmes. Sainte Thérèse nous rappelle que c’est la grâce de Dieu qui convertit les saints. Notre rôle principal, c’est d’obtenir cette grâce de Dieu par notre vie d’amitié profonde avec Lui. Plus notre amour de Dieu est fort et sincère, plus notre prière est efficace ; plus nous nous donnons à Dieu, plus Dieu nous donne. Une vie d’amitié intense avec Dieu peut très bien se trouver sous une vie d’apparence monotone,  simple et ordinaire.

Voici une troisième anecdote. Thérèse a raconté dans son Histoire d’une âme la ténacité de ses prières pour le malheureux assassin Henri Pranzini et son émotion quand elle se vit exaucé par le subit retour à Dieu du condamné au pied de l’échafaud. Céline rapporte à ce propos : « C’est à moi qu’elle avait remis en rougissant la pièce de monnaie destinée à faire célébrer une messe pour cette conversion. Sa timidité l’empêchait de la demander elle-même à son confesseur. » Sainte Thérèse nous rappelle ici que la source de toutes les grâces, c’est le sacrifice de Notre Seigneur sur la Croix, qui est chaque fois renouvelé à la messe. Travailler pour la conversion des hommes, c’est donc aussi offrir des messes pour cette intention particulière.

Voici une quatrième anecdote. Céline écrit : « Au carmel, le sel missionnaire de Thérèse ne cessa de s’accroître et de se manifester en toute rencontre. Je l’ai vue, après le départ d’un ouvrier éloigné de Dieu qui devait revenir dans la journée travailler au monastère, je l’ai vue cacher furtivement une médaille de saint Benoît dans la doublure de sa veste de travail. » Sainte Thérèse nous rappelle d’utiliser les sacramentaux de l’Église pour la conversion des pécheurs, par exemple par la distribution de médailles miraculeuses. La Sainte Vierge a montré clairement comment elle exerce son influence maternelle, particulièrement sur les personnes qui portent sa médaille.

Voici une cinquième anecdote. Je cite Céline : « Dans un moment de cruelles souffrances, alors que la tuberculose gagnait en entier son organisme et que nous implorions le Ciel avec larmes, Thérèse disait : Je demande au Bon Dieu que toutes les prières faites pour moi ne servent pas à alléger mes souffrances mais à sauver les pêcheurs et je l’entends encore affirmer : Non, je n’aurais jamais cru qu’on pouvait tant souffrir, jamais, jamais. Je ne puis m’expliquer cela que par les désirs ardents que j’ai eus de sauver des âmes. » Ce fut l’une de ses dernières paroles. Thérèse nous rappelle que Notre Seigneur Jésus nous a rachetés par les souffrances de la Passion ; nous travaillons donc aussi au salut des âmes par la souffrance, c’est-à-dire en acceptant sans révolte les souffrances que Dieu nous envoie et en les unissant à celles de Notre Seigneur et de la Très Sainte Vierge Marie.

Je finirai ce sermon par une dernière anecdote rapportée par Céline : « Bien des fois, et sous des formes très variées, Thérèse promit de faire tomber une pluie de roses et exprima son désir et son assurance de faire du bien après sa mort en priant pour l’Église et en continuant sa mission de choix auprès des prêtres. Je l’entendis surtout expliquer, décrire quel serait ce bien, par quel moyen elle appellerait les âme à Dieu en leur enseignant sa voie de confiance et de total abandon. Répondant à l’une de ses réflexions, je lui disais : alors, vous croyez que vous sauverez plus d’âmes au Ciel ? « Oui, je le crois, me répondit-elle. La preuve, c’est que le Bon Dieu me laisse mourir alors que je désire tant Lui sauver des âmes. »

Conclusion

À l’aube de cette nouvelle année, tournons-nous vers sainte Thérèse avec confiance, demandons-lui de saints prêtres et de saint missionnaires. Demandons-lui de répandre une pluie de grâce de conversion sur nos proches, nos amis et nos connaissances qui vivent dans le péché. Demandons lui aussi la conversion de beaucoup de gens à la Foi catholique.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

Un prêtre missionnaire au Japon

 

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