Societé

Déroger au XXIe siècle, par Paul-Raymond du Lac

Jean-François de Troy, Le Déjeuner d'huîtres, 1735
Jean-François de Troy, Le Déjeuner d’huîtres, 1735

Nous allons parler d’un cas de conscience qui paraîtra peut-être original à certains, ou en tout cas peu courant aux temps de la révolution égalitaire qui nie les réalités lignagères et les longues traditions et mémoires.

On sait pourtant que la présence nobiliaire en France est restée importante jusqu’à peu, et reste encore aujourd’hui remarquable dans certains milieux. Culture, armée, diplomatie, patrimoine, et certains ancrages politiques locaux comme en Bretagne ou Vendée, c’est (normalement) connu.

Bref, la question de la dérogeance se posait encore il y a peu, comme en témoigne cet intéressant film Un drôle de paroissien avec Bourvil, qui raconte cette histoire d’un fils de famille noble dont le père lui interdit de travailler pour gagner de l’argent.  C’est certainement exagéré, mais cela témoigne de tout un univers.

Et la question peut se poser concrètement à des jeunes contemporains, dans un monde plus que post-révolutionnaire, du tout économie, et du tout entreprise.

Il faut évidemment faire attention, mais disons que Louis XI, dans un édit de 1462, autorise les nobles d’user de  marchandise sans préjudice de leur nom et de leur état :

« En 1462, rapporte le chroniqueur Chastellain, « fut dit que le roy fist annoblir par écuyée tous ceux qui voudroient marchander en son royaume, et leur accorda privilège de noble homm, et pareillement octroya et donna grâce à tous nobles de user de marchandise, sans préjudice de leur nom et de leur estât » »¹

D’aucuns diront que cela marque une certaine décadence annonçant la modernité, mais ce précédent existe, et comme dit saint François de Sales, tant qu’on « use des choses de ce monde sans jouir » pour Dieu, pour le Roi, pour l’honneur de son nom, alors il n’y a pas de mal !

Pour Dieu, pour le Roi, pour la France,

Paul-Raymond du Lac

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.