Social et économie

Sermon sur la famille et les rôles respectifs du mari et de la femme

Nous célébrons aujourd’hui la Sainte Famille. Les Papes Léon XIII et Benoît XV ont établi cette fête afin de souligner l’importance de protéger la structure familiale et de sanctifier les familles sur le modèle de la Sainte Famille, Jésus, Marie et Joseph. Une famille se fonde par l’union d’un homme et d’une femme par le contrat de mariage, elle s’élargit par la venue des enfants. Le premier facteur de la paix, du bonheur, et de la sanctification d’une famille, c’est que chacun des époux fondateurs remplissent de leur mieux le rôle qui leur échoit. Je vous rappellerai aujourd’hui les rôles respectifs du mari et de son épouse dans la famille.

Le rôle de l’époux dans la famille

Selon le plan de Dieu, le mari est le chef de la famille. St Paul le rappelle aux Éphésiens : « Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur; car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l’Église, qui est son corps, et dont il est le Sauveur. » (Eph 5 ;22). Parce que le mari est établi chef de la famille, c’est à Lui principalement que Dieu donne la mission de veiller à la vie physique et spirituelle des membres de la famille. Pour qu’il puisse remplir sa mission, Dieu lui délègue une autorité sur sa femme et ses enfants. Voyons maintenant quels sont les devoirs qui incombent au mari en raison de sa mission.

Le premier de ses devoirs, c’est de subvenir aux besoins matériels de sa femme et de ses enfants : nourriture, vêtement, logement. Par quel moyen ? par son travail. Le Pape Pie XII rappelait aux jeunes mariés : « Par son travail le mari doit procurer aux siens un gîte et une nourriture quotidienne, leur assurer la subsistance et les vêtements convenables. Sous la protection qu’offrent et donnent à la famille la prévoyance et l’activité de l’homme, il faut qu’elle puisse se sentir heureuse et tranquille ». Le travail du mari est d’abord au service de sa famille. Autrement dit, le mari doit faire les choix professionnels qui assure le mieux la stabilité et la sécurité de sa famille. Le Pape Pie XII disait : « Il y a des limites déterminées que l’homme marié n’a pas le droit de franchir, des limites tracées par l’obligation qui lui incombe de ne pas mettre en danger sans motif très grave la subsistance assurée, tranquille et nécessaire de son épouse et de ses enfants actuels ou à venir. »

Le deuxième devoir du mari, c’est de gouverner sa famille. Il est comme le pilote qui tient le gouvernail d’un bateau dans lequel se trouvent sa femme et ses enfants. Bien gouverner consiste à définir les bons objectifs, à choisir les bons moyens pour atteindre ces objectifs et enfin mettre en œuvre ces moyens de façon ordonnée et efficace. Le mari a le devoir de gouverner sa famille. Il lui revient donc de fixer en accord avec son épouse les objectifs familiaux, de choisir les moyens appropriés et de veiller à la mise en œuvre de ces moyens. Ces objectifs familiaux concernent par exemple la procréation, l’éducation et la scolarité des enfants, le logement, les activités familiales et sociales diverses. Mais pardessus tout, le mari doit gouverner sa famille vers son bonheur éternel, c’est-à-dire vers l’amour de Dieu. Toutes les activités familiales n’ont aucun sens si elles ne sont pas orientées vers Dieu. L’objectif suprême du mari est de guider tout son petit monde au Ciel pour autant que cela dépend de lui. Le mari donc veille à ce que les Commandements de Dieu et de l’Église soient respectés dans sa maison, que sa femme et ses enfants reçoivent les Sacrements, que les enfants apprennent le catéchisme. Il conduit la prière familiale du soir. En tout, il guide sa famille d’abord par son bon exemple. Il écarte fermement de chez lui tout ce qui met en danger le salut éternel de sa famille.

Le troisième devoir du mari, c’est d’aimer sa femme. Saint Paul dit : « Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aussi aimé son Église et s’est donné pour elle afin de la sanctifier » (Eph 5 ;24). Mais pourquoi une telle recommandation ? Est-il difficile pour un mari d’aimer son épouse ?… Le Pape Pie XII explique : « Dans l’homme, la force du chef ne doit pas se séparer de la tendresse à l’égard de celle qui, plus faible que lui, s’appuie sur lui. » L’épouse a besoin de sentir l’amour de son mari, et donc le mari doit se rappeler de manifester extérieurement sa tendresse. Comment ? Par les marques d’estime, de respect, de reconnaissance, d’affection conjugale, et aussi par l’entraide dans les tâches ménagères et l’éducation des enfants. Comme le Christ est mort pour l’amour de son Église, ainsi le mari doit être prêt au sacrifice suprême pour sauver sa femme et ses enfants si nécessaire.

Le rôle de l’épouse dans la famille

Parlons maintenant du rôle de l’épouse dans la famille. La femme a des qualités, des inclinations et des dispositions naturelles propres, différentes de celles de l’homme. Pourquoi ? Parce que Dieu l’ordonne à une mission essentielle et propre, différente de celle de l’homme. Cette mission, c’est la maternité. De par son organisme physique, ses qualités spirituelles, surtout de générosité, sensibilité, tact, délicatesse et perspicacité, la femme est orientée par Dieu à la maternité physique ou spirituelle. Veuillez noter en passant que sont appelées à la maternité spirituelle non seulement les religieuses mais aussi les femmes non-mariées qui vivent dans le monde.

La maternité d’une épouse se développe et s’exerce au sein du foyer familial. Donc le premier devoir d’une épouse consiste logiquement dans la bonne tenue du foyer familial. Elle est « la Maîtresse de maison », responsable de l’intérieur familial, de son bien-être matériel et spirituel, de son atmosphère de paix et d’amour entre les membres de la famille. En tout cela, l’épouse est irremplaçable. Dieu dans la Bible dit ceci : « Comme le soleil se lève au plus haut des cieux ainsi la beauté d’une femme vertueuse est la parure de la maison” (Eccli 26 ;21). Et le Pape Pie XII commente ainsi ces paroles : « Oui, l’épouse, la mère est le soleil de la famille. Elle en est le soleil par sa générosité et son dévouement, par son aide infatigable et sa vigilante et prévoyante délicatesse à procurer tout ce qui peut égayer la vie de son mari et de ses enfants : elle répand autour d’elle lumière et chaleur. »

Le deuxième devoir d’une épouse, c’est la soumission confiante et affectueuse à son mari. Nous avons déjà dit que Dieu a établi le mari comme chef de la famille. L’épouse lui est donc soumise, mais soumise en tant qu’associée. D’un côté l’autorité du mari est tempérée par la confiance et le dévouement absolus envers sa femme, et de l’autre côté la soumission de l’épouse est ennoblie par une tendresse et fidélité sans réserve envers son mari. De par la complémentarité de leur nature, les deux conjoints peuvent s’aider mutuellement. L’épouse a pour mission d’assister son mari. Comme une infirmière vis-à-vis du chirurgien, elle a un rôle à la fois subordonné et complémentaire. Son aide sera souvent spirituelle, psychologique et affective. Il ne s’agit donc pas pour l’épouse de devenir l’esclave de son mari ou la « bonne à tout faire » de la maison.

Le troisième devoir d’une épouse, c’est son rôle essentiel et irremplaçable d’éducation des enfants, surtout dans les premières années. Je cite le Pape Pie XII. « À la femme, Dieu a réservé la première éducation des enfants, pour qui les meilleurs soins de personnes étrangères ne vaudront jamais les affectueuses sollicitudes de l’amour maternel » (Allocution du 10 septembre 1941). Donc, chers parents, ne faites pas l’erreur de confier vos enfants à des crèches et ne permettez pas au gouvernement de prendre vos très jeunes enfants dans des institutions scolaires. Par ailleurs, le Pape Pie XII rappelait le rôle tout particulier de la maman dans l’éducation religieuse de ses enfants : « La mère est la première éducatrice qui montre le Ciel à ses enfants, qui apprend à ses fils et filles à s’agenouiller au pied de l’autel, et qui parfois leur inspire les pensées et les désirs les plus sublimes. » (Allocution du 20 août 1941).

Conclusion

Chers fidèles, il n’y a pas de bonheur sans paix. Et la paix, c’est la tranquillité de l’ordre. Quand chacun des époux assume avec générosité ses responsabilités propres, alors l’ordre règne dans la famille, alors il y a la paix, alors l’amour mutuel et un vrai bonheur peuvent s’épanouir. Les sacrifices et les efforts communs des époux pour assumer leurs responsabilités, loin d’être un obstacle à cet amour et ce bonheur, les renforcent au contraire au fil des années.

Que la Sainte Famille bénisse nos familles. Que St Joseph soit le modèle des époux, Notre-Dame le modèle des épouses, et l’Enfant-Jésus le modèle des enfants. Amen.

Un prêtre missionnaire au Japon

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