Politique

Pour un véritable enseignement catholique : de l’incompatibilité de la vraie foi avec l’École de la République, par Augustin Marie Bréchard. Partie 3 : Un combat nécessaire

Dans cette troisième et dernière partie, nous tâcherons d’apporter quelques pistes pour combattre les maux que nous venons de décrire, et surtout pour rester en cohésion avec la doctrine de l’Église catholique. Dans cette optique, il est évident qu’on ne saurait recommander aux familles catholiques la scolarisation des enfants dans une école publique. Cependant, il est vrai que de multiples raisons pourraient mener à une telle décision (financières, géographiques, etc.). Dans le cas où les enfants d’une famille catholique seraient scolarisés dans un établissement public, ou dans un établissement privé qui n’assurerait pas sa mission, ce serait à la famille d’assurer une éducation catholique solide en parallèle, avec par exemple l’aide de la paroisse. Il est important que tous les catholiques, de tous âges, prennent conscience que l’École de la République est un milieu profondément hostile et dangereux pour la vraie Foi. Elle assèche les vertus, enterre les engouements missionnaires sous une chape de silence et pervertit les enseignements de la Foi par l’enseignement du mensonge et par sa relégation au rang d’opinion.

Sachant cela, nous ne saurons trop recommander la scolarisation des élèves dans des établissements privés qui assurent un enseignement catholique solide et infusant la totalité de l’enseignement qui y est prodigué. Il est hélas vrai que beaucoup sont déjà pervertis par la République, notamment par des contrats d’éducation où l’on échange l’enseignement de la Vérité contre des aides financières de l’État. On y accepte les programmes d’État, dont ceux que nous avons décrit précédemment, contre de l’argent. Il existe néanmoins une grande pluralité dans les établissements privés sous-contrat, et l’on voit souvent au premier coup d’œil s’ils assument ou non la doctrine de l’Église. Cela demande aux parents un discernement précis. La situation est la même, quoique moins flagrante, dans les établissements catholiques hors-contrat. Ceux-ci sont souvent des oasis de chrétienté, dirigés par des communautés ex-Ecclesia Dei ou par la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X, proposant un enseignement traditionnel dans lequel la priorité est la doctrine, la foi et la pratique catholique, souvent doublée de l’excellence académique. Cependant, il est évident que quelle que soit l’école où nos enfants sont scolarisés, il est nécessaire qu’ils aient accès à un catéchisme solide. Rien n’est plus important que la mise en contact des enfants avec la pratique catholique, via la Sainte Messe, l’adoration, que certaines paroisses proposent, puis la confession et la communion régulière.

L’arme la plus importante dans ce combat pour un véritable enseignement catholique est la cohérence. Les familles catholiques doivent s’arracher aux confortables turpitudes par lesquelles elles se sont laissées endormir, souvent à cause d’un embourgeoisement doublé d’indifférence. Toutes les classes sociales devraient être concernées par le salut de leurs enfants. Or, la classe bourgeoise place souvent ses enfants dans les établissements privés où l’on se garde bien d’enseigner la doctrine sociale de l’Église1, et la classe ouvrière, quand elle est catholique, n’a souvent pas les moyens d’offrir un bon enseignement catholique à ses enfants et a souvent rejeté les dogmes catholiques par relativisme ou libéralisme. Ainsi, la meilleure arme contre la chape de silence que veut nous imposer la République est justement cette mission en laquelle nous sommes envoyés à chaque fin de messe. 

Même dans un établissement hostile à la vraie foi, jamais un catholique ne devrait faire de compromis. Jamais un catholique ne devrait renier sa foi parce que la République le lui demande. C’est un combat, peut-être aussi féroce que celui des martyrs aux lions, des Vendéens, ou des prêtres réfractaires. C’est le même combat que celui que le Christ mène contre le monde pécheur. Ce n’est pas la lame qui nous attend, mais l’opprobre, la persécution continue, l’épuisement. C’est une croix nouvelle que ce défi immense de remédier à la crise du catéchisme dont notre génération a hérité. Que nous soyons élèves, professeurs, enseignants, parents, grands-parents, ou simples catholiques, rappelons-nous toujours la prière universelle du pape Clément XI :

« Je Vous consacre, mon Dieu, toutes mes pensées, mes paroles, mes actions, mes souffrances, afin que désormais je ne pense qu’à Vous, je ne parle que de Vous, je n’agisse que selon Vous et je ne souffre que pour Vous. »

Augustin Marie Bréchard


1 Romain Imbach et Manon Romain, « Mixité scolaire : des écarts socio-économiques parfois immenses entre des collèges voisins », Le Monde, 13 avril 2023 : « Les collèges où la population est très favorisée et homogène sont, sans surprise, essentiellement des établissements privés : 7 % des collèges privés (120 sur 1 683) ont un IPS supérieur à 140 (largement au-dessus de la moyenne nationale de 103). »

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