Message aux survivantistes et aux providentialistes, par Paul de Beaulias

Il ne s’agit pas de faire ici une conférence érudite pour démontrer l’invraisemblabilité de la survivance du petit roi martyr Louis XVII, mais simplement de revenir sur une bonne et vive discussion que j’ai eue il y a quelques jours avec un catholique fervent que je venais de rencontrer.

Au début, la discussion fut difficile, bien que cordiale. Mon interlocuteur me parlait de prophéties sur le grand monarque et tendait à réduire la fidélité dû à Louis XX, objectivement désigné roi de France par les lois fondamentales du royaume de France, à une simple opinion. Je lui expliquai que non, justement, notre fidélité au roi Louis XX repose sur une réalité : il est le Roi de jure, de façon très claire, et l’aîné des Bourbons. Il est ainsi, qu’on le veuille ou non, qu’il nous plaise ou non, le Roi de France. C’est une réalité juridique et biologique, les conditions d’un mariage catholique et de la succession d’aîné en aîné étant pleinement remplies.

Je lui dit aussi que je nie pas spécialement les prophéties du grand monarque — qui demeurent néanmoins des prophéties privés, ne relevant donc point de la foi —, mais qu’il ne faut pas trop user de ces prophéties, sous peine de tomber dans un protestantisme voilé : nous aurions la « liberté de choix du roi », voire une présomption sur les plans de Dieu, puisqu’il faudrait décréter que tel ou tel Roi reste caché — ce qui nous pousserait, en outre, à attendre que cela se passe, sans agir.

Je lui rétorquai aussi que ce principe de Roi caché, bien arrangeant, mais bien spécieux, empêche en pratique tout véritable royalisme, car un royalisme sans roi n’existe pas. Il faut une incarnation pour pouvoir être fidèle et servir, quelque soit le Roi que les lois fondamentales nous donnent.

Enfin, je lui donnai un argument massue : quand bien même les rêveries survivantistes seraient vraies, contre tout bon sens, contre toute logique et contre toute vraisemblance historique — il faut noter que les mythes survivantistes ont été nombreuses dans l’histoire : dans la France du XIVe siècle, le marchand siennois Giannino Baglionile se faisait déjà passer pour le roi Jean le Posthume, mort à 5 jours ; au XVIe siècle, la mort au combat du roi du Portugal Sébastien Ier donnait naissance à des mythes messianistes annonçant le retour du roi disparu, ; au XIXe siècle, l’assassinat des membres de la famille impériale russe entraînait encore ce genre de légendes et rumeurs, notamment autour d’Anastasia, etc.) : bref, à chaque fois qu’un roi ou un prince meurt de façon prématurée et apparemment injuste, une partie de ses fidèles et sujets ne peut l’accepter et tombe dans l’espérance survivantiste —, il faudrait quand même être légitimiste. Pourquoi ? Car tant que Dieu ne donne pas de signe clair sur le « grand monarque », nous n’avons pas à chercher plus que ce que nous pouvons savoir. Dans le cas très hypothétique où, aux yeux de Dieu, Louis XX ne serait pas le Roi légitime, nous le saurions en temps voulu, et celui-ci serait sans doute le premier à le reconnaître !

En attendant, Louis XX est clairement le Roi de France, car les lois fondamentales, constitution coutumière donnée par la Providence divine, le définissent tout à fait clairement comme tel, comme un cadeau fait à la France, dans la punition pénitentielle que Dieu nous donne dans sa justice pour toutes nos infidélités et nos vices depuis deux siècles.

Si vous voulez faire la volonté de Dieu, cela tombe bien, il Lui faut des instruments ! Or, en France, se faire l’instrument de Dieu en politique, c’est reconnaître et agir fidèlement et avec force pour le Roi incarné que Dieu nous donne et qu’Il a élu en Sa Sainte Sagesse : notre roi Louis XX.

Être légitimiste n’est donc pas un choix, c’est une obligation morale !

Paul de Beaulias

Pour Dieu, pour la France, pour le Roi !

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