Le retour au paganisme barbare dans les relations internationales, par Antoine Michel
Nous parlons des relations internationales, mais disons plutôt dans les rapports de force internationaux.
La Chrétienté avait institué un monde de relations internationales centré sur le bien
commun, la justice et la charité, avec en particulier la « guerre juste », qui rend la
guerre légitime en dernier recours, pour une cause juste, par une autorité légitime
et avec une paix juste et non vexatoire pour le perdant. Il y avait aussi la « chevalerie »
chrétienne qui vise à imbiber le combat concret du champ de bataille des principes
chrétiens, à instituer un honneur bien ordonné et réel, qui s’occupe d’abord de la
veuve et de l’orphelin, de la protection de l’Eglise, et surtout de la gloire de Dieu. On
en finit avec la volonté de puissance que servaient les honneurs antiques et païens
qui sont plus un compromis nécessaires entre puissants pour mieux contrôler les
faibles. Tout cela aboutit aux règles de la guerre, fondées sur les principes
chrétiens, interdisant les représailles aveugles, les massacres de population, et
assurent le droit des captifs.
Ce ne sont que quelques exemples qui permettront de mieux faire ressortir avec le
contraste avec la situation présente.
Prenons un exemple récent : Donald Trump, pendant le mondial de foot, explique sans
tiquer, après la mort de quelques soldats américains en Jordanie, que l’Iran « paiera
plusieurs fois » le prix pour chaque soldat tué 1 . En clair, qu’il y aura des représailles,
et que ce sera par des vies iraniennes prises (civiles même, certainement via des
bombardements aveugles).
Dans la religion de l’ancienne Alliance, Dieu avait adouci les mœurs barbares préchrétiennes en instituant la loi du talion,
« œil pour œil, dent pour dent »2 . Cette loi était un grand progrès comparé à la
situation précédente qui supposait la vendetta et la destruction de l’ennemi (tu me
prends un œil, je te crève les deux yeux, au minimum). La loi du talion est au moins
une stricte justice, qui ne connaît encore ni miséricorde ni charité, mais qui cesse la
vengeance exponentielle des temps précédents.
Puis, avec la venue de Notre Seigneur Jésus-Christ, la doctrine alla plus loin : finie la vengeance institutionnelle (et donc a fortiori privée). Sans nier la justice, Jésus insiste sur le pardon, et sur ce qui donnera la « présomption
d’innocence ». Il s’agit non plus d’écraser l’ennemi mais de trouver une paix juste
pour mieux protéger le bien commun et permettre la conversion de tous.
On épargne des vies, on évite la réplique, l’agression aveugle.
Pour revenir à Donald Trump : nous sommes revenus au temps d’avant le Talion…
Oui, nous vivons en 2026 dans des temps barbares, il n’y a aucun doute sur cela.
Pour Dieu, pour le Roi, pour la France
Antoine Michel
1 Conflit au Moyen-Orient | Trump prévient que l’Iran paiera pour la mort de soldats américains
2 Lévitique 24, « Celui qui frappe un homme mortellement sera mis à mort. Celui qui frappe
mortellement une tête de bétail en donnera une autre : vie pour vie. Si quelqu’un fait une blessure à
son prochain, on lui fera comme il a fait : fracture pour fracture, œil pour œil, dent pour dent ; on lui
fera la même blessure qu’il a faite à son prochain. Celui qui aura tué une pièce de bétail en rendra
une autre ; mais celui qui aura tué un homme sera mis à mort. La même loi régnera parmi vous, pour
l’étranger comme pour l’indigène ; car je suis Yahweh, votre Dieu ». Trad du Chanoine Crampon
