La souffrance des saints
Imaginez que ce que vous aimiez le plus, ce qui représente tout votre bonheur vous provoque en même temps physiquement et moralement un dégoût sensible et psychologique complet. Quelle souffrance d’être avec l’être aimé, de l’aimer de tout son cœur, mais de ressentir un sentiment de dégoût complet.
Vous me direz que ce n’est pas possible, et pourtant cela l’est. Tous les grands saints évoquent ces moments d’aridité dans la prière ou dans la communion, ces moments de désolation comme on dit, qui sont de grandes épreuves, d’autant plus grandes qu’elles n’existent que par l’être aimé. Cette épreuve envoyée par Dieu est une façon de rendre plus méritoire encore l’amour porté à Dieu pour lui-même, et non pour ses grâces, pour ses consolations, ou par simple devoir de l’homme sage qui sait bien qu’il doit tout à Dieu, son être, son existence, tout. Cela ne suffit pas, il doit aller plus loin.
Je connais quelqu’un qui n’est pas du tout saint, mais qui essaie d’aimer Jésus, qui a vécu cette expérience d’une façon encore tout à fait légère. Il devait recevoir les sacrements de prêtres qui l’avaient traité de diable et considéré comme ennemi. Chaque messe était un combat pour ne pas être envahi par les mauvaises pensées, chaque confession, une torture de se dévoiler devant ces prêtres…mais il n’y avait pas d’autres solutions.
Cette épreuve fut là comme pour apprendre à aimer plus purement Dieu dans l’Hostie, et l’Eglise au-delà de ses instruments, parfois très mauvais.
Que la Volonté de Dieu soit faite, pas la nôtre !
Et on continue,
Pour Dieu, pour le Roi, pour la France,
Paul de Beaulias
