Je veux mourir dans la douleur

J’entends déjà les cris d’orfraie des harpies modernistes qui font du soulagement de la douleur le bien absolu. On croirait des bouddhistes nihilistes dont le rêve est l’anéantissement…

Notre temps a inversé complétement le rapport à la douleur et à la souffrance. Le temps a oublié Notre Seigneur Jésus-Christ ,qui n’a refusé aucune des douleurs, et les a toutes prises pour la mort sacrificielle la plus glorieuse de toute l’histoire – puisqu’elle a permis la rédemption universelle et l’ouverture des portes du royaume des cieux, le seul vrai royaume.

La douleur ou la souffrance, en soi, ne sont pas des maux. C’est l’inverse : en elles-mêmes, la douleur et la souffrance sont des capacités bonnes. Pourquoi ? Regardez au niveau corporel, celui qui ne sent aucune douleur est malade, et d’ailleurs il meurt souvent rapidement, c’est un syndrome bien connu. Pourquoi ? Car ne sentant aucune douleur, il ne se rend pas compte du mal qui l’atteint, et il aurait un bras coupé, il ne sentirait rien, et se viderait de son sang avant de pouvoir réagir.

La douleur est un don, qui permet de se rendre compte d’un mal qui nous atteint ou qui atteint les autres, pour le soigner et le guérir. Donc, ce n’est pas la douleur qui est mauvaise, c’est le mal lui-même. La douleur, elle, est bonne, car elle fait prendre conscience du mal. Et le fait que, en pratique, ressentir la douleur ne se produit que dans le cas où un mal nous atteint ne change rien à la donne.

D’ailleurs, nous savons bien que les maux ont une hiérarchie : certaines douleurs témoignent d’efforts qui ne sont pas des maux, mais des biens, pour le progrès du corps et de l’esprit. Tout sportif le sait, une courbature est un bon mal. Tout préparationnaire le sait. L’effort à l’étude paie.

Tout cela reste valable pour les souffrances morales et spirituelles, et même encore plus vrai : la souffrance morale est d’autant plus précieuse que le mal moral et spirituel sont dangereux puisqu’ils détruisent la vie de l’âme et invitent au vice.

Alors rien de plus déplorable que l’époque qui veut tout aseptiser et anesthésier.
En particulier dans les discours euthanasiques. Non, l’État aimerait bien que tous les morts du corona le soit en clinique, numérotés, aseptisés et anesthésiés, loin des familles, loin des foyers, loin des prêtres, pour éviter toute conversion, pour éviter toute mort héroïque, pour éviter toute mort paisible au sein de sa famille.

Alors, faisons nos testaments et n’allons pas aux cliniques ! Si nous mourrons, mourrons glorieusement, au sein de nos familles, dans la conversion et dans la douleur, douleur offerte pour notre salut et la conversion des âmes.

Sainte Thérèse de Lisieux n’aurait jamais accepté une anesthésie, cela aurait signifié autant de sacrifices en moins et d’âmes perdues. Alors, même si seul Dieu peut nous donner les grâces pour ce faire, du moins n’oublions pas qu’une bonne mort est une mort qui ne nous surprend pas, une qui nous trouve prêts à mourir, et que les douleurs sont une grâce donnée pour la conversion des pêcheurs – et que nous devons les accepter pour bénéficier de ces grâces et en faire bénéficier les autres âmes !

Pour Dieu, pour le Roi, pour la France,

Paul-Raymond du Lac

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