On ne naît pas chrétien, on le devient, par Antoine Michel

« On ne naît pas chrétien, on le devient. »
Cette phrase de saint Jérôme est terriblement vraie. Personne ne naît chrétien, et pas non plus les enfants qui naissent dans de bonnes familles catholiques, chérissant la tradition, et faisant le maximum pour transmettre la Foi. On naît avec le péché originel et sans le baptême, et dans de bonnes familles chrétiennes, le temps de devenir chrétien sera court, quelques heures, un jour, deux jours, ou plus.
Cet aphorisme signifie encore que le vieil homme de saint Paul est là de principe, qu’il nous colle à la peau, qu’il ne nous quitte véritablement jamais, et qu’il resurgit plus rapidement que nous pourrions le croire. Que le vieil homme en nous, le pécheur, ou encore le païen, bref, l’homme déchu, est la réalité banale de l’humanité, si banale que souvent les historiens et les commentateurs l’oublient, et l’occultent sans y faire attention (en fermant les yeux sur les aspects les plus désespérant de la nature humaine blessée) ou ne sont plus choquée par des choses qui choqueraient un chrétien, soit un homme restaurée par la grâce non à l’homme premier, car il reste blessé, mais à l’homme surnaturel et réordonné à Dieu.
Le monde païen sans Dieu, le monde moderne sans Dieu, le monde pécheur et désordonné sans Dieu est d’une tristesse aussi profonde qu’elle peut manifester une cruauté indicible…
Le monde chrétien du Moyen-âge n’est pas exclu de cet aphorisme de saint Jérôme : même un baptisé doit toujours devenir chrétien, et de plus en plus. Toutes les grandes vies de saint en témoignent : il y a souvent, pour ne pas dire toujours (ceux qui sont saints dès l’enfance n’ont pas pu vivre une conversion, mais l’histoire ne le retient pas, car comment savoir ce qui se passe dans l’âme d’un nouveau-né ou d’un jeune enfant, incapable à peu près de toute action extérieure, par lesquelles seules nous pouvons avoir des indices sur la vie intérieure ?), une conversion du saint vers Dieu qui le change, et le rend plus chrétien. Et la bataille de la perfection chrétienne n’est jamais terminé sur cette terre. Un Ignace de Loyola, un François d’Assise, un saint Martin, un saint Jérôme encore, sont de ces saints qui nous exposent par leur vie des conversions brutales qui les décident à changer de vie et devenir chrétien bien plus intégralement.
Alors, qui que nous sommes, devenant toujours plus chrétiens !
Pour Dieu, pour le Roi, pour la France
Antoine Michel
