La naissance à domicile

Le monde moderne, et spécifiquement le monde contemporain inverse tout dans ses principes, ses lois, son gouvernement. Seul « l’instinct de conservation », si on peut, permet encore à la société de ne pas complétement s’auto-détruire, en profitant du réflexe au niveau des particuliers de respecter la nature humaine, ou plutôt de ne pas la malmener outre-mesure au point de s’auto-détruire.

La société républicaine néanmoins s’auto-détruit, et avec la société française de toujours. La société républicaine est contre-nature et, malgré les mots, est en fait une anti-société méphistophélique (puisque ses principes nient la nature humaine, et la société naturelle à l’homme par l’individualisme et le libéralisme entre autres, mais est bien tout sauf républicaine, puisqu’elle nie la res publica, la chose publique et par extension le bien commun ; seule la monarchie, en France, est véritablement et foncièrement républicaine, naturelle et surnaturelle).

Prenons un exemple : la naissance. Tout est à l’envers, terriblement à l’envers, pour le malheur de l’humanité. Il faut citer d’abord les assassinats massifs des enfants non-nés, sans compter tous les cobayes congelés pour leur perte – au nom de la science ! Pauvre science détachée de la Foi qui se fait manipuler par les illuminés et perd toute raison … – horrible carnage naturel et surnaturel, qui envoie des cohortes d’âmes innocentes en enfer (carnage surnaturel), sans qu’elles aient la chance même de se sauver et qui détruit littéralement nos sociétés par la baisse démographique et le démembrement de la société (les assassinats n’aident pas à avoir des relations aimables dans les familles et les communautés) sans compter le carnage spirituel sur les vivants, dont les actes contre-nature, conscients ou non, assumés ou non ont toujours des conséquences graves et profondes (carnage naturel).

Ce triste constat du retour aux sacrifices massifs de bébés, comme il n’en a jamais existé chez les païens – fallait-il être apostat pour inventer le sacrifice humain massif des bébés ? -, offerts sur les autels de la jouissance morbide et le confort médiocre des vivants pour une illusoire poursuite d’un bonheur terrestre bien triste et bien pauvre – souvent animal d’ailleurs, et si moindre que les tout aussi vains tant que la grâce ne vient pas réparer le péché originel, mais du moins hauts idéals antiques de ka recherche terrestre du bien, du beau et du vrai -, ce triste constat, disions-nous, est le plus terrible, et, pire que tout, malheureusement le plus invisible pour trop de nos contemporains…

Nous pouvons néanmoins retrouver cette contre-nature sur des détails bien visibles en ce qui concerne la naissance de nos enfants. L’obsession féministe de ne pas vouloir allaiter, alors qu’il est évident – utilisé ici au sens d’Aristote, soit qu’il suffit de se déciller les yeux et de regarder la réalité en face – que le lait maternel, fait spécifiquement pour l’enfants portés, ne peut qu’être bien plus excellent que tout lait chimique, forcément plus pauvres, et jamais à l’abri d’erreurs humaines. Sans compter que toute femme qui a allaité sait dans son corps que l’allaitement naturel est nécessaire tant pour le bébé que pour elle : remise en place de l’utérus grâce aux tétés, renforcement du système immunitaire de l’enfant, création du lien mère-enfant hors-ventre – ne nous étonnons pas que le « baby blues » devienne un problème, à force de jouer contre la nature, la nature se venge. Ou encore de la diabolique péridural utilisé de façon systématique et sans plus aucun soucis thérapeutique pour de véritables urgences – ici au Japon, elle n’est pas répandue, chère et vue comme. Redisons-le, le problème n’est la péridural, outil thérapeutique qui peut sauver des vies dans certains cas d’urgence, mais d’utiliser cet outil systématiquement pour aller contre la nature – « tu enfanteras dans la douleur » -, ce qui a toujours des conséquences corporelles et spirituelles, mais ce serait le sujet d’un autre article.

Allons encore plus loin : l’accouchement systématique à l’hôpital est une folie démentielle. Comprenez bien, il ne s’agit pas de dire que l’accouchement à l’hôpital est mauvais en soi, mais le fait que ce soit systématique et obligé – car, en France, il est juste impossible d’accoucher à la maison sans prendre de gros risques, du fait de la perte de savoir des sage-femmes, et de l’hostilité de tout le système qui refuse l’accouchement à domicile – assurances, hôpitaux, docteurs.

Le drame dans cette systématisation, qui se retrouve d’ailleurs sous une autre forme avec la destruction de la famille via les avortements, la contraception, les divorces, le concubinage, la baisse et le retardement de la naissance des enfants, ce drame disions-nous c’est que plus personne n’a eu l’expérience de l’accouchement à domicile, aussi incroyable que cela puisse paraître, et donc plus personne n’ose parler, par manque d’expérience, de ce que l’on ne connaît plus.

Alors témoignons. Au Japon l’accouchement reste toujours possible. Certes en baisse comparé à il y a quelques décennies, mais possible, et, si ce n’est soutenu, du moins bien aidé par la société – qui voit toujours cela comme une chose au fond normal, et qui donne envie, un acte de courage – et encadré.

Et en y réfléchissant, l’accouchement à domicile au XXIe siècle devrait être facile, comme en témoigne le Japon : bon suivi à l’hôpital (au moindre problème ou inquiétude l’accouchement se fera évidemment à l’hôpital), sage-femmes au service de la famille. L’accouchement est un moment toujours particulier, spécifiquement chez l’homme, mais ce n’est pas une maladie et en grande majorité, guidé par une prudence sage, les choses se passent bien. Avec nos connaissances actuelles – en fait bien maigre, il suffit de voir un suivi de grossesse pour se rendre compte qu’on ne touche à rien et qu’on laisse faire, car on ne comprend rien, mais du moins elles suffisent à éviter des accidents plus fréquents autrefois -, les grandes causes de risque de morbidité sont décelées en amont de l’accouchement. Et donc il ne reste que la possibilité de l’accident pur, et rare qui ne justifie pas d’aller à l’hôpital quand on y réfléchit.

Quels sont les conséquences néfastes de l’accouchement systématique à l’hôpital ? Intrusion de l’état totalitaire, via la médecine, dans le moment le plus intime de la vie de famille : on arrache la mère et l’enfant à son foyer dès avant le premier jour de vie. Ce n’est pas les médecins qui sont au service de la vie, mais la mère et la famille qui sont forcées de se plier au rythme et aux manipulations imposés par les procédures de l’hôpital. La situation est démentielle en France, où il n’est même plus possible, substantiellement, d’accoucher sans péridural – proposer à une femme en travail, sans véritable soutien d’une sage-femme, d’enlever la douleur et elle dira toujours « oui », la naissance humaine demande un acte de volonté, spécifique à notre nature humaine – ; sans compter les difficultés d’allaitement, les vexations et douleurs inutiles, et sans même évoquer le risque des maladies nosocomiales, sur lesquels on aimerait avoir plus d’information.

Les effets bénéfiques de l’accouchement à domicile – nous parlons d’expérience. Nous restons maîtres chez nous, pas de médecins – qui ne sait gérer que l’urgence et soigne, ce qui est son rôle mais n’accompagne pas l’accouchement dans son développement naturel (ainsi, en accouchant systématiquement à l’hôpital, on fait de tout accouchement une urgence et on le traite comme si cela allait mal se passer, et on fait croire que si cela se passe bien c’est grâce à notre science, ce qui n’est jamais le cas). Et les sage-femmes sont au service de la famille, vous les introduisez chez vous, et elles se comportent comme des invités, étant deux pour s’occuper d’une mère, pas comme des gestionnaires de batteries de femelles accouchantes.

La famille est là, les crucifix et les objets bénis aussi. Les grands enfants s’adaptent tout de suite : ils s’endormes, pas de bébé, ils se réveillent, le bébé est là, et il se fond dans le rythme de la maison, quasiment pas chamboulés, ou si peu – sans comparaison avec l’hôpital.

Tout cela dans l’intimité de la famille, avec les visites des amis quand l’on veut, sans l’intrusion intempestive de tout un personnel n’importe quand et à tout heure, mais la visite des sage-femmes les jours suivants à heure convenue, toujours en invités.

La récupération bien plus rapide de la maman et de l’enfants, la fatigue évitée au reste de la famille, le confort psychologie et spirituel de tous.

Et n’oublions pas le fait d’être né chez soi. C’est d’une importance capitale, un de nos liens charnels que nous porterons à vie : naître dans le foyer. Avec un nom particulier, à un endroit particulier, pas dans ces environnements aseptisés sans histoire, sans âme. Et cette trace restera à vie, sur tous les papiers, et bien au-delà, dans le corps et l’âme. Et le rattachement à l’écrasante majorité de tous nos ancêtres nés chez eux – et quand ce n’étaient pas le cas, c’est qu’il y avait un problème en général…

Nous n’avons pas pu naître chez nous, mais du moins un de nos enfants est né chez lui, deo gratias.

Il n’est pas étonnant que cela horripile le moderne : la naissance à domicile fait prendre conscience de tout le mystère divin de la naissance de façon encore plus puissante, et place la famille dans son cadre naturel : le foyer, dont le père est le maître. L’hôpital systématique ressemble fort au premier pas de ravissement de l’enfant aux familles, dès la première seconde, sous couvert de prétextes humanitaires, prétextes fallacieux, comme le prouve le Japon. Bien utilisés, la médecine soutient la nature – comme au Japon, en réduisant les risques majeurs de l’accouchement, même à domicile – sans la nier, et sans nier le mystère qui entoure la naissance. Mal utilisée, elle fait le jeu de l’idéologie révolutionnaire.

Deo gratias donc pour cette possibilité qui nous a été offerte au Japon de respecter la nature si malmenée dès la naissance dans nos contrés dominés par la révolution.

Paul de Beaulias

Pour Dieu, pour le Roi, pour la France

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