Les enfants, miroirs des parents, par Paul-Raymond du Lac

Commençons par citer un morceau de sagesse immémoriale :

 

« Ecclésiaste 3, 1-13

01 Mes enfants, écoutez-moi, qui suis votre père, et agissez en conséquence, afin d’être sauvés.

02 Le Seigneur glorifie le père dans ses enfants, il renforce l’autorité de la mère sur ses fils.

03 Celui qui honore son père obtient le pardon de ses péchés,

04 Celui qui glorifie sa mère est comme celui qui amasse un trésor.

05 Celui qui honore son père aura de la joie dans ses enfants, au jour de sa prière il sera exaucé.

06 Celui qui glorifie son père verra de longs jours, celui qui obéit au Seigneur donne du réconfort à sa mère.

07 Celui qui craint le Seigneur honorera son père et servira ses parents comme des maîtres.

08 Honore ton père en acte et en parole, afin que sa bénédiction vienne sur toi.

09 Car la bénédiction d’un père affermit la maison de ses enfants, mais la malédiction d’une mère en sape les fondations.

10 Ne te glorifie pas en rabaissant ton père, car l’abaissement de ton père n’est pas une gloire pour toi.

11 La gloire d’un homme vient de la notoriété de son père, une mère méprisée fait la honte de ses enfants.

12 Mon fils, soutiens ton père dans sa vieillesse, ne le chagrine pas pendant sa vie.

13 Même si son esprit l’abandonne, sois indulgent, ne le méprise pas, toi qui es en pleine force. »

 

Nous avons ici l’application du quatrième commandement qui se résume par la formule « Honore ton père et ta mère » – mais qui contient bien plus, dont le devoir de piété par rapport à tous les ancêtres et à sa patrie.

Cette application évoque largement les conséquences naturelles et bonnes qu’apporte la piété filiale.

Ce morceau de droit naturel, une évidence dans les temps anciens à peu près sous tous les climats est aujourd’hui parfaitement oublié et nié institutionnellement, tant dans les injonctions des « autorités légales », que les lois et l’éducation : et comme l’Eglise ne fait plus son travail d’enseignement, l’application de la « haine filiale » et de la « dissension familiale comme principe », proposé en contre-point de la « piété filiale », se répand de plus en plus dans toute la société. Le résultat est navrant, et nous pourrions développer les conséquences négatives que Ben Sirac le sage ne fait qu’effleurer : dissolution des lignées, désordre chronique, conflits généralisés aux sphères les plus intimes, et qui déstabilisent aussi toute la société, explosion des familles, négligence de tous les devoirs fondamentaux des parents, des époux et des enfants qui ont pour conséquence les sévices sur les plus faibles (les enfants à naître, les enfants mal-éduqués dans les écoles, le gender et le laxisme ambiant, les vieux, les femmes – qui deviennent des jouets du plaisir jetés à la première occasion grâce au droit de répudiation institutionnalisé sous le nom de « divorce »).

 

Bref, remarquons que la sagesse immémoriale regardait en face la réalité, sans lubie égalitariste : le père et la mère n’ont pas la même place ni le même rôle.

« Car la bénédiction d’un père affermit la maison de ses enfants, mais la malédiction d’une mère en sape les fondations. »

 

Le Père, par ses bénédictions, affermit la maison de ses enfants : il est important que le père bénisse.

La mère, si elle maudit, détruit la maison de ses enfants.

En contre-point, cela signifie que la malédiction du père est moins dommageable que celle de la mère, et la bénédiction de la mère moins bénéfique – ou bien encore cette sagesse illustre une connaissance de la psychologie naturelle sexuée : le père veut bénir sa lignée, et il est porté naturellement à le faire, quand la mère, venant de l’extérieur de la maison, aurait plus facilement tendance à maudire, dans un contexte de la nature blessée.

 

L’important, néanmoins, consiste certainement dans le devoir des enfants : de ne pas se glorifier contre son père, de soutenir ses parents dans la vieillesse, d’être indulgent envers son père vieillissant.

 

Pour la jeune génération aujourd’hui, qui connaît ses devoirs, c’est certainement l’œuvre la plus importante et la plus difficile dans ce domaine de la piété filiale. Pourquoi est-ce difficile ? Car la génération d’après-guerre, les dits « boomers », puis les « soixante-huitards » ont une responsabilité immense dans la déchéance contemporaine, en ayant laissant tout aller au va-l-eau tout en sachant les vérités naturelles et surnaturelles.

Nombreux sont les jeunes convertis qui sont revenu à la foi catholique après avoir réalisé tout ce que l’éducation reçue par cette génération conciliaire avait de mauvais et de destructeur non seulement pour la Foi, mais aussi pour les vérités naturelles.

 

Il faut néanmoins être indulgent et soutenir nos parents dans la vieillesse.

Nos parents nous ont aussi transmis de bonnes choses, sinon nous n’aurions pu nous convertir.

Et puis, de toute façon, nous sommes des légitimistes restaurateurs : la contre-révolution est le contraire de la révolution. Montrons-le en acte et accomplissons les œuvres de piété filiale que nos parents n’ont peut-être jamais faites : pour donner l’exemple à nos enfants, et que jamais cela ne se reproduise (mais l’homme étant homme, cela se reproduira, du moins nous avons le pouvoir de le retarder de beaucoup).

Et de même soyons des parents exemplaires qui éduquons nos enfants par l’exemple, dans la foi, pour en faire des adultes à l’intelligence et la volonté bien formées.

 

Soyons justes et doux. Justes, car la vérité ne supporte pas de trahison. Et doux, sans vexer la justice, à l’exemple de Notre Seigneur, pour affermir la conversion des petits cœurs de nos enfants.

 

Surtout, surtout, évacuons l’amour propre qui couve dangereusement quand il s’agit de nos proches, en particulier de nos parents et des nos enfants. Et n’oublions pas une autre sagesse immémoriale : les enfants sont les miroirs des parents.

 

Les défauts qui vous agacent chez vos parents vieillissants ne vous sont-ils pas plus familiers que vous ne le pensez ? N’en avez-vous pas pris quelques mauvais plis ?

De la même façon, les imperfections de vos enfants ne sont-ils pas dû à vos propres manquements dans la vertu etde vos relâchements dans l’exemplarité ?

 

Penser cela permet d’être plus doux, sans vexer la justice ! Car un enfant est une âme comme les autres, pécheresse…

 

Alors restaurons d’abord la tradition dans nos familles ! Et quand je dis famille, la famille élargie s’entend ! Jusqu’à la famille des familles, la famille royale.

Et la famille dans la vie surnaturelle, l’Eglise.

 

Pour Dieu, pour le Roi, pour la France

Paul-Raymond du Lac

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