Louis XX : « Oublier la foi et les fidélités de nos ancêtres, c’est se condamner à ne plus comprendre les chefs-d’œuvre qu’ils nous ont légués »

Louis XX à Compiègne

Chers Amis,

J’adresse un grand merci à tous ceux qui ont contribué à l’organisation de cette journée passée à Compiègne. Ils m’ont permis de découvrir quelques aspects d’une ville si riche en histoire et en potentialités.

J’ai pu ce matin visiter un établissement scolaire parmi les plus performants, dans un secteur d’activités, celui de l’éducation, qui est si sensible de nos jours car si facilement détourné de son but, qui doit demeurer la formation des jeunes. Ma visite du château, la conférence qui va suivre et le recueillement en ce jour anniversaire de la victoire de Patay devant le monument édifié en souvenir de Jeanne d’Arc dont l’épopée a été stoppée ici, m’ont fait renouer avec l’histoire de Compiègne.

Enfin, ma rencontre avec vous, Monsieur le Maire, m’a permis d’entrer dans la connaissance d’une ville qui doit s’adapter en permanence pour suivre les évolutions et pouvoir rendre à ses habitants tout ce qu’ils en attendent. Je sais combien la gestion urbaine est délicate alors qu’il s’agit toujours d’œuvrer pour le bien commun. Lourde tâche dans une époque qui exalte les égoïsmes, les individualismes, voire les communautarismes. Il faut pourtant garder le cap pour assurer la vie sociale. Mais il ne s’agit pas pour moi d’empiéter sur le domaine du politique.

Je voudrais évoquer aujourd’hui une question qui m’est chère et que cette journée a particulièrement illustrée : celle du patrimoine, de sa préservation et de sa transmission. J’ai tenu tout spécialement à présider, Monsieur le Président, le dixième anniversaire de votre association des « Avenues de Compiègne » qui me paraît très symbolique de l’action qu’il convient de mener en faveur du patrimoine. Votre association a, en dix ans, effectué un important travail pour garantir la pérennité d’un ensemble majestueux d’allées qui, si elles n’existaient plus, feraient perdre à la ville beaucoup de son caractère, de son identité et de son harmonie.

Depuis une soixantaine d’années, les pouvoirs publics ont accompli des efforts méritoires pour préserver et mettre en valeur le patrimoine historique ou vernaculaire de la France. Des associations et de nombreux particuliers les ont secondés. Toutefois, il y a là un singulier paradoxe puisqu’alors que les Français se passionnent pour leur héritage culturel patrimonial, dans le même temps, jamais la société française ne s’est à ce point détournée des valeurs, des convictions, des principes qui ont façonné son histoire et contribuer à faire de la France un modèle de civilisation largement envié dans le monde.

C’est pourquoi je tiens à saluer ce que des associations telles que la vôtre parviennent à accomplir. Si la préservation du patrimoine matériel que nous ont transmis nos devanciers constitue bien une tâche essentielle, il n’est pas moins important de maintenir vivant l’immense patrimoine spirituel, culturel et humain dont les monuments qui nous entourent sont l’expression. Oublier la foi, la fidélité, les manières de dire et de penser qui distinguaient nos ancêtres, c’est se condamner à ne plus comprendre les chefs-d’œuvre qu’ils nous ont légués.

Alors j’en viens à ma conclusion, à ma double conclusion. Tout d’abord, s’il y a des villes remarquables par leur qualité de vie, c’est parce qu’elles ont su être fidèles à leur héritage. Elles ont su transmettre ce que les siècles leur ont légué pour en faire bénéficier les générations présentes à travers les apports successifs. Cette transmission est essentielle et notre époque devrait s’en souvenir, alors que, parfois, elle semble se complaire dans les ruptures et les mémoires tronquées ou galvaudées.

Ma seconde conclusion est pour rappeler que, plus que les règlements, ce sont des hommes qui sont derrière ces transmissions et ces préservations. La sensibilité, l’action et la patience sont les vecteurs nécessaires sans lesquels cet héritage ne pourrait ni être compris, ni être transmis. Il faut des personnes qui s’engagent dans des combats souvent difficiles à mener mais pourtant essentiels.

Nous voyons qu’à Compiègne vous êtes nombreux à l’avoir compris et mis en pratique, permettant à la ville d’envisager son avenir avec sérénité. Les générations futures nous jugeront à l’aune de ce que nous aurons su leur transmettre.

Que la journée que nous vivons nous encourage à être des passeurs de civilisation.

Louis, duc d’Anjou

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