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Japon-France : réactions face à la crise

Le Japon a peu de cas, peu de morts. Pas de confinement coercitif, pas d’état d’exception contraignant – un état d’urgence vient d’être étendu à tout le pays, mais il est purement nominal, n’ayant aucun effet légal et coercitif. L’économie tourne au ralenti mais elle tourne. Paraît-il que les Français admirent les Asiatiques pour porter les masques.

Oh, ce n’est pas la panacée : le Japon est aussi atteint par le mal moderniste. Incapacité de fermer les frontières dans les premiers temps de la crise – mais étant une île, tout fut plus simple, et des mesures furent prises rapidement –, statistiques douteuses, sinon mensongères, phénomènes de bouc-émissaires et de panique comme partout… Et si aucune mesure coercitive n’est prise, c’est aussi parce que la constitution rend ce genre de mesure impossible – ce qui, en l’occurrence, est une grâce pour le catholique de base qui veut aller à la messe.

Mais tout se passe beaucoup plus calmement : pas de décision brusque, une adaptation tranquille au nouvel état de fait d’un confinement non contraignant – mais pourtant respecté – et initié par les corps intermédiaires.

Au début, l’État attentiste ne faisait rien. Il demandait aux gens de ne pas organiser d’événements : les gens annulèrent les événements. Par vague, les gros d’abord, puis, un mois après, tous les événements, petit à petit. Depuis fin mars, plus rien.

L’électrochoc se produisit ici la première semaine de mars : fermeture des écoles publiques primaire et secondaires – ni les universités, ni les jardins d’enfants (les écoles publiques sont minoritaires, mais les écoles privés, dociles, suivirent). Avec une demande à tous de rester chez soi pendant deux semaines. Beaucoup de grosses entreprises fermèrent – ou plutôt, donnèrent des congés – et tout le monde collabora. Cela ne marcha pas, évidemment – je dis évidemment, car confinement et autres bêtises sont de mauvaises solutions, mais c’est un autre problème, le monde contemporain n’arrive plus à concevoir la vérité naturelle, pourtant évidente, que le confinement va contre le bien commun.

Puis, avec la débilité occidentale des décisions de confinements massifs et coercitifs, le Japon démocratique subit de plus en plus de pressions du peuple et de l’extérieur pour prendre des mesures plus fortes : et oui, c’est le démocratisme qui exige les mesures totalitaires, pas les bons gouvernants. Évidemment, le gouvernement japonais ne pouvait rien faire, et les corps intermédiaires, dont économiques, tempéraient : « vous allez nous ruiner et ruiner le pays ! »

Mais sous la pression internationale, l’effet d’imitation et la grogne de l’opinion, puis l’annulation des jeux olympique, un état d’urgence – psychologique – fut prononcé, et il est toujours en vigueur jusqu’à début juin au moins. Mais, même comme cela, la décision ne fut pas prise du jour au lendemain : ce fut lent, elle s’est étalée sur trois semaines pour laisser aux entreprises et aux divers acteurs le temps de s’organiser (en tout, presque deux mois et demi depuis le début de la crise).

Pourquoi tout marche mieux au Japon ? Car, malgré des institutions viciées par le modernisme et les principes révolutionnaires datant de l’occupation américaine, la société reste coutumière et traditionnelle. Le gouvernement ne peut pas aller contre les volontés des corps intermédiaires, il ne peut rien décider sans prendre conseil, la coutume a force de loi, et la loi reste sacrée – donc on obéit –, on ne la change pas sur un coup de tête, on déteste ce qui n’a pas de précédents – comme interdire tout rassemblement, par exemple. Une civilité dans les mœurs et les paroles qui adoucissent les relations sociales, qui ne sont pas moins contradictoires et antagonistes qu’ailleurs – tout est une question d’art de régler les problèmes, cela s’appelle la civilisation.

Pauvre France, détruite par les principes révolutionnaires ! Où sont ta civilisation et ta culture ?

Paul de Beaulias

Pour Dieu, pour le Roi, pour la France

 

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