Test anti-schisme… La castagne a du bon !

Nous sommes francs, et nous sommes gaulois. Plus que des critères ethniques, disons que ce sont des atavismes moraux puissants pour le meilleur et le pire.

Dans la République décadente et anti-française par excellence, ces traits de caractère national peuvent parfois être pesants : le fameux esprit de contestation et autres disputes asociales…

Pourtant, ils sont normalement des forces, à nous légitimistes de retrouver leur force primordiale : purifiés et parfaits par le polissage de siècles chrétiens ces traits sont un diamant précieux.

Expliquons-nous. Bien conscient des vérités politiques qui correspondent à notre pays de par l’histoire, mais aussi conscients des principes universels des sociétés humaines naturelles, que nous tâchons d’incarner au jour le jour pour nous-mêmes d’abord, puis dans nos familles et nos voisinages – bien imparfaitement certes, mais l’essentiel est de s’améliorer chaque jour un peu, de reconnaître ses erreurs, se repentir, et se convertir, et la restauration sera faite : nous ne visons pas un idéal, nous vivons la réalité politique royale sublime et rehaussée encore par la chrétienté ; cela n’efface jamais la nature blessée et ses défauts, mais cela nous fait mieux aimer encore le bon Dieu, notre beau pays, malgré sa déchéance, et nous guide dans les choix puissants pour rétablir le règne de la justice très-chrétienne, qui ne sera jamais un paradis terrestre, mais qui ouvre les portes du royaume des cieux sur cette terre.

Bref, soyons francs et bourrus à l’heure ! Il faut bien sûr être courtois et charitable en toute circonstance, et c’est vraiment important : il ne sert à rien parfois d’asséner par orgueil une vérité  qui ne sera pas reçue – question de casuistique, il n’y a pas de règle général et il faut savoir être prudent. Mais ces cas moraux pratiques et particuliers ne s’appliquent beaucoup par exemple aux articles de journaux comme celui-ci dont les lecteurs sont par définition beaucoup plus nombreux, et donc indéterminés : je ne m’adresse pas à telle personne Y, mais aux lecteurs. Et jamais il ne faut tomber dans la pusillanimité ! Mieux vaut dire de façon bourrue et sympathique – sans orgueil – une vérité évidente (qui ne l’est plus pour nos contemporains) et provoquer la réaction que laisser nos compatriotes dans le flou. Car les occasions d’entendre certaines choses qui n’ont plus du tout court dans les discours publics d’aujourd’hui sont si rares qu’elles sont précieuses : notre devoir sacré est d’incarner continuellement et partout ces occasions – d’abord par le témoignage des actes avant des discours, mais aussi des discours.

Allons encore un peu plus loin : ce devoir de franchise bourrue vaut infiniment plus pour nos camarades royalistes, soit tout ceux qui, de bonne volonté, se veulent royalistes et bons sujets de sa majesté. Nous sommes nous-même toujours acharnés à mieux nous former, à nous restaurer, à mieux servir Dieu et le Roi, ce n’est jamais gagné et demande une vigilance constante – qui n’a pas peur de se tromper ? car tout le monde se trompe, mais ce qui compte c’est de s’en rendre compte et de rétablir la vérité, se repentir ; rien n’est plus effrayant que ne rester dans l’erreur sans s’en rendre compte. Et la remarque bourru et franche aide à sortir de l’erreur.

C’est le test anti-schisme : un honnête sujet qui veut servir ne pourra pas se froisser sérieusement de se voir corriger pour une erreur grossière ou subtile – il y a des formes s’entend et il faut soi-même être sûr de ce qu’on dit (sans non plus être pusillanime, car quand même on ne parle en général qu’en son nom). Inversement, cette franchise bourrue permet de construire plus rapidement une camaraderie saine – car aux amis on dit leurs défauts par charité pour eux – et d’éloigner les mauvais esprits qui, s’ils sont rares, existent, et se désolidariserons tôt ou tard – et mieux vaut tôt que tard pour minimiser les dégâts.

Alors usons de la franchise bourrue ! Avec courtoisie et tact ! Par les actes avant les paroles ! Et une volonté de toujours mieux se former activement – pas simplement la tête !

Ce sera le test « anti-schisme » pour la partie laïque de la restauration, pour montrer à l’Eglise l’importance de savoir anathémiser l’erreur pour protéger la Foi, sauvegarder l’Eglise, et la protéger contre des schismes intérieurs, bien pire que les schismes extérieurs, visibles et limpides.

Pour Dieu, pour le Roi, pour la France

Antoine Michel

 

Une pensée sur “Test anti-schisme… La castagne a du bon !

  • 25 février 2020 à 09:33
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    Mais oui, nous en sommes, depuis de longues années que je n’ai pas comptées, à considérer que reconnaître ses erreurs, ses faiblesses-mêmes, est un signe de faiblesse, justement. Or la noblesse existe en cette repentance que Dieu justement aime bien (le centurion, la Cananéenne). Qui ne fait pas d’erreur, et n’en fera pas encore. Sommes-nous morts d’avoir eu tort ? Grand Dieu non, pas encore, heureusement d’ailleurs. J’ai fait une erreur, eh tant pis, je ferai mieux une autre fois. Et puis, ce qui est fait est fait.
    Appeler une chat un chat a souvent choqué le monde. Ne dit-on pas un non-voyant pour un aveugle, un non-entendant pour un sourd. Hélas, ces nouvelles appellations ne rendent aux intéressés, ni la vue, ni l’audition, hélas…

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