Societé

Université païenne, argent, politique et gnose, par Paul de Beaulias

Vue intérieure de la grande salle de l'université de Perpignan, gravure de Lespinasse
Vue intérieure de la grande salle de l’université de Perpignan, gravure de Lespinasse

J’assistais tantôt à l’université de Tokyo à une conférence donnée par le ministre des affaires étrangères, une femme, de l’Islande, et son ambassadeur au Japon. La conférence hébergée par ce centre de recherche de technologie et de sciences avancée, et organisé par un « professeur » de l’université, certainement brillant par ailleurs, qui recherche au laboratoire de la sécurité économique.

Quand on connaît un peu ce qu’était l’université dans l’histoire chrétienne, et avant cela ce que représentait la science chez les grecs, on s’amuse : on se demande ce qui est technologique ou scientifique dans le discours très politique d’un
ambassadeur et d’un ministre… qui étaient là ce titre, et qui faisaient plus une conférence de presse dans une institution « prestigieuse », étant un petit pays et en ayant besoin, qu’une conférence… Le public d’ailleurs était composé autant par quelques étudiants que par la suite diplomatique du ministre, de quelques attachés d’ambassade, de quelques parlementaires japonais et d’acteurs de l’industrie…

Le tout dans une salle de conférence bétonnée comme un bunker, dans un campus néo-moderne, si on peut dire, à l’américaine, où il n’y pas âme qui vive, dans un des quartiers les plus chers… Beaucoup d’argent partout, de la politique et de l’argent. Etrange combinaison dans une université, pourtant habituelle dans un milieu non-chrétien, où la vérité passe derrière l’orgueil du savoir, l’utilité et la réussite.

Dans la même veine, je cherchais tantôt l’équivalent d’un « storiavocce » à la japonaise, ou encore l’équivalent des chaînes de l’Institut Universitaire Saint Pie X ou de l’école des chartes, afin de trouver des cours en japonais de professeurs reconnus sur les sujets historiques et philosophiques qui m’intéressent… Rien. Niet. Nada.

Si on paie on pourrait accéder à quelque chose sur la chaîne NHK… mais c’est tout, et on ne trouve que des miettes ridicules sur certains sites d’université…

Le savoir ici n’est pas gratuit, et les sachants ne le partagent qu’en le cachant pour conserver leur ascendant, et leurs « petits secrets ». Il y a comme un aspect gnostique de l’étude, qui font leur orgueil, et qui travaillent l’orgueil des auditeurs, souvent plus heureux de ne rien comprendre dans un jargon compliqué, que de saisir l’essence d’une chose ou la vérité d’une nature.

Le professeur païen balance entre le besoin de transmettre un peu – car s’il n’a plus d’étudiants il ne peut plus vivre – et celui de garder ses secrets, ou cacher l’absence de fond par une brume jargonnant bien gnostique…

Ce n’est qu’un petit témoignage mais qui en dit long sur la réalité de la déchéance des institutions universitaires dans le monde, ne pouvant que se détruire avec la disparition de la foi chrétienne d’une part, dans une modernité qui en vient jusqu’à contredire la loi naturelle…

Demander que la « science » contemporaine fasse plus que s’intéresser au « pratique » et à « l’utile » – matériels, mondains et bas – c’est trop. Quand encore elle ne sombre pas dans le politique, le mercantilisme et le gnosticisme…

Nous renvoyons au sujet de l’université à certains articles de fonds publiés dans nos colonnes, pour mieux comprendre philosophiquement les fondements de cette crise de l’université, vécue partout au niveau mondial.

Pour Dieu, pour le Roi, pour la France

Paul de Beaulias

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