Ce beau principe de fraternité, accès de rage philanthropique...

 Enfin, la troisième idée révolutionnaire, le principe de fraternité, constitutif du régime cosmopolite, imposa d'une part une complaisance sans borne pour tous les hommes, à condition qu'ils habitassent fort loin de nous, nous fussent bien inconnus, parlassent une langue différente de la nôtre, ou, mieux encore, que leur peau fût d'une autre couleur ; mais, en revanche, ce beau principe nous présentait comme un monstre et comme un méchant quiconque, fût-il notre citoyen, notre frère, ne partageait pas tous nos moindres accès de rage philanthropique. Le principe de fraternité planétaire, qui voudrait établir la paix de nation à nation, tourna vers l'intérieur de chaque pays et contre les compatriotes ces furieux mouvements de colère et d'inimitié qui sont secrètement gravés par la nature dans le mécanisme de l'homme, animal politique, mais politique carnassier.

 Charles Maurras, Romantisme et Révolution, 1925

Commentaires  

#2 Jonathan MTC 15-08-2017 01:41
C'est juste magnifique. Quel génie dans la manière de dire, quelle justesse dans l'analyse ! La Veme république présente, nous montre toujours aussi bien cette singulière « fraternité » que dénonçait déjà Maurras.
Citer
#1 PELLIER Dominique 09-12-2015 08:15
Il est bien triste de se dire que toute fraternité ne reste possible que dans la foi en Christ, car sur terre... entre nous ....
Citer

Ajouter un Commentaire

Abonnez-vous à notre newsletter

Caricature du 4 novembre 2017
« La république des privilégiés »

Aucun événement