Societé

La raison ultime pour laquelle nous marchons, par Paul-Raymond du Lac

Le Guerchin, Anges pleurant sur le Christ mort, 1617-1618
Le Guerchin, Anges pleurant sur le Christ mort, 1617-1618

La douzième édition de la marche pour la vie s’est déroulée au Japon le 25 janvier dernier. En tant qu’organisateur de la marche, en intérim le temps de trouver une façon plus stable, la question de l’action politique dans le cadre des sociétés démocratiques, donc désordonnées et contre-nature, rejetant Dieu, est centrale. La question de plus de l’action catholique dans un pays païen, ancien persécuteur de la foi catholique de façon institutionnelle, est une question tout aussi capitale.

La question de l’efficacité ou du mérite de la marche pour la vie se pose aussi : comme pour la manif pour tous, l’usage des outils de « contestation » démocratique, comme la manifestation, démontrent leur inefficience pratique à empêcher le passage des lois. Ces outils ont du moins le mérite de permettre d’éveiller les consciences, de laisser une voix discordante exister, et de convertir des âmes. Du moins, en tant qu’organisateur ici au Japon, je me dis que si ne serait-ce qu’une âme, voyant notre manifestation dans la rue ou ailleurs, se pose les bonnes questions et change d’avis, c’est déjà un succès. Bien mieux, qu’une femme pensant tuer son enfant abandonne cette funeste idée grâce à la marche, alors c’est déjà une vie de sauvé… à la grâce de Dieu.

Voilà pour l’utilité minimale de la marche.

Quelle est la raison fondamentale d’être contre l’avortement, qui n’est que le mot choisi pour parler pudiquement d’un meurtre, d’un infanticide (puisque le bébé à naître est bien un enfant, infans, qui ne peut ni parler ni se défendre) ?

Les marches pour la vie ici et là invoquent souvent des raisons naturelles qui sont effectivement tout à fait valables : encourager le meurtre d’une vie par excellence innocente et faible est un crime d’autant plus énorme que l’institution, censée montrer l’exemple, encourage au crime… Les conséquences naturelles épouvantables tant sur la mère, les familles, la société en générale, qu’elles soient démographiques, psychologiques ou autres, sont tout aussi terribles et doivent être dénoncées.

 

Pourtant, en tant que catholique, cela ne suffit pas, et pas du tout. Nous pourrions en effet, vue de Dieu, avoir un raisonnement assez différent : le bébé à naître, quoique plus innocent que tout adulte, n’en reste pas moins maculé du péché originel, et comme tout homme il est un condamné à mort en sursis. Qu’il meure plus tôt ou plus
tard ne change rien à cela. Nos vies en ce sens ne valent pas grand-chose naturellement, et Dieu en use comme il veut. On finit ensuite toujours par la perdre, que ce soit par maladie, violemment, ou par une quelconque cause. La raison de la protection de la vie innocente ne semble ainsi pas suffisamment définitive et importante : après tout nous sommes tous indignes de vivre, et la vie sur terre ne vaut rien… Tout cela à la lumière de la vie éternelle, de la sainteté et de la gloire de Jésus-Christ.

Là se trouve justement la raison ultime de ne pouvoir que s’opposer au meurtre, même au-delà du commandement de Dieu, même au-delà du fait que c’est aggraver la faute du meurtrier au vue de l’innocence et de la faiblesse du bébé assassiné, qui ne donne aucune circonstances atténuantes ou allégement possible de ce crime énorme.

Quelle est cette raison ultime ?

Tuer un enfant à naître est lui interdire de se baptiser, et donc lui interdire d’aller au ciel et de profiter de la vision béatifique. La décision est d’autant plus grave qu’elle manifeste clairement qu’il n’y avait aucune volonté de donner le baptême : quand des parents avortent ils ont matériellement la volonté d’envoyer leur enfant en enfer… D’aucuns, encore que ce ne soit pas un dogme, diraient des limbes, mais cela revient au même : l’enfant ainsi éliminé est condamné pour l’éternité à ne jamais rencontrer son Créateur, à ne jamais s’unir à l’amour divin…un malheur qu’aucun « bonheur naturel » qui existerait aux limbes ne saurait évidemment ni valoir mais ne devrait pas non plus consoler les vivants.

 

Là est la raison ultime de s’opposer à l’avortement : ce crime est le crime d’assurer l’enfer à des âmes d’une part, et d’insulter gravement Dieu en lui refusant dès le départ la gloire que lui apporte une âme qui se convertit…

Donc, oui, répétons-le : l’avortement est un crime abominable car il envoie de façon certaine une âme en enfer, là où il ne verra jamais Dieu et cela sur une décision forcément volontaire à un moment ou à un autre (sinon on n’appelle plus cela de l’avortement, qui suppose une action positive) …. C’est plus que grave tant pour l’âme condamné ainsi par ses propres parents ou du personnel soignant, ou les deux, que pour les âmes qui agissent ainsi…

La raison surnaturelle est ainsi prégnante pour défendre la vie, car elle est la seule qui tient vraiment : les autres, d’un point de vue païen, tomberont, car elles sont trop faibles. Sans Dieu, sans la grâce qui nous restaure, nous ne valons vraiment plus grand-chose au fond…alors pourquoi défendre ce qui vaut si peu ?

La seule véritable raison est bien que nous sommes créés à l’image de Dieu, et que surtout nous sommes élus pour nous convertir et devenir le berceau de la grâce, l’habitation de la Trinité, et donc un tabernacle très précieux et très digne pour cela, et que pour cela, puisque Dieu a daigné devenir homme…

Sans cela aucune raison suffisante ne vient à l’esprit de l’homme déchu, et cela est si vrai que les marches pour la vie dans les pays païens ne prennent pas, ne marchent pas, puisque l’homme qui reste déchu a un cœur de pierre que la mort des plus faibles et des existences les plus invisibilisées ne sauraient attendrir ne serait- ce qu’un instant.

Pour Dieu, pour le Roi, pour la France

Paul-Raymond du Lac

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