Societé

Chacun à sa place, par Antoine Michel

Les trois ordres de la société féodale, Li Livres dou Santé
Les trois ordres de la société féodale, Li Livres dou Santé, XIIIe siècle

L’égalitarisme démocratique veut faire croire que tout se vaut, que tout le monde peut faire ce qu’il veut comme il veut, sans distinction de rang ni de distinction. Cette idée va contre toute la réalité que nous manifeste l’expérience, l’histoire mais aussi la saine philosophie : à part notre nature humaine commune et l’égalité devant Dieu, nous sommes tous différents, très différents, et nous avons chacun un rôle bien précis dans une société politique organique, qui n’est pas un amas d’individu, mais bien un corps constitué et organisé, avec donc un ordre, une hiérarchie, ou plutôt des hiérarchies.

Les temps modernes et l’idéologie révolutionnaire démocratique et égalitariste nous jette dans le affres de l’orgueil institué comme vertu, et d’autant plus vulgaire que le nivellement par le bas rend grossier ces nains que se vantent d’être des géants… L’atmosphère révolutionnaire ambiante nourrit une indocilité de principe, encore instituée comme vertu – car, paradoxalement, cette révolution haïssant l’ordre et l’institution institue pourtant un désordre profond (paradoxe qui n’est qu’apparent, car la nature humaine étant créée pour l’ordre, mais le révolutionnaire ne peut pas ne pas instituer un certain « ordre », même s’il est contre-nature, et intrinsèquement désordonné.

Cette indocilité conduit à une société d’idiots qui se croient intelligents, des domestiques qui se prennent pour des maîtres, des enfants qui se croient parents, des adolescents qui se croient adultes, des jeunes inexpérimentés qui se croient expérimentés, des faibles qui se croient forts, et, inversement, des chefs contrariés qui deviennent méchants, des parents impuissants et vexés, des professeurs qui ne veulent plus enseigner, et on pourrait allonger la liste aussi longuement que l’on voudrait.

Pour le dire vulgairement, cet état des choses démocratiques ont peut-être fait naître ce dicton populaire « traiter avec des cons demandent beaucoup d’intelligence ». Ou encore « Un con ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît ».

Surtout un con devient roi dans la société démocratique puisqu’aucune autorité n’a pu le redresser dans son enfance, et aucune autorité ne peut le remettre à sa place, puisque la société démocratique veut nier qu’il existe des places pour chacun – ce qui explique d’ailleurs pourquoi la dépression, le suicide et l’insatisfaction devient généraliser, puisqu’on refuse à tout un chacun d’avoir sa place, aussi petite soit-elle, et on fait croire aux gens qu’ils sont plus « potentiellement » que ce qu’ils sont et surtout de ce qu’ils doivent faire.

Pourtant, dans un paradoxe qui n’est qu’apparent, la société démocratique créé des places, sans contenus, sans consistance, injustes et scandaleuses, dans une cacophonie généralisée, imitant diaboliquement le concert harmonieux que manifeste analogiquement une société ordonnée à Dieu.

Les gens sont ainsi constamment « déplacés », mal placés, en « apesanteur » sans jamais pouvoir trouver une place, la cherchant dans le virtuel, les rêveries et les vapeurs fumeuses des promesses progressistes et des lendemains qui chantent, qui n’engagent que ceux qui les croient…

Ce désordre foncier de la société révolutionnaire n’est pas une mince affaire : elle contamine tous les contemporains, même les « tradis », même les mieux éduqués des enfants dans de très bonnes écoles religieuses…

Et cela rend tout plus compliqué, puisque rien de pire quand par exemple une jeunette inexpérimentée et limitée intellectuellement, pourtant soumis à un environnement sain et sans rien a priori qui puisse l’inciter à l’indocilité, va se croire sur un pied d’égalité avec ceux qui ne le sont pas du tout… et quitte à prendre des murs de réalité un jour ou l’autre.

Patience, douceur et fermeté sont la solution, mais sachons combattre cet esprit égalitariste, en particulier dans nos familles, nos paroisses et nos sociétés prochaines, sans hésitation et sans faiblesse.

Pour Dieu, pour le Roi, pour la France

Antoine Michel

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.