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Aie confiance, par Paul-Raymond du Lac

Ary Scheffer, Saint Thomas d'Aquin prêchant la confiance en Dieu pendant la tempête, 1823
Ary Scheffer, Saint Thomas d’Aquin prêchant la confiance en Dieu pendant la tempête, 1823

Les croix sont la vie des chrétiens, et les plus grandes croix sont toujours devant nous. Cela devrait nous réjouir, car ces croix acceptés, voulus, manifestent en pratique l’amour que Dieu nous porte.

Le mystère de l’attribution des épreuves est le secret de Dieu : certaines sont visibles et massives, d’autres sont cachées mais non moins massives.

J’ai un ami qui a perdu son épouse peu après la naissance de leur second enfant : le jour de la naissance on lui découvre un cancer en phase terminale, elle trépasse avec tous les sacrements quelques semaines plus tard à l’âge de 34 ans. Ils s’étaient mariés à peine trois ans auparavant, venaient de s’installer aux Etats-Unis. Il se retrouve ainsi avec deux enfants en bas-âge qu’il doit élever seul.

Son épouse était très aimante et il était aux petits oignons.

L’épreuve est massive, et jeune converti, il avait quelques tendances un peu libérales, de cette génération qui a vécu un peu trop facilement et qui n’a pas connu de grandes difficultés…

L’épreuve arrive brutalement et massivement : on passe des petits oiseaux romantiques à la croix et au calvaire…

Il aurait tendance de se révolter contre Dieu, de murmurer… Il ne faut pas pourtant : ce genre d’épreuve est évidemment voulu par Dieu. Et quoique la douleur est là, la raison devrait le rassurer : son épouse a bien terminé sa vie avec tous les sacrements, une neuvaine de messe, plusieurs messes de requiem ; il n’aurait plus qu’à faire un trentain de messe, et il aurait la certitude que son épouse est au ciel… Et ses enfants en bas-âge l’obligent à acquérir la vertu qui lui manquait certainement le plus : la force, qui ne peut venir que de l’espérance surnaturelle et la Foi.

On n’a pas le droit, comme catholique affirmé, de se désespérer d’une situation où au contraire on devrait doublement se réjouir ! L’épreuve signifie bien que Dieu nous aime et veut notre perfectionnement, surtout que l’on sait qu’aucune épreuve n’est envoyé qui ne peut être surmontée, car Dieu est bon. Et de plus le pèlerinage sur cette pauvre terre est enfin terminé pour son épouse, avec la certitude minimale, selon toute vraisemblance, qu’elle n’est pas en enfer, qu’elle est au purgatoire a minima, et avec quelques efforts de messes et de prières elle peut aller rapidement au Ciel.

Se morfondre, voire murmurer, sur le fait que Dieu aurait « volé » le temps sur cette terre est d’une absurdité terrible : la vie sur cette terre ne vaut pas la peine d’être vécu si ce n’est dans la Croix qui nous sauve et nous promet le Ciel. Le reste n’est qu’hommerie et attachement, déplacé pour un catholique, au monde…

On peut compatir à la douleur, mais on ne peut pas accepter que cette douleur justifie un attachement désordonné et faux au monde, ou exagéré à son épouse.

L’évangile le dit bien : « Si quelqu’un vient à moi, et s’il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et ses sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. » (Luc 14, 26). Faire cela c’est faire passer Dieu avant tout, et là seulement on ne peut que vraiment aimer dans la charité son père, sa mère, sa femme et ses enfants, ainsi que sa propre vie.

Plus grande est l’épreuve, plus grande est la grâce donnée, et plus grande est la responsabilité de la vivre en chrétien !

Qu’il se tourne vers Dieu et fasse confiance…

Pour Dieu, pour le Roi, pour la France,

Paul-Raymond du Lac

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