Pourquoi un pays païen comme le Japon fait-il mieux que nous ?

Le Japon fascine en Occident, souvent en raison de visions fantasmées, mais il est certain qu’il nous renvoie à tout ce que nous avons perdu ces dernières décennies : une société qui existe en tant que société, une lignée impériale sur le trône, une paix sociale autorisant le développement de nombreuses activités humaines, peu d’immigration et un chauvinisme protégeant la culture japonaise.

Au-delà de ces faits, qui pourraient être atténués, le Japon réussit mieux que nous aujourd’hui — entendons-nous bien : c’est un pays païen, où la charité n’existe pas, sa Justice et ses lois sont donc dures, les conditions de vie et de travail difficiles, etc., mais le pays et ses institutions sont toujours debout — pour deux faisceaux de raisons essentiellement.

La première raison est surnaturelle : l’apostat mérite une plus grande punition que le païen. Certes, le Japon a exterminé les catholiques au XVIIe siècle et il fait partie, en ce sens, du club des pays qui ont refusé la Révélation. Mais le gouvernement des Tokugawa à la légitimité douteuse fut renversé lors de la restauration impériale et, si le Japon ne s’est pas converti, les catholiques purent semer des graines. Ajoutons aussi qu’une grande partie des Japonais est réduite à une ignorance crasse de la Religion vraie : en cela, ils sont moins condamnables que les Français, peuple très chrétien, qui savaient ce qu’il rejetait ! D’un point de vue surnaturel, il est donc tout naturel que la France tombe plus bas, bien plus bas que le Japon, celle-là partant de plus haut que celui-ci.

Passons à la raison naturelle. Le Japon contemporain fonctionne mieux dans tout ce qu’il a de non-démocratique et dans tous les vestiges féodaux qu’il possède encore aujourd’hui. Précisons tout de suite : ce fait est malheureusement peu connu des intéressés eux-mêmes qui, rongés par le modernisme, auraient tendance à critiquer et à rejeter ce qui, justement, les maintient en vie. L’affaiblissement de ces vestiges, qui se confirme de jour en jour, jette d’ailleurs une ombre inquiétante sur l’avenir proche du pays.

Quels sont ces vestiges ? De nombreux corps intermédiaires existent encore et font le contrepoids naturel de la centralisation. Les associations de quartiers, les entreprises, les diverses universités, les sous-traitants, les villages, les associations de travailleurs, les sectes, les mafias et toutes ces sociétés ont encore la coutume de faire la loi à leur niveau, et l’État n’a pas à s’en mêler. Les familles, autrefois très puissantes, ont encore quelques (pauvres) restes. Les autorités publiques, par exemple, n’ont pas à regarder ce qui se passe dans la maison. Les familles étaient évidemment autrefois bien plus puissantes et faisaient un bien meilleur barrage qu’aujourd’hui, mais cette conscience reste encore dans certaines élites.

Le système, constitutionnellement le plus démocratique du monde, n’est absolument pas démocratique en pratique. Personne ne vote et les parlementaires sont quasiment héréditaires. Datant de la fin du XIXe siècle, cette hérédité de fait dans les fonctions politiques permet ne certaine stabilité du pays, et une certaine indépendance des élites face aux diktats idéologiques : ils n’ont aucun intérêt à se soumettre activement aux idéologies LGBT ou pro-métèques — entre autres —, puisqu’ils ne leur doivent ni l’élection, ni l’argent (ils ont souvent des assises territoriales anciennes : l’ancien Premier ministre est, en cela, un exemple typique).

Le poids des formes et des coutumes empêche les plus excités de faire n’importe quoi et de détruire ce qu’ils veulent détruire, ceux-ci étant immédiatement mis hors de course. Par ailleurs, le Japon étant une péninsule, il semble évident pour ses régnicoles de protéger ses frontières, et le « gagatisme » envers les étrangers n’existe que pour les Occidentaux, pas pour les voisins asiatiques, vus comme des envahisseurs.

Il est possible, encore aujourd’hui, de maintenir matériellement des dynasties familiales, et ce malgré le principe de succession à part égale : il existe en effet dans le droit japonais la possibilité d’abandonner sa part d’héritage. Il suffit ainsi que tous les héritiers sauf un abandonnent leur part pour maintenir l’intégrité du capital familial (et comme au Japon on évite à tout prix d’aller au tribunal, on s’arrange entre-soi).

Évidemment, tous ces éléments sont aujourd’hui battus en brèche et durement attaqués. Il n’en reste pas moins qu’ils contribuent à la stabilité du pays. Et cela prouve en creux que les principes d’ordre et d’autorité, anti-libéraux et antidémocratiques, dans la subsidiarité et la sociabilité, sont bons et nécessaires pour faire fonctionner correctement une société.

Paul de Beaulias

Pour Dieu, pour la France, pour le Roi !

Une réflexion sur “Pourquoi un pays païen comme le Japon fait-il mieux que nous ?

  • 30 mars 2021 à 10h56
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    Le païen vaut mieux que l’apostat… j’approuve à 100% ! Le peuple français, hélas, a choisi l’apostasie… combien de temps cela va t-il prendre, combien de souffrances va t-il devoir encore endurer avant de se réveiller ?

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