Le fonctionnement féodal de certaines multinationales
Rien de nouveau sous le soleil, comme l’indique la Bible. L’homme en effet ne
change pas, sa nature est constante, et sa blessure originelle aussi. Les couleurs et les
atmosphères peuvent varier, la technologie aussi, mais cela est secondaire par
rapport au fond.
Le fonctionnement pratique de certaines multinationales le manifeste d’une façon
assez déconcertante. Elles se comportent souvent comme des empires fédérant des
clans, des nations, des cités dont le nouveau nom est « filiales ». Plus les filiales sont
intégrées historiquement, plus elles sont centralisées, et la multinationale
ressemblera à un empire centralisé envoyant ses gouverneurs gérer localement, et
devant rendre des comptes périodiquement, ou encore des cités-colonies fondées
de toute pièces par ces « Rome » du business.
Quand la multinationale rachète des boutiques à traditions, des filiales étrangères,
c’est comme une conquête, soit par traité, soit par la guerre, qui souvent se soldent
par le maintien de coutumes locales.
Le principe de réalité force aussi ces multinationales, sans compter l’éloignement –
par exemple une filiale d’Asie dans des contextes politiques et sociaux particuliers
face à une tête en Europe – à déléguer grandement localement. Malgré les
technologies de l’information, la nécessité d’être sur le terrain et les réalités locales
priment toujours sur toute possibilité de véritable contrôle central. Si une langue très
différente et des systèmes locaux légaux et coutumiers accentuent ce phénomène, il
faut bien que l’empereur donne des pleins pouvoirs à ses légats, qui parfois se
rapprochent plus de vassaux parfois remuants.
Les filiales-cités sont liés par l’intérêt,
et l’autorité à la Rome, mais ils contrôlent la réalité du pouvoir local, surtout s’ils sont
« profitables » et qu’ils ne dépendent pas financièrement de la tête. Comme les
multinationales n’ont pas de pouvoir « politique » et juridique dans les pays, quel que
soit le droit international etc, seule la diplomatie et des moyens non coercitifs
peuvent forcer une filiale à bouger.
En conséquence, on serait dans un empire sans armée, et qui doit faire confiance à
des personnes bien incarnées, plus presque comme un royaume féodal dont le Roi,
faible en pratique, agit plus par la transaction et la justice que par la force.
Et les dirigeants des filiales, toujours dociles, voire serviles, jouent le jeu pour être
tranquilles, oubliés, faire plaisir aux chefs du central, pour avoir les mains plus libres,
et en sachant bien que la réalité n’est pas toujours alignée sur les « matrices et les
contrôles internes ».
Tant qu’un gouvernement mondial ne se met en place, avec des polices internes, les
multinationales sont condamnées de fonctionner sur un mode féodal. L’amitié
d’intérêt et d’utilité, même réduit au critère minimum du profit de chaque partie, créé
un ersatz minimal de bien commun qui permet à ces ensembles de fonctionner.
Aucun vassal n’ira faire tout exploser, car ce serait se tirer une balle dans le pied, et rares
sont les tyrans qui iraient détruire leur filiale, puisque c’est eux qui leur
apportent le tribut qui les fait vivre…
L’UE, les Etats-Unis sont déjà des court-circuitages de cette féodalité, en cherchant
toujours plus d’uniformité et de nivellement : comme tout empire la tendance
totalitaire n’est jamais loin…de vouloir unir formellement et superficiellement sur des
critères tout à fait extérieurs et non les cœurs…
Et comme disait un homme du « conseil », « tout règle est faite pour être
contournée », légalement s’entend…
Vivement que la Chrétienté revienne pour retrouver un semblant de morale.
Monde dur et païen certes, mais anthropologiquement très intéressant.
Pour Dieu, pour le Roi, pour la France
Paul de Beaulias
