Foi et identité : retour sur le débat de l’abbé Raffray et E.Zemmour
La messe n’est pas dite : Pour un sursaut judéo-chrétien. Le titre du dernier livre d’Eric Zemmour a de quoi interroger.
C’est pour en discuter qu’a eu lieu un débat le 13 décembre dernier entre l’auteur et l’abbé Matthieu Raffray. Ce débat est mené par Marc Baudriller, directeur adjoint chez Boulevard Voltaire.
(capture d’écran Youtube)
On admire le calme et la mansuétude de l’abbé Raffray, qui conduira les échanges à s’apaiser au long du débat.
Eric Zemmour pose des constats réalistes sur la situation, avec sa perspicacité habituelle et une certaine nervosité. Il propose deux axes pour la sauvegarde de “l’identité chrétienne de la France”. Le premier est l’alliance entre tous les patriotes, quelle que soit leur religion (d’où le terme judéo-chrétien).
Le second est la laïcité imposée aux musulmans, comme aux autres religions, à savoir la religion cantonnée à la sphère privée. Ces solutions ne sont pas satisfaisantes pour les catholiques, car l’idéal serait qu’elles soient orientées vers une réelle restauration de l’autorité de l’Eglise dans la société. Sinon, l’identité chrétienne risque d’être une coquille vide.
Par ailleurs, ce débat est révélateur de l’incapacité de la République devant les besoins d’identité et de religion des Français. Cette incapacité est la conséquence du refus de continuité avec le passé religieux, historique et culturel de la France, la fameuse “table rase” qui fait partie de l’ADN républicain.
Parmi les différents thèmes abordés dans ce débat, nous retenons surtout la question sur la place de la religion catholique dans l’espace public.
Comme le lui reproche l’abbé Raffray, Eric Zemmour a une connaissance partielle de ce ce qu’est vraiment la religion catholique et il semble qu’il instrumentalise la religion au profit d’un projet politique. Comment pourrait-il en être autrement, n’étant pas chrétien et ne voulant pas le devenir ?
Eric Zemmour pense cependant que la culture chrétienne a façonné la France, et qu’il est nécessaire que cette identité chrétienne perdure, pour que l’islamisation ne progresse pas davantage. L’abbé Raffray lui réplique que la foi chrétienne est en cela plus efficace que la culture, et nous suivons son avis.
Par ailleurs, Eric Zemmour propose, entre autres mesures, un privilège culturel pour le catholicisme.
Cela nous conduit, du point de vue catholique et légitimiste, à exposer notre pensée sur la question.
Dans un régime républicain, un privilège culturel est une solution qui semble imparfaite. Le vote d’une loi est toujours soumis aux dissensions du Parlement, ce qui réduit les chances d’application. N’oublions pas le rôle toujours majeur de la franc-maçonnerie, qui contrôle le gouvernement et les lois.
Dans la France royale, le catholicisme est religion d’Etat et possède ipso facto le privilège culturel et même juridique face aux autres religions. Les sociétés secrètes et autres lobbys n’ont pas de poids face à cela.
Ainsi, la loi de l’Eglise est supérieure aux lois de l’Etat, et le règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ est appliqué.
La véritable solution est la rechristianisation de la France, et cela ne sera possible pleinement qu’avec la restauration de la monarchie légitime. Le pouvoir temporel se doit de mener la société pour le bien des âmes.
Citons pour terminer le pape Pie XI : “Les chefs d’Etat ne sauraient refuser de rendre -en leur nom personnel et avec tout leur peuple- des hommages publics de respect et de soumission à la souveraineté du Christ ; tout en sauvegardant leur autorité, ils travailleront ainsi à promouvoir et à développer la prospérité nationale.” Encyclique Quas Primas, 1925.
Visionner le débat ici : https://youtu.be/7mHzqQOf2Hs?si=WS_RABQg7ZoN9Tpq
