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Le roi de France, est un roi mal connu jamais jugé à sa juste valeur

Nous savons que dès le début, les historiens et les écrivains les plus fins s’organiser autour d’une conspiration cherchant à diaboliser « mot à la mode » et avec succès, cette expérience d’enfermement d’un roi tyrannique, despotique, arbitraire, dominateur et bien d’autres adjectifs du même acabit, ne cherchant qu’à humilier les peuples sous sa garde.

En descendant encore d’un degré nous tombons dans un véritable bourbier de mensonges et d’ignorance intellectuelle. Ces manifestations ne signifient pas autre chose que la réaction inévitable de conformisme moderne contre tout ce qui dérange leur idéologie, le dénigrement des rois de France. Cependant aucun homme n’appartenant aux corporations de chercheurs en histoire, ou des corps d’écrivains ne peuvent sans tomber dans la mégalomanie, se croire en possession de la vérité absolue.

Pourtant en remontant le temps plutôt qu’aux flots modernes d’écriture, une image très différente se dégage du roi. Une bienveillance de principe, partout où la norme de principes est déployée, il y à le cœur du roi, ses bénédictions et ses prières. Les principes établis sont ceux du bon ordre, de l’équilibre juste, de l’harmonie, de la vérité, du droit et de la raison. Le roi est au centre du pouvoir, sans lequel tout se défait.

Quand Louis XIV joue de la parabole pour justifier sa politique, dans un écrit qui montre une conscience symbolique très forte, Louis XIV met directement en lien le rayonnement solaire avec l’idée de centralité et de royauté.

« On choisit pour corps le soleil qui, dans les règles de cet art, est le plus noble de tous, et qui, par la qualité d’unique, par l’éclat qui l’environne, par la lumière qu’il communique aux autres astres qui lui compose comme une espèce de cour, par le partage égal et juste qu’il fait de cette même lumière à tous les divers climat du monde, pour le bien qu’il fait en tous lieux, produisant sans cesse et de tous côtés, la vie , la joie et l’action, par son mouvement sans relâche où il paraît néanmoins toujours tranquille, par cette course constante et invariable dont il ne s’écarte et ne se détourne jamais, est assurément la plus vive et la plus belle image d’un monarque. »

Le roi est donc l’image du principe, où comme Lao Tseu, sage chinois du VIè siècle av. J.C l’enseigne « le principe foisonne et produit ». Par sa grande générosité, le roi immortalise la force de la royauté. Le sacre, une bénédiction considérable pour le futur roi.

Dans le royaume franc, Pépin le Bref fut le premier à être sacré roi et oint. Il le fut à deux reprises, une première fois en 751, une seconde fois en 754 avec ses deux fils, Charles (futur Charlemagne) et Carloman par le pape Étienne II.

Du Moyen Âge est tout au long des siècles on disait du roi qu’il était le « Lieutenant du Christ », Bossuet 1627-1704, écrit « les princes agissent donc comme ministres de Dieu, et ses lieutenants sur terre », le mot « lieutenant » du latin (locum tenens) tenir lieu, signifie « celui qui tient lieu à la place de », en somme celui remplace le Christ lui-même Roi de l’univers, le roi à son échelle est semblable au Christ, il est comme Lui « l’oint du Seigneur ».

Et la mission royale s’inspire de celle du Christ. Il est aussi appelé le vicaire de Dieu « Vicarus Dei ». Il est important de souligner que le roi ne peut être divinisé, même si celui-ci représente les lois naturelles voulues par Dieu. Le roi reçoit « mandat du ciel » selon l’expression chinoise.

« Un tuteur, non seulement du bien public, mais du bien de chacun en particulier », c’est comme cela que le moine Richer de Reims 940-998, définit Hugues Capet, le fondateur de la dynastie capétienne. Huit siècles plus tard, à la veille de la Révolution française, c’est au tour de Louis XVI de dire, « Les rois sont les tuteurs et les chefs de la société ». Montrant bien la définition de la royauté capétienne dans son principe.

On le voit bien le roi en tant que tuteur agit en son royaume sur la société, pour l’ordre et la prospérité. Seul le roi donne une unité au peuple de par sa nature unitaire, lui seul ordonne la société. Si le principe n’est pas établi, alors entre en jeux des groupes d’intérêts et d’influences qui s’opposent entre eux, qui mènent inévitablement au désordre.

Or, « tout royaume divisé contre lui-même court à sa ruine, et ses maisons croulent l’une sur l’autre » (Luc 11,17). Pour marquer sa solidité, le roi ne peut être inféodé à des forces inférieures qui entraînerait à lui faire perdre sa légitimité (ex. : Louis XVI roi de France, devenu roi des Français de 1789 à 1792). En étant maître de sa personne, le roi peut alors être le maître de ses peuples.

Le roi possède un regard éclairé et un esprit calme, alors le roi n’est plus une personne mais une institution. Il n’est plus un prince avec les goûts et les ambitions d’une personne privée, ni homme politique, mais le roi sans autre intérêt que celui de tous ces peuples. Dieu a établi les rois pour veiller au bien, à la sûreté et au repos de leurs sujets, et non pour sacrifier ce bien à leurs passions particulières, Mazarin 1602-1661.

À cet effet le roi doit se gouverner lui-même en étant juste, il ne doit se laisser commander par ses désirs néfastes, par des pulsions et humeurs, qui pourraient nuire à son jugement. Ainsi, un genre de littérature développé au Moyen-Âge ont rappelé le caractère éthique et religieux attendu de celui qui règne et gouverne. Beaucoup de rois de France ont souligné leurs proches, ont étaient surpris des changements positifs lors du sacre.

L’exemple du roi Louis XII est le plus parlant ; ancien duc d’Anjou, déclara à ceux qui l’engageaient à profiter de sa nouvelle position pour régler des questions personnelles, il leur répondit « Il ne serait pas décent à un roi de France de venger les injures d’un duc d’Anjou ». On le constate, le caractère du roi prend le dessus sur sa vie antérieure. Le sacre et l’initiation royale changent totalement la nature de celui-ci, du prince qui devient roi.

Il ne s’appartient plus, la transcendance lui offre la fonction propre de la qualité royale. Ainsi, constamment le roi doit surveiller sa vertu. L’œuvre d’Aristote 384-322 av. J.-C. nous rappelle pour qui la royauté est le meilleur des régimes, à condition que le règne s’accomplisse par la vertu, pour le bien commun. Mais la santé du corps n’est rien sans la vertu de l’âme et la qualité de l’esprit.

C’est même ce parfait équilibre qui caractérise le titulaire de la fonction royale.

Un roi thaumaturge :

Robert le Pieux 972-1031, fils de Hugues Capet, est ici un modèle royal, mais encore christique, qui ouvre la voie à la tradition thaumaturgique de la monarchie française (1). Un jour de Pâques, dans son palais de la cité à Paris, entouré de pauvres comme à son habitude, Robert le Pieux se lave les mains avant de passer à table, lorsqu’un aveugle lui demande de lui jeter de cette eau à la figure, par jeux, le roi s’exécute, et à l’instant, sous les yeux de tous les grands du royaume qui étaient présents ce jour-là, l’aveugle se trouva guéri de sa cécité par la seule aspersion de cette eau.

Le roi paternel :

Le roi considéré comme le « Père du peuple » dès 1506 en France, lors des États-généraux réunis à Tours, le roi Louis XII est titré de « Père du peuple », en reconnaissance de la paix intérieure, de la réforme de la justice et de la diminution d’un quart d’un impôt, la taille. Au XVIIème siècle Bossuet, affirme « le nom de roi est le nom de Père », dans la politique tirée des propres paroles de l’Écriture. Là encore le roi, reste fidèle à une conception aristotélicienne d’une monarchie paternelle ou le prince, soucieux de bien public, se voue à la défense de ses sujets et à la conservation de leurs biens.

En France, le roi ne peut-être que catholique, car la France est née catholique. Antérieure à la loi de catholicité, est la loi salique, qui définit la succession, ou seul l’héritier mâle prend possession du titre, lois tenues pour être inviolable.

Le sacre et le couronnement sont les arrhes et les marques des rois de France. Le roi est la tête du royaume. Au début du XVème siècle le juriste Jean de Terrevermeille 1370-1430, expose dans ses « Tractatus », que le royaume est un « corpus misticum » semblable au corps mystique du Christ dont le roi est la tête. En 1661, Louis XIV signifiait à son fils Louis de France dit « le Grand Dauphin », dans ses Mémoires pour l’instruction du Dauphin, nous sommes la tête d’un corps dont ils (les sujets), sont les membres.

Avec ses Mémoires pour l’instruction du Dauphin, Louis XIV a voulu transmettre les secrets de la royauté et les leçons éternelles qu’il faut éviter et suivre, mémoires de Pellisson 1624-1693, historien et écrivain.

Au regard des principes de la royauté, le roi de France a un statut de légitimité unique, consacré par l’onction divine, le plaçant très au-dessus des corps et des ordres de la société. Ainsi, au Moyen-Age, Jean de Gerson 1363-1429, chancelier de l’Université de Paris, appelle le souverain « roi très chrétien, roi légitime sacré, roi spirituel et sacerdotal ».

Le roi pièce maîtresse du gouvernement de Dieu :

Il y a la vision d’une sainte fille du calvaire au Marais à Paris où elle entendit très distinctement la parole de Dieu, à propos du roi Louis XIII, « le roi n’est pas né pour lui-même mais pour moi et son peuple ». Sous le règne du roi Louis XV, un visiteur anglais à Paris remarque que même à la fin du règne de ce roi, « le mot roi, évoque chez les français, des idées de bonté, de gratitude et d’amour, autant que de puissance de grandeur et de bonheur ».

Le roi, éclairé :

Le roi était aussi un homme éclairé, on le voit à la fois encouragé les sciences, les arts, primer les découvertes utiles, et ordonner des travaux immenses sur tous les points du royaume.

Enfin, enveloppant plus de deux cents ans de règne des rois Bourbons, et à la veille de la première Restauration, quinze minutes avant en 1813, le général anglais Lord Welligton affirmait, « Que les Bourbons furent toujours une dynastie magnifiquement authentique, et la servir était un honneur dans un monde de parvenus, d’usurpateurs et de tricheurs ».

Quand l’existence de tous les sujets du royaume de France, la terre des lys, se déroulait sous les principes de la royauté, mis en œuvre sous la responsabilité d’un seul homme, le roi de France choisi par Dieu pour commander les peuples, et de connaître en détail les affaires du royaume, pour n’y laisser cachée aucune injustice.

Philippe Didier

(1) cf. Marc Bloch, Les Rois thaumaturges, nouv, édi. Gallimard, Paris, 1983, où le cas de Robert le Pieux est largement évoqué.

1) Quand Louis XIV joue de la parabole pour justifier sa politique et la pérennité de la dynastie royale :

Édouard Guillou, Versailles, le palais du soleil Plon, 1963.

2) Bossuet 1627-1704 : Les princes agissent comme ministres de Dieu…

La royauté et le sacré de Christophe Levalois p. 21 Les Éditions de Cerf 2016.

3) Le moine Richer de Reims 940-998 : Tuteur non seulement du bien public mais du bien de chacun…

Le roi absolu de Joël Cornette p. 7 Édition Tallandier 2022.

4) (Luc 11, 17) Or tout royaume divisé contre lui-même court à sa ruine …

La royauté et le sacré p. 79.

5) Louis XII, « Il ne serait pas décent à un roi de venger les injures d’un duc d’Orléans… »

La royauté et le sacré p.109.

6) L’œuvre d’Aristote 384-322 av. J.C., pour qui la royauté est le meilleur des régimes à condition que le règne s’accomplisse par la vertu… « 

La royauté et le sacré p. 47.

7) Robert le Pieux déjà sourcé :

8) Le paternel, le roi considéré comme « père du peuple » dès 1506…

La royauté et le sacré p, 116.

9) Bossuet, « le nom de roi est le nom de père »

La royauté et le sacré p, 117.

10) Le juriste Jean de Terrevermeille 1370-1430 expose dans ses Tractatus…

La royauté et le sacré p, 39.

11) En 1661, Louis XIV, signifiait à son fils le Grand dauphin  » Nous sommes la tête d’un corps dont ils (les sujets) sont les membres…

La royauté et le sacré p, 39.

12) Au Moyen-Age, Jean de Gerson 1363-1429, Chancelier de l’Université de Paris, appelle le souverain « roi très chrétien »…

La royauté et le sacré p, 65.

13) Vision d’une sainte fille du Calvaire au Marais à Paris, où elle entendit très distinctement la parole de Dieu…

Ainsi Dieu choisit la France de Camille Pascal, p, 265.

14) Un visiteur anglais évoque sous le règne de Louis XV,  » Le roi évoque chez les français, des idées de bonté, de gratitude et d’amour…

Louis XVIII de Philip Mansel, p, 20.

15) Le général Lord Wellington, à la veille de la Restauration…

Wellington, Elyzabeth Longford, Wellington The years of the sword, 1969 p, 21.

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