[Un émigré en France] Un catholique, un républicain et un tchétchène dans un train…

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Les voyages en train dans ce pays sont décidément toujours une aventure riche en péripéties et en rebondissements. Je me trouve dans un TER en direction de Troyes depuis Paris. Nous sommes un samedi et il se trouve qu’à partir du lundi suivant, le masque n’est plus obligatoire. Allez savoir pourquoi, les décisions administratives discrétionnaires et politiciennes n’ont plus aucun sens, mas l’incohérence et l’absurde semblent avoir leur effet : à force d’ordonner tout et son contraire de façon abrupte dans contexte de terreur, on a dressé psychologiquement les gens à obéir aveuglement, sans aucun discernement.

Je monte donc dans ce TER, une heure trente minutes à tenir sans le masque. J’arrive sur le quai, au   loin un contrôleur, j’évite le risque et monte dans le premier wagon puis remonte de l’intérieur le train, jusqu’à trouver une place en face d’un homme barbu qui ne porte le masque qu’en bavoir.

 Je suis en forme aujourd’hui, je prends la résolution de résister frontalement au port du masque : à ce rythme, il ne me reste plus que deux jours et deux trajets pour voir si je vais parvenir à me fare verbaliser, sans provoquer évidemment.

 

Alors je ne mets pas le masque.

 

Le train démarre. Puis le contrôleur passe une première fois après quelques minutes et me fat un commentaire, il continue son chemin vers l’arrière du train. Je suis dans une position défavorable, puisque je suis pile poil en vis-à-vis des portes du wagon et le contrôleur voit tout de suite si j’ai le masque ou non.

Je ne le mets pas. Une dizaine de minutes plus tard le contrôleur masqué repasse, et me refait un commentaire. Il s’arrête cette fois-ci. Je ne réagis pas d’abord à son commentaire, je lis, mine de rien. Je n’ai ni nourriture ni boisson, ni masque posé sur ma tablette, donc je ne donne aucune excuse au contrôleur pour ne pas me contrôler.

 

Il m’interpelle une seconde fois, je suis bien obligé de lever la tête et quitter mon missel des yeux, de le regarder et de dire : « pardon ? ».

« Pouvez-vous porter le masque ? »

« Oui, je peux le faire. » (Ce doit être mon côté Pierre Dac).

« … Maintenant !! », m’envoie-t-il, les yeux presque injectés de sang.

« Pardon, je comprends pas »

« Veuillez porter le masque »

« Je suis résident étranger et… »

« Je n’en ai rien à faire, portez le masque ! »

« Et je suis asthmatique » (ce qui est vrai)

« Avez-vous un mot de votre médecin ? »

Silence, je reste interdit. Il me prend pour un gamin à l’école qui n’a pas fait ses devoirs et qui doit présenter un mot de ses parents, ridicule.

« Non, évidemment, je n’ai pas de mot de mon médecin mais… »

« Alors portez le masque, maintenant !!!! »

« Je ne comprends pas. »

« Et 135 euros, vous comprenez ? Mettez le masque »

Je laisse passer quelques instants, je réfléchis.

 

« D’accord, je veux bien prendre un billet premium à 135 euros, c’est vendu. »

Le contrôleur, visiblement énervé : « ce n’est pas un ticket premium, c’est une amende, une verbalisation! »

« Question de vocabulaire, je considère ça comme une super première classe, alors 135 euros ? »

 

Mes voisins, en face et à côté, tirent des yeux horrifiés, comme s’ils avaient peur que ma résistance retombe sur eux.

 

Le contrôleur, surpris de ma résistance, rétorque ensuite :

« Si vous ne mettez pas votre masque, j’ai le droit de vous faire descendre à la prochaine station de train, vous savez? »

Ah bon ? Si c’est le cas, c’est grave ce qui se passe dans ce pays : un contrôleur qui a le droit non seulement de verbaliser mais de vous vider.

Je réfléchis quelques instants, je prends mon temps, pour bien lui montrer que je n’en rien à faire de son masque.

Je sis près de lui rétorquer : « d’accord, mais sachez que je ne descendrai pas de ma volonté propre », histoire de le mettre devant le choix d’appeler la police, de me vider de force et de faire prendre du retard à un train bondé.

 

Sauf que je rends visite au parrain de mon fils que je n’ai pas vu depuis trois ans, ce ne serait pas charitable de prendre le risque de ne pas le voir pour ces pécadilles.

 

Alors je prends un masque dans ma poche et tranquillement, je le mets, en disant au contrôleur : « Je vous remercie, car j’enquête sur l’état de la France, et vous aurez la chance d’être le sujet d’un de mes articles » (promesse que je réalise ici).

 

Le contrôleur lance un juron, encore plus énervé, et pars en trombe. Dès qu’il disparaît, je retire mon masque que je pose sur la tablette.

Mes voisins me dévisagent encore plus, visiblement me prenant pour un malade mental.

 

Je laisse passer quelques instants, puis je m’adresse à mes 7 voisins (deux carrés) : « J’enquête sur l’état de la France, que pensez-vous de ce que je viens de faire, c’est bizarre ? Cela fait trois ans que je ne suis pas revenu en France, alors je suis curieux. »

 

Aucune réponse. Je regarde mes voisins, soit ils évitent mon regard, comme s’ils disaient « impur ! Ne me parle pas ! », ou mon voisin d’en face fat un signe du style, « non, non », sans animosité.

 

Quelques instants passent. Je réfléchis. Bon, le contrôleur m’a dans le piffe, s’il repasse et que je n’ai pas du tout le masque, il va vraiment s’énerver, alors je cède à la prudence et met le masque en bavoir, pour faire style.

 

J’entame des rosaires en boucle.

Mais le meilleur est à venir…

 

Mon voisin d’en face se lève et va aux toilettes. Il revient sans masque, comme pour dire « je n’a pas peur moi non plus ».

Il s’assot et entame la prière musulmane du soir, relativement discrétement, comme pour dire : « toi le catho, tu n’as pas peur, mais moi non plus, et je prie sans masque ».

Ila vait vu ma médaille miraculeuse et mon rosaire, donc il fat la concurrence.

 

Sa voisine, une lycéenne visiblement, hallucine, comme on dit, devant ce duel de prières musulmanes vs chapelet.

 

Après sa prière il remet son masque, de façon presque comique, en le faisant passant sur ses cheveux, et  juste une branche, le reste pendant, comme pour dire : « toi tu le mets en bavoir, moi j’enlève une branche, nous les musulmans on est plus courageux, et j’en ai rien à faire de ce masque ».

 

Précisons que ce musulman est une baraque et qu’il dispose d’un avantage pratique important : il est dos à la porte d’où peut arriver le contrôleur, donc s’il arrive, il verra forcément tel ou tel voyageur réajuster le masque, ou le mettre, comme moi, et juste par un rapide geste de la main droite, remettre le sien.

 

Un certain temps passe, je continue d’égrainer.

Puis j’enlève moi aussi la branche droite de mon masque, comme pour dire : « rien à faire, je suis ! Moi aussi je n’ai pas peur ».

 

Et le voyage continue.

Le contrôleur n’est jamais repassé finalement.

 

Et mon voisin d’en face était en fait tchétchène : cyrillique sur son téléphone, et du « Da », « Niet » au téléphone. Excellent ces tchétchènes.

 

Je descends ensuite à Troyes, peu avant l’arrêt je me lève et le tchétchène me tend le poing serré avec un sourire et un regard appuyé, encourageant « entre guerriers on se comprend, continuons la résistance ».

 

Je lui rend son sourire et son regard. Un moment d’intimité avec avec un tchétchène qui ne parle pas la langue, qui l’eut cru…

 

Je saisis l’occasion, et sors de mon sac une médaille miraculeuse que je pose sur sa tablette.

 

Il me fat un air quelque peu penaud « je ne peux pas refuser, tu m’as bien eu ».

Puis je descends.

 

Je pris pour la conversion de cette personne.

 

Au fait, il y avait aussi une bonne sœur de l’autre côté, qui a tout vu et entendu, sans réaction et toujours avec le masque…

 

Un ennemi loyal et guerrier vaut mieux qu’un apostat pervers et sadique, comme quoi.

 

Enfin, ces voyages en train sont une bonne occasion de cultiver ses vertus cardinales, en particulier de force et de prudence…

 

Pour Dieu, pour le Roi, pour la France

Paul de Beaulias

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