Non au jacobinisme, oui au localisme !

Le conflit remonte (déjà !) à l’époque de la Révolution française. Celle-ci, et le Premier Empire surtout, ont marqué le triomphe du jacobinisme, de la centralisation du pouvoir et de la lutte contre les particularismes locaux, symbolisée par la figure émergente du préfet. En dépit des nombreux changements de régime qui ont suivi, jamais cette doctrine centralisatrice n’a réellement été remise en cause si ce n’est à la marge. Avec la mise en place du régime républicain à partir de septembre 1870, les jacobins ont gagné la partie. Pour détourner le mot célèbre d’Adolphe Thiers, « la République sera centralisée ou ne sera pas ».

L’instauration de la Ve République et les années De Gaulle symbolisent ce modèle triomphant. Mieux que quiconque, le général de Gaulle incarne la centralisation et le triptyque commune-département-État, sous l’autorité essentielle des préfets qui, dans chaque département, se font le relai de la doctrine gaulliste. Ironiquement, c’est pourtant De Gaulle lui-même qui mettra un premier coup à son modèle en proposant le référendum de 1969, rejeté par le peuple, qui devait constitutionnaliser l’existence des Régions comme collectivités territoriales. Curieuse idée de l’incarnation même du centralisme que de lancer le premier pas vers la décentralisation ! Peut être faut-il y voir le trait d’un de Gaulle se gauchisant à la suite de Mai-68, comme l’illustrent ses étranges rêves d’autogestion des entreprises à la fin de son mandat ou sa réforme sur l’autonomie des universités.

Un peu de décentralisation …

Il faudra attendre 1982 pour que commence une véritable décentralisation. Avec les lois Defferre votées sous la présidence de François Mitterrand, les régions acquièrent une certaine autonomie. Avec la révision constitutionnelle du 28 mars 2003, la France devient une République dont « l’organisation est décentralisée». Avec la loi NOTRe de 2015, la France est divisée en 13 grandes régions aux compétences étendues. Pourtant, à y regarder de plus près, ces lois n’ont pas la signification que les défenseurs acharnés de la centralisation voudraient leur donner. Car, pour les partisans de la République centralisée à outrance tels Jean-Pierre Chevènement, Nicolas Dupont-Aignan ou même, à sa manière, Jean-Marie Le Pen, toute décentralisation est en soi une faute. Il suffit de se rappeler leurs cris d’orfraie face à l’autonomie accordée à la Corse à travers la collectivité territoriale unique.

Il faut bien reconnaître que les mouvements politiques régionalistes justifient par leur gauchisme le rejet de la décentralisation au sein de la droite nationale. Que ce soit au Pays basque, en Bretagne, ou même en Corse, les régionalistes et les indépendantistes se caractérisent par un rejet de l’identité française tout en acceptant l’arrivée de l’immigration afro-maghrébine, le tout agrémenté d’un gauchisme sociétal en faveur du lobby gay et contre le patriarcat. Piètre image du régionalisme ! Rejeter la France au nom de son identité régionale mais vouloir accueillir des populations dont les caractéristiques et le mode de vie sont à l’opposé des valeurs basques ou corses, il fallait le faire ! Mais fort heureusement certains mouvements politiques redorent le blason des identités régionales. Des mouvements autonomistes alsaciens, comme Alsace d’abord, ont connu un certain succès électoral en tenant un discours proche de la droite identitaire. En Bretagne, le mouvement des bonnets rouges a permis l’émergence de discours identitaires bretons beaucoup moins hostiles à la France. Enfin la mouvance identitaire, à travers ses branches régionales comme Nissa Rebela, la Ligue du Sud ou la Ligue du midi, a défini une doctrine réconciliant nationalisme et identités locales et régionales.

Il serait dramatique de tomber dans le piège des gauchistes en diabolisant le régionalisme sous prétexte que les porte-parole choisis par les médias sont proches de l’extrême-gauche. En réalité, identité locale, identité régionale et identité nationale sont complémentaires. On commence par être attaché à sa petite patrie, c’est-à-dire sa famille, son village, sa région ou sa province, puis on l’est aussi à sa grande patrie et enfin à notre civilisation européenne. Être identitaire, c’est défendre son identité charnelle, la terre de nos ancêtres. Cela n’a aucun sens de demander à notre peuple de choisir entre son identité bretonne, corse ou basque et l’identité française ; les deux doivent coexister, de même que la préservation des langues régionales est un trésor pour notre identité. Ayons le courage d’être régionalistes parce que français, d’être localistes parce qu’anti-mondialistes ! La doctrine jacobine est un héritage de la Révolution française et c’est une excellente raison pour en sortir.

Mettre en place un nouveau modèle

L’enjeu est de mettre en œuvre un nouveau modèle respectueux de nos vieilles provinces. Supprimons les départements désuets, vieil héritage révolutionnaire qui ne correspond à rien d’un point de vue historique, culturel et identitaire. Tracés par les révolutionnaires selon des principes mathématiques, ceux-ci ne servent aujourd’hui qu’à financer l’assistanat, l’immigration et la culture de la fainéantise à travers le RSA et autres aides bien trop généreuses. Renouons avec une carte des régions réellement identitaire, avec une véritable Bretagne élargie jusqu’à Nantes, l’Alsace et la Savoie tracées selon leurs frontières naturelles. Osons donner à la Corse le statut d’autonomie qu’elle mérite, tant elle constitue aujourd’hui le premier bastion identitaire de France, illustrée par le rejet viscéral de toute intrusion étrangère au sein du peuple corse qui se constitue en communauté afin de perpétuer son héritage. L’Europe de Bruxelles cherche à utiliser les régions pour détruire la France. Retournons cette arme contre elle en mettant en place des régions identitaires, de la même façon qu’il faut opposer la civilisation européenne à l’Europe de Bruxelles.

En réalité, la décentralisation a toujours été limitée en France en raison de l’héritage jacobin. Il est totalement absurde de comparer les 13 régions issues de la loi NOTRe aux Länders allemands qui possèdent même des compétences régaliennes comme la police. Le mille-feuille administratif (région, départements, intercommunalités, communes) empêche le développement des identités locales et c’est pourquoi il faut en sortir en découpant la France en une trentaine de régions basées sur les réalités identitaires de notre histoire. Charles Maurras en son temps avait parfaitement compris l’intérêt de la décentralisation et des libertés locales. « L’autorité en haut, les libertés en bas » : voici une formule intelligente pour un nationalisme ancré dans le XXIe siècle. Valorisons les identités locales et les communautés locales contre le grand remplacement et l’oligarchie mondialiste ! Sortons du jacobinisme et entrons dans l’avenir !

Frédéric Andreu
En collaboration avec Nous sommes Partout

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