Les âges révolus

Mon grand commence à apprendre la propreté. Cela semble anodin, mais quelle aventure pour les petits ! Du jour au lendemain, ils doivent grandir, faire des efforts, persévérer… juste pour ne pas se faire dessus. Le petit homme part de loin, et nous en venons tous… Être mère de famille rappelle l’humilité, pour sûr !

Bref, mon grand, ce matin, pendant le petit déjeuner a pris une pose inoubliable ! Le menton dans sa main droite, le regard dans le vide, il avait un air nostalgique, un peu triste, mais résigné, et content à la fois : l’air de celui qui se souvient d’un passé révolu, le passé des couches et de la facilité passée, qui ne reviendra plus jamais… Déjà, à 2 ans et demi… Pas besoin d’être vieux pour ressentir ce genre de choses… Et en même temps, il semblait fier de se savoir plus grand, plus adulte, de pouvoir mieux faire ce pour quoi il est fait. De se savoir plus proche de notre fin.

Au fond, la vie de l’homme est une succession d’âges destinés à être révolus, pour grandir, devenir adulte, devenir responsable et fort en volonté. Devenir un homme bon. Devenir un serviteur de Dieu. Et des étapes, et des âges doivent être révolus : départ du foyer, mariage, entrée en religion, etc. Sans retour ! Ou pas… Au fond, le mal de notre âge révolutionnaire, c’est de ne pas vouloir tourner les pages, de ne pas vouloir abandonner ce qu’il faut abandonner. Comme disait saint Paul, il est bon de raisonner en enfant quand on est enfant, mais il faut raisonner en adulte lorsqu’on est adulte…

Les adultes, aujourd’hui, sont d’éternels enfants. Ils divorcent ou font leur « Tanguy ». Irresponsables, ils s’éclatent au détriment de l’éducation de leurs enfants ou de la constitution d’un foyer... C’est paradoxal en un certain sens… La révolution tonitruante vocifère qu’elle est un grand pas en avant… mais, en fait, elle nous enchaîne à nos couches-culottes spirituelles, et ce pour toute la vie ! C’est logique, en fait : la révolution détruit tout ce qui nous fait grandir : l’autorité, l’Église, le Roi, le père et la mère de famille, l’armée, etc.

Alors prions pour que tous ces modernes qui ne tournent jamais la page, et qui restent des gosses irresponsables, grandissent enfin et acceptent les réalités de notre nature et de notre fin sur cette terre. Il n’est jamais trop tard pour grandir !

La révolution déteste tourner la page. Seule la tradition permet de tourner les pages qu’il faut tourner, et conserver ce qu’il faut conserver !

Pauline Blanche

Pour Dieu, pour le Roi, pour la France !


Illustration : Brad Pitt, dans L’Étrange Histoire de Benjamin Button (2008).

Une réflexion sur “Les âges révolus

  • 18 septembre 2020 à 08:14
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    Je loue personnellement Dieu de ce qu’à 63 ans, j’aie cette santé si bonne, mis à part les dégradations dues à l’âge, les ennuis plus ou moins graves de prostate chez les hommes, d’autres chez les femmes. En plus, de n’avoir pas cette mentalité de nos parents et plus anciens à s’asseoir dans leur fauteuil à regretter le temps passé, à lire « Notre Temps » et à regarder la troisième chaine de télévision. Je serai très bientôt à la retraite et Dieu fasse que je « fasse »! ce que j’ai prévu de faire: promener un chien que j’aurai adopté, reprendre le Karaté, que sais-je !!!!!

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