Notre temps est béni !

Tout s’écroule autour de nous. Nous n’avons plus rien matériellement : plus de famille, plus de véritable « condition » d’état, plus d’attaches fortes à nos terres, plus de liens forts entre concitoyens, plus de pays à protéger contre l’envahisseur — le loup est désormais dans la bergerie et nous ne parlons pas des traîtres de l’intérieur ! Nous sommes étrangers chez nous, vagabonds à la maison, voyageurs à domicile. La société se défait ! Nous vivons dans le tout-compétition, le tout-marchandisation, le tout-défiance, le tout-méfiance et la guerre. Nous n’avons plus la paix, violentés que nous sommes par la télévision, les politiques, les lois iniques, la police, la pensée unique, la torture psychologique, l’infantilisation permanente, la séquestration à domicile, le bâillonnement obligatoire, la piqûre globale pour le troupeau de chair humaine que nous sommes devenus, le vol et la confiscation légaux via l’impôt, la corruption des mineurs via l’École et tout ce qu’on appelle indûment « culture », la corruption des adultes via la banalisation des pires mœurs, la destruction des familles, celle des villages aussi — via leur défiguration et leur enlaidissement, via leur urbanisation, via la fermeture des cafés et autres lieux de sociabilité — et celle de nos corps, avec les faits de guerre et exécutions sommaires islamiques, les incarcérations pour crime de mal-pensance, etc.

Nous ne parlons même pas du battage anticatholique : interdiction des messes et de l’école à la maison, attaque contre les écoles catholiques hors-contrat et autres scandales, encouragés par la démission des clercs et de l’Église post-conciliaire…

Vous allez me dire que ce n’est pas la joie. A priori, vous avez raison… et pourtant ! Nous avons la chance de n’avoir plus rien (ou si peu) à perdre ! Nous ne sommes plus encombrés d’attaches pesantes susceptibles d’entraver notre fidélité au Roi, et notre fidélité à Dieu. Nous sommes déjà esclaves des écrans, des « entreprises » néo-soviétiques, des divertissements en tout genre, de la dictature du régime et du culte du corps. Alors, quelle invitation fantastique (et facile à accepter), si l’on y réfléchit bien ! Libérons-nous de ces esclavagismes si dégradants et redevenons des esclaves de Dieu, dont le Roi de France est le lieutenant en son royaume. Quel doux esclavage !

Imaginez nos ancêtres. Eux aussi étaient des esclaves du monde et du péché — car il ne faut pas croire que l’esprit mondain était moins puissants autrefois —, mais leur esclavagisme était un peu moins dégradant, car le monde était toujours publiquement et foncièrement subsumé au Salut et à l’ordre surnaturel.
Imaginez maintenant les anciens païens.  Les civilisations romaine, chinoise ou japonaise, par exemple, ont fait rêver par leur « grandeur »… Le Tentateur use des outils adaptés aux âmes de son temps : pour des âmes grandes, des tentations nobles ; pour des âmes bestiales, des tentations dégradantes et brutes !

Rappelez-vous qu’un saint Thomas d’Aquin, issu d’une des familles les plus illustres d’Italie et apparenté à l’Empereur était promis à un confortable supériorat dans l’une des plus grandes abbayes bénédictines du temps. Cet état lui aurait permis de satisfaire son penchant spirituel, tout en n’abandonnant pas le monde, tout en jouissant des applaudissements de toute l’Église du temps. Pourtant, le Docteur Angélique a dû tout abandonner du monde pour devenir ce qu’il fut. De même pour un saint François d’Assise, un saint Paul, un saint Martin ou un saint François Xavier.

Ces saints ne fuyaient pas le monde pour prendre un peu de repos : ils sacrifiaient tout ce qu’ils étaient, leur nom, leur ascendance, leur richesse, pour l’Amour du Christ et le salut des âmes ! Imaginez le pas et la force de leur vocation, de leur foi pour aller contre tout ce qu’ils étaient, contre tout ce que le monde leur avait donné.
Nous, au vingt-et-unième siècle, qu’avons-nous à abandonner ? Quelques écrans et quelques divertissements qui nous gangrènent le corps et l’esprit ? Ce n’est pas grand-chose ! En cela, le bon Dieu nous donne des voies pour L’aimer, sans les difficultés insurmontables des temps de grande Foi et de Chrétienté, où pullulaient aussi les faux dévots.

Alors, soyons gré à Dieu de notre médiocrité et de la médiocrité de notre temps ! Tout nous sera plus facile ! Il nous suffit de dire la vérité, d’être un peu courageux, fidèle et charitable dans la justice ! Appuyons-nous sur Dieu et sur le bon sens naturel pour percer d’un trait de lumière — aussi faible soit-il en comparaison des éclats brillants de nos ancêtres — les épaisses ténèbres environnantes qui n’eurent d’égal que dans les temps païens. Oui, un seul de nos saints aïeux irradiait bien plus que nous tous réunis, mais ils étaient moins visibles car les alentours étaient lumineux ! Nous, qui sommes plongés dans les ténèbres, nous ne serons que de faibles miroirs bien ternes pour la lumière divine, mais continuons néanmoins de refléter encore et encore, d’imiter encore et encore, pour dissiper les ténèbres et dévoiler des miroirs purs, sans cassures et sans fissures !

Rémi Martin
Pour Dieu, pour le Roi, pour la France !

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