Qu’est-ce qu’un yankee ?

Un américain a priori. Enfin du moins c’est que nous pensons en général. Peut-être faut-il ajouter que terme contient immanquablement une petite pointe de mépris sympathique, presque beauf  – mais enfin, en français le mot même « d’américain », au fond, n’est-il pas un peu méprisant malgré l’américanisation massive de la société ? Le comble, certes.

J’ai découvert récemment grâce à un américain très peu conventionnel – légitimiste, c’est pour vous dire, et vraiment légitimiste, sans rire (la première fois qu’il m’a adressé la parole il m’a dit « vive le Roi ! » , alors même que je ne portais pas de signe distinctif sur moi, je vous assure) – que le mot yankee, que nous utilisons, enfin du moins que j’utilisais dans les cours de récréation de mon enfance, pour désigner indistinctement tout américain un peu « ranbow »- dans l’ambiance des amerlocs en botte qui vont faire la guerre avec leurs gros calibres pour tout faire péter- ne veut pas originellement dire ce que je croyais.

Cet ami américain m’a expliqué que le mot yankee désigne en fait les nord-américains, et non pas tous les américains de façon indistincte. Que ce mot extrêmement méprisant se généralisa parmi les sud-américains pendant la guerre de sécession, et qu’il sert à illustrer d’un mot tout ce qui oppose la civilisation nord-américaine révolutionnaire, libérale, puritaniste, industrielle, idéologique, cosmopolite – etc, etc- et la civilisation sud-américaine les pieds dans la terre, paysanne, communautaire, naturelle, moins libérale, parfois catholique, parfois d’origine française. Cette guerre de sécession, qui a laissé des séquelles incalculables aux Etats-Unis que nous autres européens sous-estimons trop souvent, marquent pour cet ami le début de la fin des Etats-Unis ; et il doit avoir raison. Disons que de toute façon ses débuts étaient déjà une fin, puisque sa « déclaration d’indépendance» parle  « du Dieu de la nature », qui n’est a priori pas le Dieu personnel Créateur des hommes – distinction capitale – mais plutôt le Prince de ce monde… Bref, ce qui est certain, c’est que cette guerre de sécession a installé l’hégémonie des puritanistes protestants sur le pays, qui mirent en place un gouvernement fédéral étatiste aux tendances donc expansionnistes, intrusives et totalitaires, comme il se doit dans tout pays révolutionnaire.

Mais le sud n’a pas oublié, et conserve ses spécificités, cette bonne odeur de l’ancien qui s’embellit avec l’âge et l’expérience – les illuminés diront le ranci réactionnaire j’imagine – bien dans ses bottes, prenant soin de la (sa) famille et de la (sa) communauté.

Yankee donc : même aux Etats-Unis l’opposition révolution et contre-révolution a un sens profond qui illustre une division profonde du pays, mais aussi la division qui existe dans chacune de nos âmes entre les tentations de la vanité, de la contre-nature, de l’orgueil, du plaisir, de l’immédiat, de la division et l’appel à l’humilité, à la charité, à l’espérance, à la sainteté, à la gratitude, à l’harmonie, à l’union.

Nous avons heureusement notre bon Roi qui constitue notre clef de voûte, notre étoile polaire, qui permet d’incarner un repère stable dans la longue histoire et un modèle aujourd’hui. Qui sait, les anciens territoires de notre Royaume outre-Atlantique se rappelleront peut-être de leur roi – ils seraient capables de restaurer avant nous ces américains légitimistes, alors ne traînons pas de notre côté !

A la grâce de Dieu,

Paul-Raymond du Lac

Une pensée sur “Qu’est-ce qu’un yankee ?

  • 12 septembre 2019 à 10:38
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    Souhaitons que la Louisiane redevienne un royaume catholique à part entière…après l’effondrement des USA.

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