Du « peuple déicide » aux « frères aînés dans la foi »

Dans un communiqué du 28 février, la Conférence des évêques de France a annoncé qu’elle recevrait pour la première fois le grand rabbin de France Haïm Korsia et le président du CRIF François Kalifat pour leur remettre une déclaration solennelle intitulée « Lutter contre l’antisémitisme et l’antijudaïsme sera la pierre de touche de toute fraternité réelle ». Les fins connaisseurs apprécieront l’aspect maçonnique de l’intitulé ; entre la pierre de touche et la fraternité se glissent toujours les Loges.

La déclaration sera signée par Mgr Didier Berthet, évêque de Saint-Dié, ancien calviniste converti, président du Conseil pour l’unité des chrétiens — comprendre l’œcuménisme forcené de Vatican II — et Mgr Thibaut Verny, membre du même conseil, tous deux affidés de la ligue la plus progressiste de Vatican II.

Jules Isaac, membre du B’naï B’rith, grand contributeur de la réforme conciliaire auprès de Paul VI, avait toujours refusé ce qu’il appelait « l’enseignement du mépris » et bataillé pour faire ôter la mention « déicide » des textes liturgiques catholiques. En effet, rappelons quelques textes des Écritures. Première épître aux Thessaloniciens  (1 Th 2: 14-16) : « Ce sont ces Juifs qui ont fait mourir le Seigneur Jésus et les prophètes, qui nous ont persécutés, qui ne plaisent point à Dieu, et qui sont ennemis de tous les hommes ». Dans les Actes des Apôtres (Ac 5-28), les juifs s’expriment ainsi en parlant de Notre Seigneur Jésus-Christ : « Ne vous avons-nous pas défendu expressément d’enseigner en ce nom-là ? Et voici, vous avez rempli Jérusalem de votre enseignement, et vous voulez faire retomber sur nous le sang de cet homme ! », ou dans Matthieu 23-3 : « Vous savez que la Pâque a lieu dans deux jours, et que le Fils de l’homme sera livré pour être crucifié. Alors les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple se réunirent dans la cour du souverain sacrificateur, appelé Caïphe ; et ils délibérèrent sur les moyens d’arrêter Jésus par ruse, et de le faire mourir. »

Le cardinal Jean-Marie Aaron Lustiger, juif converti, pensait que « pour les chrétiens, la jalousie à l’égard d’Israël a très vite pris la forme de la revendication d’héritage. Éliminer l’autre si proche et pourtant si différent ! » En quoi les chrétiens peuvent-ils bien « jalouser » les juifs ? Mystère… Jean-Paul II avait qualifié lors de son discours à la synagogue de Rome (13 avril 1986) les juifs de « frères aînés », et ses successeurs n’ont eu de cesse de déplorer le refus de certains de voir le lien entre le judaïsme et le christianisme. Et si ce lien avait été définitivement rompu lorsque le peuple élu de Dieu refusa de reconnaître son Fils ?

Rédaction Nous sommes partout

3 réflexions sur “Du « peuple déicide » aux « frères aînés dans la foi »

  • 11 février 2021 à 15h17
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    Pour ma part, les Juifs sont à la fois des « frères aînés » dans la Foi (le Christ et les 12 premiers apôtres étaient pleinement…juifs) et « peuple déicide » ! et en espérant ne choquer personne, je dirai que ce sont bien plus les hommes, plus que les juifs de ce temps-là, qui ont crucifié Notre Seigneur… parce qu’Il était né parmi les Juifs.
    Que se serait-il passé si le Christ était né dans une autre nation ?

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  • 21 février 2021 à 9h51
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    J’avoue que je ne comprends pas très bien la deuxième partie de votre message: « ce sont bien plus les hommes, plus que les juifs de ce temps-là, qui ont crucifié Notre Seigneur… parce qu’Il était né parmi les Juifs.Que se serait-il passé si le Christ était né dans une autre nation ? ». D’abord « ce sont les hommes plus que les juifs ». Les juifs n’étaient-ils pas des hommes? De plus, si le Christ était né dans une autre nation, il y aurait une autre révélation, des dogmes différents, bref, une tout autre religion…Peut-être suggérez-vous que c’est l’humanité toute entière qui est responsable de la mort du Christ? Historiquement, je vois mal comment.

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  • 25 février 2021 à 12h40
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    Bonjour Pierre de Meuse,
    Je vous remercie d’avoir bien voulu réagir à mon commentaire, et je vais tâcher de vous répondre… Oui, vous avez bien compris mon « idée » (j’ignore si c’est le mot juste) que c’est bien l’humanité toute entière, de par sa nature, et marquée par le péché, qui rejette l’enseignement du Christ… humanité encore plus rétive de nos jours, hélas !

    Enfin, pas toute entière, puisqu’une belle partie a suivi son enseignement, malgré les péripéties de l’Histoire ! Je me suis souvent demandé ce qu’aurait connu le Christ s’il était né parmi une autre nation… et par quel moyen Il aurait été mis à mort.

    Finalement, après réflexion, je pense qu’Il ne pouvait pas naître ailleurs que parmi les Juifs… qui me semblent avoir rompu leur alliance avec Dieu par leur refus de reconnaître et de suivre le Messie ?

    Dans l’attente d’avoir le plaisir de vous lire également sur d’autres articles,

    Benoît L

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