[POiNT DE VUE] : ANARCHISTE ET ROYALISTE !

Je l’avoue, le titre provocateur est volontaire ! Mais plus sérieusement, il y a du vrai... Aussi je crois important de vous expliquer pourquoi je peux me dire royaliste et anarchiste !

J’appelle anarchisme la pensée qui prône une responsabilité de l’homme. En me disant anarchiste, je ne me revendique pas de la volonté enfantine de tout pouvoir faire au nom d’une absence de l’état, de Dieu ou de supérieurs dans la vie quotidienne. En me disant anarchiste, je ne me revendique encore moins du terrorisme que l’on imagine issu de cette idéologie en France et en Espagne durant la guerre civile. En me disant anarchiste, je m’inscris dans une lignée qui n’a pas trouvé d’autre adjectif pour se définir. En me disant anarchiste, je m’inscris plus dans l’anarchisme de droite... Pour moi, l’homme ne doit pas tout attendre de l’état.. Et l’état qui essaie de pénétrer la conscience des individus se rapproche tranquillement du totalitarisme comme l’a décrit Hannah Arendt. L’anarchisme d’aujourd’hui est la protestation contre un état-monstre qui s’approprie toute la vie de toute la population et qui a la prétention de définir le bonheur. Étrangement, la recette du bonheur selon l’état ne me convient pas.

Mais l’état a bon dos ! C’est plus précisément le gouvernement qui s’introduit dans nos vies et qui veut les régler... Entre les régler au nom de valeurs abstraites et indéfinies et mettre au pas nos pensées et nos actes, il y a un pas facilement franchissable ! C’est cette toute-puissance de l’état moderne et post-moderne que je rejette. J’appelle cela anarchisme tout comme J. R. R. Tolkien qui se disait anarchiste. Ainsi, pour éviter l’intrusion de l’état dans nos vies et surtout pour soutenir l’autonomie de l’individu face à la pieuvre que peut devenir l’état, le royaliste est presque sans le savoir un anarchiste. L’autonomie et l’indépendance de l’individu sont en effet essentielles pour le royalisme. L’homme ne peut pas tout attendre de l’état. Si c’est le cas, sa vie est régie par une idée abstraite qui pense à sa place. Il n’est nul besoin de vivre dans un pays totalitaire pour faire l’expérience d’un état qui prétend tout régir et qui prétend expliquer la vérité et le bonheur. Ceux qui ont vécu en France ces dernières années savent de quoi je parle... J’inclus dans l’autonomie personnelle et le refus de se laisser diriger par un état devenu omnipotent le fait de tout attendre de cet état : aide, argent, soutien. J’entends bien que la solidarité est importante mais la dépendance à l’argent de l’état -c’est-à-dire-à-dire le nôtre- augmente chaque jour un peu plus la force de cet état. Car l’on donne du pouvoir et de la force à qui l’on veut bien en donner et à celui duquel l’on veut bien dépendre. C’est sur cette base que je m’oppose au revenu universel qui se résume pour moi ainsi : tais-toi, tu es payé.

Le royalisme peut nous sortir de ce piège car la royauté traditionnelle est l’exact opposé de l’état post-moderne. La royauté traditionnelle est en fait un anarchisme ordonné ! En développant les solidarités traditionnelles et l’organisation de l’économie en branches ou en coopératives, elle renverse l’idée d’un état qui gère tout, qui peut tout et qui nous montre la voie comme s’il était une émanation divine. Le mot "anarchisme" est mal trouvé car il ne reflète pas la réalité de la chose qu’il recouvre mais il a l’avantage d’être explicite : l’état n’est pas un dieu ! Le royalisme devrait s’inspirer de cette autonomie personnelle et collective que prône un certain anarchisme (souvent dit de droite) pour se donner un seconde jeunesse car il meurt peu à peu de conformisme et de bourgeoisie. L’anarchisme royaliste, c’est vouloir un Roi qui incarne les peuples de France et qui ne prétend pas symboliser un état rapace de qui les individus dépendent pour vivre et sont donc amenés à en faire un dieu. L’anarchisme royaliste, c’est refuser que l’état prenne la place de nos consciences car lorsque c’est le cas, cela ressemble au bolchévisme ou à la bourgeoisie conservatrice et hypocrite de la Troisième république. Être royaliste, c’est pour moi  suivre cette  devise : le roi dans l’état, l’aristocratie dans les provinces et la démocratie dans la paroisse.

Je dois avoir gardé intact mon enfance et ma rébellion en estimant que le royalisme est un anarchisme qui s’ignore.

A E. P.

Charles d’Antioche

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Caricature du 4 novembre 2017
« La république des privilégiés »

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