Droit de réponse à la chaîne de télévision LCI

À M. Olivier Schrameck,

président du Conseil supérieur de l’Audiovisuel

39-43 quai André Citroën

75015 Paris

 

Westmount, le 30 octobre 2017

 

                        Monsieur le président,

 

   C’est proprement avec stupéfaction que les royalistes français ont appris que, le 18 ou 19 octobre dernier, une émission dite d’information, diffusée par la chaîne éponyme LCI, les assimilait aux néo-fascistes et aux néo-nazis et évoquait une idéologie commune aux « mouvances d’extrême droite » fondée, notamment, sur «  la critique radicale de la démocratie », sur l’autoritarisme et sur le racisme.

    Nous savons certes que le groupe TF1 ne brille guère par sa culture et que l’un de ses anciens présidents, au demeurant le plus emblématique, se vantait de n’avoir d’autre objectif que de «  vendre de la disponibilité de cerveau à Coca-Cola. » Mais de là à procéder à de tels amalgames - selon un terme très à la mode – il y a une immense distance.

    Faut-il donc rappeler que c’est la monarchie espagnole qui, en 1981, servit de bouclier à la jeune démocratie en empêchant un coup de force, tandis que les élus «  républicains » se cachaient déjà sous leurs bancs ?

    Se souvient-on que le général de Gaulle qui, à la différence de beaucoup de responsables «  républicains », n’eut affaire aux nazis qu’à coups de canons, ne cachait pas ses penchants monarchistes, confiant par exemple à Alain Peyrefitte qu’il regrettait l’échec de la campagne de 1873 ?

    Faut-il aussi rappeler que, en 1940, lorsque toutes les « républiques », française, américaine et soviétique, s’écroulaient, ou pactisaient, ou tentaient de pactiser, avec Hitler, c’est la monarchie britannique qui, seule, opposa un rempart au nazisme ?

    Faut-il également rappeler que c’est la Charte de 1814 qui, en France, sous le règne de Louis XVIII, introduisit le régime parlementaire et les libertés publiques après vingt ans d’exactions révolutionnaires et napoléoniennes ?

     Faut-il enfin rappeler que, depuis plus de deux siècles, les monarchies suédoise, danoise, norvégienne et hollandaise, bien que souvent présentées en France comme des royautés d’opérette – ce qu’elles ne sont nullement - constituent des régimes modèles sur le plan des droits de l’homme et de la femme ?

     Eh bien, oui, apparemment il le faut si nous voulons lutter contre la désinformation qui gangrène la France et l’insondable bêtise de certains qui «  causent dans le poste » en donnant des leçons.

    Les royalistes, légitimistes comme orléanistes, défendent aujourd’hui un modèle politique très évolué tout en prenant racine dans l’Histoire, et qui formerait un solide pilier de la démocratie et des libertés. Que les medias français n’en rendent jamais compte, ils s’y sont résignés. Mais qu’on travestisse à ce point leurs idées est absolument inacceptable.

     Je ne sais, Monsieur le président, ce que vous ferez de cette lettre, si d’ailleurs elle parvient jusqu’ à vous. Peut-être même ne recevra-t-elle pas d’accusé de réception. De toute façon, nous ne réclamons aucune sanction contre LCI, ni même de droit de réponse, préférant faire nôtre la phrase de Chateaubriand : «  Il est des temps où il faut distribuer son mépris avec parcimonie, en raison du grand nombre de nécessiteux. »

   Je vous prie de croire, monsieur le Président, avec mes regrets de voir l’audiovisuel français tomber aussi bas, néanmoins à l’assurance de ma considération la plus dévouée,

Daniel de Montplaisir 

 

Frederic de Natal & Vexilla Galliae

Commentaires  

#5 Marc 07-11-2017 14:28
Par définition, le royalisme se situe en dehors de ces clivages très politiciens... autrement dit très républicains...
Citer
#4 Meuse 02-11-2017 08:18
Ma foi, je n'aurais pas rédigé la lettre comme cela, mais l'intention est bonne.
Citer
#3 Jonathan_MTC 02-11-2017 01:02
En France, comme vous le savez, tous les journalistes de la télévision sont des jacobins convaincus. Autant dire que pour eux, tout ce qui menace de près ou de loin leur régime est un ennemi. Un ennemi qu'il est très commode, pour s'octroyer la faveur du public, d'appeler "nazi", "facho", extrême, ou neo-quelque chose.
Citer
#2 AudeLys 01-11-2017 11:25
Cela ne pouvait être ni plus clair, ni plus précis. Mais j'ai bien peur qu'ils ne comprennent pas bien votre courrier. Je dis "Ils" car ils sont tous pareils...
Citer
#1 cottereau 01-11-2017 10:23
le panache!
Citer

Ajouter un Commentaire

Abonnez-vous à notre newsletter

Caricature du 4 novembre 2017
« La république des privilégiés »

Aucun événement