[Point de Vue] Pour une monarchie rurale

« Les écolos, tous des gauchos. »
Puis vient la publication de l’encyclique Laudato Si.
« De toute manière le François là, lui aussi c’est un gaucho !
Butés comme ils sont, ils n’avanceront jamais, non mais sérieusement : interdire les aéroports…  Et après on vient pleurer parce qu’un zadiste est allé trop loin ! »

Oui alors non. Le discours quant à l’écologie est de notre côté bien trop absent, ou superficiel sinon écarté car trop connoté. Chaque catholique gagnerait à lire l’encyclique Laudato Si, mais pas seulement (le Saint Père le précise d’ailleurs en préambule). En effet, pour faire simple, la Terre étant le don de Dieu pour que l’homme puisse vivre, il apparaît légèrement incohérent de s’occuper du don de la vie comme sacré, mais de délaisser de l’autre côté le don pour la vie qu’est la Terre. De la même manière qu’il nous apparaît incohérent à nous de défendre les modes d’abattage prétendus inhumains et de l’autre côté de combattre pour un droit à l’avortement généralisé, si ce n’est à sa promotion. Le catholique royaliste doit ouvrir les yeux. Pas la peine de lire des rapports scientifiques, l’état actuel de notre jardin d’en bas est assez problématique pour qu’il soit évident. Non seulement l’état de notre Planète, mais plus encore le rapport que nous y avons. Trop souvent nous laissons de côté le thème de l’écologie, par choix ou dédain. Il y aurait tant à gagner à suivre une ligne d’ « écologie intégrale » comme la défend la revue Limites (par exemple) ! Cessons cette incohérence, continuons de combattre pour la vie, mais attardons-nous aussi sur ce qui entoure, ce qui permet cette vie si sacrée.

L’écologie intégrale est aussi un mode de pensée quant au développement, quant aux sociétés. Certains prônent une décroissance. Si là aussi le thème est couvert de préjugés pour des gens de droite bien souvent libéraux, il apparaît pourtant capital de se consacrer à cette question. Pouvons-nous continuer au rythme actuel ? La croissance pour la croissance n’a-t-elle pas des limites ? Les études montrent bien que le train de vie de nos sociétés occidentales est complètement anormal, anormal dans la mesure où il ne peut se poursuivre. A-t-on pensé le développement à longue échelle ? Non. Le discours actuel ne s’occupera que de la reprise de la courbe du chômage et d’une idyllique reprise de la croissance. Pour autant, le véritable enjeu est aujourd’hui de repenser radicalement nos sociétés, le bien commun ne vaut pas que pour une ou trois générations, il doit se penser de manière pérenne. Et là aussi, la notion de développement durable ne renvoie pas du tout à qu’il devrait être. Est-ce en promouvant d’un côté les exploitations n’utilisant pas d’intrants chimiques (l’état des sols en France ainsi que celui de l’artificialisation des sols est tout bonnement préoccupant), et de l’autre en laissant les marchés ouverts, quitte à se laisser dicter notre politique par les courants économiques mondiaux ? La croissance économique, c’est-à-dire la recherche, sans but réel si ce n’est exclusivement pour elle-même, de l’accumulation de richesses, est-elle la voie qui nous permettra de laisser une société et un environnement vivable à son sens premier ? La notion de patrimoine écologique devrait pourtant vous intéresser. Nos arrière-petits enfants auront-ils le même droit que nous aux ballades en forêt, à une égale variété de fruits et légumes ? Seront-ils même indépendants quant à l’alimentation qui a pour base la semence ? Nous ne le sommes déjà plus. C’est pourquoi les combats de José Bové (le plus connu en tête) et des coopératives désobéissantes qui distribuent du blé libre gratuitement, ou encore les lois portant sur le marché des graines, devraient intéresser tout le monde. Tout le monde dépend de ce marché.

Plusieurs solutions alternatives existent. Celle de la communauté a de l’intérêt. Certes ceux qui la pratiquent ont souvent les cheveux longs, du coup, ça doit être un truc de gaucho idéaliste fumeur d’herbe… Pour autant, eux ont le courage de s’extraire complètement de la société, de tenter une autre expérience, regardez donc des reportages, allez les rencontrer, certes certaines pratiques ont des allures inhabituelles, elles ont toutes pour autant un sens et un intérêt. Leur sens de la communauté et du vivre ensemble est bien plus développé que le vôtre, qui allez à la messe et recevez l’enseignement d’un Christ fédérateur. Halte aux préjugés mais surtout, halte au désintérêt, ayez le courage d’affronter la question épineuse qui sera laissée de côté par confort, ayez le courage d’accepter de repenser notre société, donc votre mode de vie. A quand d’autres communautés catholiques rurales pratiquant l’autarcie alimentaire et le respect d’une œuvre magnifiquement grande et belle qui nous est donnée par notre Seigneur ? (On me souffle dans l’oreillette que les monastères ne comptent pas).


De la même manière, qui s’est intéressé à des alternatives sur le mode de culture ? Telle qu’elle est pratiquée actuellement, l’agriculture productiviste n’est qu’une entreprise certes rurale, mais dont la vocation n’est plus de produire de quoi boustifailler, mais bien de correspondre à des critères européens qui conditionnent l’obtention de certaines primes qui constituent le salaire principal l’employé européen qu’est aujourd’hui l’exploitant productiviste. La permaculture est un exemple, elle permet la culture de tout, littéralement tout, sans rien, littéralement rien (ou à peu près). Elle serait une solution par la culture à bien de problèmes de société. Penchez-vous donc sur l’alternance des plants dans les rangs ainsi que sur les buttes de légumes mélangés, il s’agit sûrement là de l’avenir, et d’un avenir qui serait bien plus respectueux de la Terre, un avenir bien plus chrétien.

Je prône un retour à la terre, un abandon d’habitudes et d’un mode de vie qui ne font que tuer le cadeau qui nous est donné, cadeau qui n’est pas des moindres puisqu’il nous permet de vivre. L’Etat doit redevenir une communauté de communautés, et le Roi un père temporel parmi les pères. La monarchie sera rurale ou ne sera pas !

François Joseph Triponé

Commentaires  

#1 PELLIER Dominique 18-01-2017 08:13
Notre FRANCE, rurale ? O combien, quand on voit ce qu'on fait de nos campagnes, de nos agriculteurs, poussés jusqu'au suicide !!!! Nous condamnons les procédés d'abattage, comme vous dites, mais l'avortement en est un autre, à sa façon, que Dieu réprime. AVORTER, C'EST TUER, c'est tout. Et puis, on peut aussi faire attention à ne rien jeter n'importe où, n'importe comment, des gestes simples, plutôt que de dire parfois, quelque part : "Ah, c'est sale ici !!!". C'est nous qui salissons et qui nous plaignons d'autant, c'est l'hôpital qui se f...t de la charité!!!!
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