"La monarchie n'est pas un parti" dit le prétendant à la couronne de Russie.

La maison impériale n'est ni rouge ni blanche. Les guerres civiles et les révolutions infligent toujours de grandes souffrances aux peuples. La faute de cette tragédie n'est pas exclusive aux bolcheviks ou aux révolutionnaires de tendances différentes, mais à toutes les classes sociales, aussi à notre famille. L'important est d'avoir le courage et l'humilité de se demander pardon " a déclaré, il y a quelques jours, le prince Georges Mikhaïlovitch de Russie ( Георгий Михайлович Романов), prétendant à la couronne impériale de Russie, lors d'un entretien au magazine Vanity Fair .

Centenaire de la chute de la dynastie impériale et centenaire de la révolution d'Octobre qui ont mené progressivement au pouvoir les bolcheviques, déclarations de certains membres de l'épiscopat orthodoxe en faveur du retour de la monarchie, affaire "Mathilda" et manifestations de rues des tsraristes, le Kremlin a été secoué ces derniers mois par une résurgence du monarchisme en Russie sur fond de nationalisme accru. Un président Vladimir Poutine sous pression, y compris oar certains membres du parlement ouvertement pro-romanov, qui s'est cru obligé de devoir affirmer publiquement l'été dernier, lors de ses "conversations avec le producteur Oliver Stone", que la restauration de la monarchie "n'était pas à son agenda actuellement".

Avec un tiers des russes favorable à l'idée de restauration, il n'en demeure pas moins que les monarchistes restent divisés autant sur le choix du nom du prétendant que sur la forme politique à adopter en cas d'une retour d'un Romanov sur le trône. Des luttes intestines qui semblent faire reculer le grand-duc Georges Romanov. Né en 1981, c'est à l'âge de 11 ans qu'il découvre la Russie aux côtés de son grand-père, feu le prince Vladimir III (1917-1992) Romanov alors que le système communiste s'écroule après 70 ans de dictature et de guerre froide. Pour le prince, "la monarchie a pour but d'unir et non de diviser" affirme t-il lors de son entretien, refusant de prendre la tête d'un parti politique.

Pressenti pour succéder au président Boris Eltsine qui avait suggéré son nom et réclamé qu'il intègre une académie militaire, c'est finalement l'ancien fonctionnaire du KGB, Vladimir Poutine, qui avait été nommé à la tête du pays. Les deux hommes entretiennent d'excellentes relations précise le prince impérial qui trouve absurde ce surnom de "Tsar" que lui donne la presse internationale. D'ailleurs, en 1999, nul n'avait véritablement songé à remettre un Romanov au pouvoir sur ce qui était une idée finalement abandonnée depuis des années.

Ancien assistant de Loyola de Palacio (ancien commissaire européen pour les transports et l'énergie) au Parlement européen, il a été également employé à la Commission européenne à la direction générale de l'Énergie et de la Sécurité atomique avant de créer une fondation pour la lutte contre le cancer. A la tête de sa société, le prince affirme être devenu un véritable lobby. Quant aux nombreux films consacrés à sa famille, le prince balaye d'un revers de la main le mythe de la survivance dynastique qui entoure la famille impériale exécutée en 1918 comme il avertit ses compatriotes de faire attention à ce qui ressemble à des " mensonges grossiers" [ici l'affaire "Mathilda"-ndlr]

Admirateur des empereurs Pierre Ier et d'Alexandre III *, en guise de conclusion, le grand-duc Georges avoue sa passion pour la Sainte Russie. L'âme de tout un peuple dont il assume être le véritable représentant.

Frederic De Natal

* Une pétition circule actuellement sur le net afin de débaptiser le pont du même nom à Paris afin de le rebaptiser sous le nom de Simone Veil" . Pour les organisateurs de cette pétition , «Alexandre III était un autocrate et antisémite acharné responsable de la mort de milliers de Juifs qu’il rendait coupable de l’assassinat de son père le Tsar Alexandre II. (…) Alexandre III dénonçait la conception occidentale de la société, était contre toutes formes de pouvoir populaire et fit interdire la marseillaise en Russie après avoir dénoncé les idées de la révolution française… ». Toujours selon eux, qui affirment s'inspirer de ce qui s'est passé récemment à Charlottesville aux Etats-Unis, ne pas procéder à ce changement serait autant une « insulte aux victimes de l’Holocauste» qu'un « symbole de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme »

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